‹ Diagnostic du Cancer du Corps Utérin: En particulier avec les MétritesChapitre 26 sur 47 · PES · texte numérisé non relu

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retour d'âge et 17 chez des femmes encore réglées, soil à peu près un quart.

A la clinique de Schrôder, sur 180 carcinomes, on en trouve 40 au moment de la ménopause. Donald et Shaw, chirurgiens anglais, ayant réuni 177 néoplasmes indiscutables du corps et les ayant classés par âge, trouvènt 22 cas avant 50 ans. Giles, en 1929 14 cas sur 76. L. Stacy, publiant la statistique de la clinique Mayo, entre 1907 et 1933, relève 333 cas de cancers utérins ; 21 pour cent de ces malades avaient moins de 49 ans. J. Duval et A. Bisch citent des chiffres assez différents ; le premier 10 cas sur 107, le second 3 sur 60.

Il semble en réalité que le cancer s’il est rare chez la femme jeune encore, assez fréquent chez la femme âgée, soit loin d’être une rareté à la ménopause. Sans être aussi fréquent à cette période de la vie qu'à 55 ans, l’âge de prédilection, il fait souvent son apparition à un moment ou il passe facilement inaperçu, sa symptomatologie étant noyée au milieu des troubles si divers qui surviennent à cet âge.

c) Etude des symptômes du cancer du corps utérin

Nous n’étudierons pas dans le détail le tableau clinique du néoplasme. Nous chercherons seulement la valeur que nous pouvons accorder à chacun des symptômes.

a) L'histoire clinique du néoplasme est dominée par les hémorragies.

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Premiers symptômes en dates, leur importance diagnostic est capital. Elles sont continues et persistantes — rien ne les arrête — le repos ne les influence en aucune façon. Elles sont enfin déclanchées facilement par les traumatismes, comme l’a montré Mile Scharjowick dans sa thèse, et ce serait un excellent élément de diagnostic précoce.

Ces hémorragies ont-elles la valeur que leur donnent les classiques ? Certainement, mais il faut savoir qu’elles peuvent ne pas exister. Stacy, étudiant la statistique de la clinique Mayo, ne trouve des pertes sanguines que dans 63,6 pour cent des cancers du corps. A. Bisch, dans sa thèse, rapporte quatre observations de cancers utérins diagnostiqués malgré l’absence d’hémorragie.

Dans nos 72 observations, nous avons rencontré trois fois l’absence complète de métrorragie (obs. 7, 32, 44).

Ogs. 7, Mme J., 59 ans.

Ménopause à 51 ans, hydrorrhée depuis 15 mois, douleurs dans les membres inférieurs. Pas de pertes sanglantes.

Hystérectomie. Kyste de l’ovaire inclus dans le Douglas. Gros utérus.

Pièce et histologie. Néoplasme pavimenteux du COTrpPs.

Mais surtout leurs caractères, tels que les ont décrits les auteurs classiques, ne sont pas toujours constants. Le néoplasme comme la métrite peut se traduire simplement par des pertes intermittentes, irrégulières. D'autre part, les hémorragies ne sont pas toujours

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un signe de début (Zweifel) et peuvent se produire à une période où le cancer est déjà très avancé. Notre observation n° 3 est, à ce point de vue, caractéristique.

Il s'agissait d’une femme de 66 ans, entrée à l’hôpital pour des douleurs abdominales affectant la forme de colique. Elle présenta une hémorragie de sang rouge qui ne dura qu’un jour. La biopsie intra-utérine montra un cancer glandulaire. L’hystérectomie décidée ne fut pas exécutée, des noyaux cancéreux ayant envahi l’épiploon, l'S iliaque, le transverse.

Notre observation n° 23 est du même genre : hémorragie durant quatre jours, chez une femme de 63 ans. Jamais de pertes ni avant ni après. Hystérectomie. Néoplasme du fond utérin. Morte de métastase neuf ans après.

L'observation 33 est analogue. Il s’agissait d’une femme de 73 ans qui, quatre ans avant de consulter, avait perdu quelques gouttes de sang. Ælle n'avait rien présenté d’anormal pendant trois ans, et les pertes n'étaient réapparues que six mois avant une consultation qui montra un cancer du corps qui devait récidiver trois ans après. Ces cas sont loin d’être une rareté. Nous publions l’histoire de nombreuses malades ou les métrorragies n’avaient pas de caractère suffisamment net pour imposer le diagnostic. Fréquemment, lorsque l’hémorragie prenait l’aspect typique qu’on lui décrit classiquement, le cancer était depuis longtemps en évolution, quelquefois même les malades étaient inopérables.

Chez 14 de nos malades, le symptôme capital du

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cancer du corps ou bien n'existait pas, ou bien n'avait aucun des caractères qu’on lui attribue habituellement, ou enfin était trop tardif (obs. 2, 3, 7, 13, 23, 25, 32, 33, 36, 37, 43, 44, 53).

Néanmoins, la valeur de ce signe reste encore très importante après la ménopause, surtout lorsqu'on n'attend pas de lui ce qu'il ne peut pas toujours donner, sachant que les pertes rouges du cancer peuvent n'être pas continues, subir de très importants arrêts, être calmées par le repos (obs. 25, 32, 33).

Au moment du retour d'âge, ou avant lui, il devient encore bien plus difficile à interpréter (obs. 20, 53, 60).

b) L’hydrorrhée et les pertes blanches possèdent une certaine valeur pour le diagnostic. Elles peuvent être le seul symptôme comme dans notre observation 31 ou être au premier plan (obs. 26).

Mêlées à un peu de sang, elles prennent l’aspect de pertes rousses ou rosées ; à la longue, elles peuvent devenir franchement purulentes, hydrorrhée et pertes rousses répandant une odeur nauséabonde. Mais elles sont loin d’être constantes et de plus, comme les pertes de sang rouges, peuvent se rencontrer dans nombre d’autres affections, en particulier, dans les métrites hyperplasiques. Il en est de même pour les pertes purulentes qui, avec le même caractère de fétidité, forment le symptôme habituel de la pyométrie des femmes âgées.

c) Les douleurs ne sont pas très fréquentes ; elles n'existent pas dans le tiers des cas de la statistique du Professeur Tixier et le Professeur Villard ne leur

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accorde qu’une maigre importance pour établir un diagnostic.

Nous les avons rencontré 36 fois sur 72 cancers. Elles sont loin d’être toujours typiques et nous avons tenu compte de légères pesanteurs dans le bas ventre, de légères douleurs dans les reins, qui sont bien loin des douleurs expulsives, rythmées, revenant à heure fixe, et des névralgies à type sciatique. D'ailleurs, dans nos 26 observations de métrites contrôlées opératoirement, nous avons rencontré 13 fois des douleurs de même type, soit coliques utérines, soit pesanteur dans les reins ou dans le bas ventre.

d) Le toucher est encore plus décevante. Tout dans le cancer du corps se résume dans linterrogatoire de la malade. Les signes physiques n’ont que bien peu d'intérêt. Ils permettent d'éliminer le néoplasme du col, mais ne donnent aucun renseignement sur la cause des hémorragies.

L’utérus, le plus souvent, est augmenté de volume, il a une consistance molle, mais ces deux signes ne sont pas constants. Il existe des formes de cancers utérins greftés sur de petits utérus (Tixier) et les gros utérus se rencontrent très fréquemment dans la métrite hyperplasique.

Quelquefois, le col est entr’ouvert, le toucher permet de sentir un polype qui, comme l’ont montré Tixier et Michon, peut dissimuler un néoplasme du Corps.

Tous les symptômes que nous venons de passer en revue ne sont que des signes de probabilité, aucun ne peut servir à un diagnostic précis. Tous, et surtout

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les hémorragies, ont une certaine valeur, mais tous sont infidèles et trompeurs. Le tableau clinique serait-il d’ailleurs au complet qu’il y manquerait encore le signe de certitude définitive, la preuve anatomique qui, seule, peut autoriser une décision lourde de conséquences.

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