‹ Diagnostic du Cancer du Corps Utérin: En particulier avec les MétritesChapitre 32 sur 47 · ATOME · texte numérisé non relu

ATOME

72 cancers utérins, dont trois tumeurs malignes et un kyste banal.

Une de nos observations pose un problème d’indication particulièrement intéressant (obs. 7). Il s’agit d’une femme de 59 ans, ménopausée depuis huit ans. Elle n’a jamais présenté ni hémorragies, ni pertes rousses, elle vient pour une hydrorrhée qui dure depuis 15 mois. Elle se plaint, en outre, de douleurs dans le membre inférieur. Le toucher montre une tumeur indépendante de l'utérus, dans le Douglas. On porte le diagnostic de kyste de l’ovaire. L'opération montre un kyste inclus dans le Douglas et, de plus, un gros utérus rouge et ramolli. On pense au cancer et on fait une hystérectomie totale qui montre un néoplasme du corps.

On pratique une hystérectomie totale systématiquement dans les tumeurs malignes de l’ovaire, mais pas en général dans les kystes ovariens banaux. Dans notre exemple, l'opérateur avait eu la chance de trouver un utérus suffisamment modifié extérieurement pour faire penser au cancer, mais, très souvent, il n’en est pas ainsi; sans ce hasard, le néoplasme passait inaperçu.

4. Le polype muqueux et les métriles. — Nous classons ensemble ces affections, car, histologiquement, le polype muqueux ressemble à l’hyperplasie dont on a décrit une forme spéciale : la forme polypeuse. Le polype cervical est facile à déceler par le simple toucher ou par l'examen au spéculum, mais il en est autrement du polype intra-cavitaire, quelquefois cependant senti par l’orifice cervical entr’ouvert.

—: Ti

Dans tous les cas, et surtout s’il est sphacélé, sa Symptomatologie est calquée sur celle de l’épithélioma glandulaire. Hémorragies, pertes fétides, douleurs expulsives semblent imposer l’idée du cancer. Nous en avons de nombreuses observations (obs. XII, ANESXRE/KLIVS LIL LTIE VIT).

Mme P., 55 ans, vient consulter, cinq ans après la ménopause, pour de petites pertes rosées et des hémorragies continues. Elle souffre du ventre et dans le membre inférieur gauche. Le toucher montre un utérus gros et mobile. On pratique un curettage qui ramène des débris semblables à ceux d’un cancer. Il est difficile de trouver un tableau clinique plus parfait et bien des observations de cancer que nous publions sont loin d’être aussi typiques. On pratique, sans demander d'examen histologique, une hystérectomie totale. La pièce montre un gros utérus, un polype muqueux et des lésions d’hyperplasie. En aucun point l'anapathologique ne put déceler de lésions cancéreuses.

Si cette observation démontre clairement la nécessité absolue d’un examen histologique, il n’est pas possible d’en conclure que l’on peut arrêter les hémorragies et guérir sa malade, par un simple curettage. Le Professeur Tixier a insisté souvent sur la fréquence de l’association, cancer et polype, et nous faisons nôtre les conclusions que Bisch publie dans sa thèse : «il est indispensable de compléter l’ablation de la tumeur par une opération intra-utérine » et il faut ajouter par un examen histologique qui, seul, peut vous renseigner sur l’existence possible d’un cancer.

rie

Les Métrites

Malgré les innombrables travaux qu’elles ont suscités, les métrites restent une des questions les moins bien éclaircies de la gynécologie. Comme trop souvent, on a englobé, sous la même dénomination, des choses très différentes et même sans aucun rapport les unes avec les autres. Les chirurgiens se sont surtout attachés, autrefois, à classer les métrites d’après leur aspect anatomique macroscopique : ils ont abouti à définir un nombre considérable de variétés et de sous-variétés (métrites fongueuses, villeuses, polypeuses, polypo-fongueuses) La notion nouvelle d'état précancéreux n’est parvenue qu’à ajouter un peu de confusion.

En réalité, la classification des métrites reste à établir. Il est évident que les affections utérines de la puberté sont bien différentes des métrites post abortum ou gonococcique. Or, même dans les grands traités classiques on englobe, sous le même vocable, métrite de l’adolescence, post partum, métrite de la ménopause et métrite de la femme âgée.

Nous ne nous intéressons ici qu'aux métrites de la ménopause, que nous verrons dans un autre chapitre du diagnostic, et aux métrites post climatériques.

Le syndrome métrite. Quel que soit la forme et l’origine de l'affection, les métrites présentent un certain

re

nombre de symptômes qu’elles partagent d’ailleurs avec d’autres affections utéro-annexielles.

a) Les hémorragies, classiquement, sontinsignifiantes, améliorées par le repos et par les traitements locaux.

En réalité, il est loin d’en être toujours ainsi. Elles peuvent être peu abondantes dans certains cas, dans d’autres, elles sont au contraire très importantes ; elles peuvent être continues, avec, à certains moments, des exaspérations brusques, alarmant les malades.

On a dit qu’elles étaient améliorées par le traitement et le repos ; il ne nous a pas semblé que c'était la règle et nombreuses sont nos malades chez lesquelles des pertes continues, rebelles à tout traitement, avaient fait poser l'indication d’hytérectomie pour cancer, alors qu’elle n’avaient qu’une simple métrite. D'ailleurs, nous avons vu les variations du symptôme métrorragie dans le cancer du corps. Trop fréquemment, rien ne permet de dire si les métrorragies sont imputables au néoplasme ou à une métrite.

Notre malade de l’observation VIII était âgée de 67 ans. Elle vint pour des pertes rouges continues que rien ne calmait, pas même le repos au lit ; elle se plaignait en outre de douleurs expulsives. La toucher n'ayant montré qu’un gros utérus, l’on fit une hystérectomie totale pensant trouver un cancer du corps. Cependant, la pièce ne montrait pas de cancer et l’examen histologique répondait : métrite hyperplasique.

Cette observation est loin d’être unique, elle représente au contraire le type de nos observations de lésions bénignes.

Page 1