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b) La leucorrhée. Les anciens auteurs (Gosselin) en faisaient un signe de premier plan, mais ils avaient exagéré son importance. Cependant, les pertes blanches sont habituelles, elles sont constituées par un liquide visqueux qui, souvent, devient, au cours de l’évolution de la maladie, opaque, jaune-verdâtre, purulent. Cet écoulement persistant peut être continu ou sous forme de véritable crise secrétoire, tellement abondant que la femme est obligée de se garnir continuellement et qu’elle présente fréquemment des lésions d’irritation au niveau du périnée, de la vulve, de la face interne des cuisses (Forgue).
c) La douleur est presque constante; elle se manifeste surtout par une sensation de gêne, de pesanteur périnéale, de lourdeur de l’hypogastre. Les femmes sentent leur utérus, écrivait Pozzi. Elle est aussi fréquente que dans le cancer utérin, puisque nous avons rencontré ce signe dans 30 de nos observations de métrites sur 58.
d) La température n’existe souvent pas; on peut cependant rencontrer une petite élévation thermique chez certaines malades qui ont beaucoup saigné. Une température importante traduit l’état d'infection de l'utérus.
e) Les signes physiques sont réduits à peu de chose. Un utérus un peu gros de consistance molle est souvent le seul signe que l’on puisse déceler. Quelquefois, l’utérus est un peu douloureux, mais ce
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signe est très souvent absent. Le spéculum peut permettre d'ajouter à ces notions la possibilité d’une métrite du col surajoutée, la présence possible d’un polype du col, ou quelquefois encore à travers l’orifice cervical entr’ouvert une goutte de pus ou un polype intra-cervical qui fait saillie.
Ce syndrome métrite paraît d’une fréquence remarquable, il représente presque la moitié de la pathologie utérine de la femme ayant dépassé l’âge de la ménopause.
Qu’appelle-t-on métrite, métrite hémorragique ou sénile, pseudo-métrite ? L’on peut immédiatement séparer deux choses : les métrites vraies, c’est-à-dire les infections de la muqueuse utérine et les fausses métriles où hyperplasies glandulaires.
a) Les métrites vraies. Bien connue avant l’âge critique, post partum, post abortum ou gonococcique, elles peuvent se rencontrer également après le retour d'âge. Ce sont les reliquats d’une infection ancienne que la ménopause n’a pas éteinte et qui continue à se manifester par un ensemble de signes dont tous les auteurs ont pu dire qu’ils ressemblaient, à s’y méprendre, à ceux du cancer utérin (Faure).
Les symptômes de ces métrites vraies, c’est-à-dire nettement d’origine infectieuse et microbienne, sont abondamment décrits dans les traités classiques.
Ce sont des femmes qui, avant leur ménopause, présentaient déjà des signes de métrite, pertes blanches ou purulentes, dysménorrhée, ménorragie ou métrorragie, douleurs dans le bas ventre. Tous ces
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symptômes avaient disparu ou s'étaient atténués au moment de la ménopause pour brusquement réapparaître donnant lieu à des accidents qui ont, écrit J.-L. Faure, «une certaine analogie avec ceux des affections cancéreuses si communes à cet âge ».
Suivant la prédominance de tel ou tel symptôme, on a pu décrire des formes purulentes, hémorragiques, douloureuses (Pozzi).
Les formes purulentes se traduisent par des pertes jaunâtres, teintées de sang, que rien ne peut arrêter ; elles sont d’une extrême fétidité «au moins autant que le liquide expulsé des utérus cancéreux » écrit Forgue. Chez ces malades, dont l’état général est souvent touché, l’examen ne donne que peu d’indication : l'utérus est gros, au cours de l’examen si on en tient le fond entre la main abdominale et les doigts vaginaux et qu’on le laisse brusquement retomber, on obtient une vive douleur : c’est le signe de Gosselin. Le vagin est enflammé, une goutte de pus s'échappe quelquefois du col.
C’est à cette forme que se rattache la pyométrie des femmes âgées qui se rencontre à un âge souvent plus avancé que celui des métrites. L’utérus sénile, sous l'influence du manque d'hygiène, s’infecte facilement, d’autre part les brides et les diaphragmes vaginaux empêchent les secrétions utérines de s’écouler au dehors. Enfin le col est souvent plus ou moins sclérosé et fermé et si du pus se trouve en rétention dans la cavité utérine, il ne peuts’en échapper que de temps à autres sous formes d’impressionnantes débacles de pus et de sang. Les douleurs accompagnant les expul-
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sions de pus et les hémorragies sont la règle; en somme, comme l'écrit Mouchotte, l'impossibilité de faire le diagnostic avec le cancer utérin est complète.
Il existe une forme hémorragique pure, dont le tableau clinique est parfaitement imprécis. Nous avons vu qu'elle pouvait présenter tous les caractères des formes hémorragiques du cancer.
Enfin on rencontre des formes douloureuses (Pozzi), les malades présentent une sensation permanente de pesanteur à l’hypogastre et au périnée, puis à cette pesanteur succède des douleurs continues avecirradiation dans la région anale et le long du nerf sciatique.
Plus fréquentes sont les formes mixtes, purulentes, hémorragiques et douloureuses qui réalisent un tableau idéal de cancer du corps utérin.
Ces métrites évoluent vers la guérison, maïs leur marche est extrêmement lente, les pertes peuvent durer des années et il est impossible de tirer de l’évolution un facteur de différenciation.
Ces métrites infectieuses à la vérité paraissent rares, quoique leur fréquence soit assez diversement appréciée. Keller, sur 58 cas d’hémorragie post climatérique, sans donner de chiffres, dit les avoir assez fréquemment rencontrées. Mais dans nos 169 observations de métrites, recueillies au laboratoire du Professeur Favre, nous n’avons trouvé que onze réponses mentionnant la présence d’une métrite vraie avec présence d'éléments inflammatoires nets. Dans nos statistiques hospitalières nous n’avons rencontré que sept fois des lésions inflammatoires de la muqueuse utérine, alors que nous avons 31 hyperplasies glandulaires.