‹ Diagnostic du Cancer du Corps Utérin: En particulier avec les MétritesChapitre 31 sur 47 · ITA · texte numérisé non relu

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sagerons pas les cas où il s’agit d’une tumeur volumineuse de l'ovaire. Les cas qui nous intéressent sont ceux des petites tumeurs ovariennes, souvent collées à l'utérus, très difficilement perceptibles, le toucher ne donnant que l’impression d’un utérus un peu gros. Quelquefois, il s’agit bien de tumeurs importantes mais que l’on ne peut différencier du corps utérin, chez des femmes obèses, ou chez des malades âgées à vagin rétréci.

Le tableau clinique est, à s’y méprendre, là encore, celui du cancer utérin.

Les hémorragies ont le même caractère, on peut voir de l’hydrorrhée et des pertes fétides; les douleurs enfin ne sont pas exceptionnelles. Le col est normal et l’utérus paraît volumineux. Nous publions, dans notre statistique de lésions bénignes quatre observations ou l'erreur fut commise (obs. IV, V, X, XIIT). L'observation V est particulièrement démonstrative. Il s’agissait d’une femme de 62 ans dont la ménopause était passée depuis neuf ans. Elle venait consulter pour des métrorragies persistantes, accompagnées de pertes jaunes et fétides. Enfin, elle souffrait des reins et le diagnostic logique de cancer utérin fut porté. L’hystérectomie montra, en réalité, un kyste de l’ovaire et, au niveau de l’utérus, une métrite purulente, sans trace de dégénérescence.

Tous les kystes et toutes les tumeurs ovariennes ne se traduisent évidemment pas par des métrorragies, mais c’est cependant un symptôme assez fréquent. Il avait été, depuis longtemps, signalé par

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Terrier, Gesner, Bouilly. Forgues et Massabuau insistent sur la valeur de ce symptôme, cause de tant d'erreurs. Moulonguet, continuant les travaux de Lecène, publie 19 observations de tumeurs ovariennes, soignées dans le service d’Hartmann où les pertes sanguines étaient le signe de premier plan. En 1930, il réunit à nouveau 55 observations où les symptômes sont analogues à ceux du cancer utérin. Gouttallier, en 1931, en publie dans sa thèse 42 observations inédites, toutes après la ménopause.

Il ne s’agit pas toujours de tumeurs malignes des ovaires. Meyer prétend que ce sont, en général, des tumeurs malignes folliculaires. L’on ne peut admettre cette façon de voir ; Moulonguet et Gouttallier, dans leurs nombreuses observations, ont rencontré tous les types possibles de tumeurs ovariennes et, en particulier, un grand nombre de tumeurs bénignes. Nos quatre observations également se rapportent à des kystes banaux de l'ovaire.

En résumé, ni l’histoire clinique de la maladie, ni l'examen ne peuvent permettre d’affirmer ou de nier l'existence d’une tumeur de l'ovaire ou d’un cancer. Si l’on est décidé d’avance à l'intervention, il faut savoir que l’on s’expose à une erreur de diagnostic et que cette erreur n’est pas une rareté. Depuis quelques années, la littérature chirurgicale en contient de très nombreux exemples.

Nous avons vu, dans notre aperçu anatomique, que la coexistence d’une tumeur bénigne ou maligne de l’ovaire et d’un cancer utérin n’était pas exceptionnelle. Nous en rapportons quatre exemples sur

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