CHAPITRE ÏIIl
Conclusion
Nous avons beaucoup insisté sur ce chapitre du diagnostie, car il nous a semblé, en entreprenant cette étude, que l’on n'avait pas réservé à certaines affections, en particulier à l’hyperplasie glandulaire, la place qu’elles méritaient dans la gynécologie des maladies post climatériques. Au risque de paraître confus, nous avons voulu montrer que la réalité n’était point schématique, bien au contraire, que simplifier dans quelque but que ce soit, c'était toujours forcer la vérité.
Comme le Professeur Tixier, comme J.-L. Faure, nous admettons que, lorsqu'une femme perd, après la ménopause, sans raison évidente, la première idée qui doit venir à l’esprit est celleducancer du corps utérin.
Mais nous avons voulu montrer que porter un diagnostic ferme était souvent extrêmement difficile, souvent même impossible. Certes, on voit assez souvent diagnostiquer, avec raison, un néoplasme du corps sur le seul examen clinique, mais ce n’est jamais qu’un diagnostic de probabilité et le flair clinique ne peut être érigé en dogme.
Nous avons déjà dit et nous ne saurions assez répéter que penser à l’épithélioma du corps entraîne
une sanction thérapeutique grave, qu’opérer une femme âgée, c’est lui faire courir un risque important qui doit être compensé par le service que l’on veut rendre. Hystérectomiser une femme pour cancer du corps utérin possible et n’en point trouver à l'examen histologique de la pièce (ce qui est fréquent comme nous le montrerons plus loin), nous paraît une erreur qu’il faut à tout prix éviter.
A cet argument, J.-L. Faure répond «qu’il vaut mieux enlever de temps en temps, sans faire courir de grand risque à la malade, un organe dont le rôle physiologique est terminé, que de laisser évoluer un néoplasme dont l’existence aura été méconnue ».
Nous pensons comme notre père et comme notre Maître que l’on ne peut se résoudre à accepter cette façon de voir qui fait enlever 50 % d’utérus atteint de lésions bénignes.
Nous pensons que ce n’est pas tenir compte de la mortalité opératoire qui, quoiqu’on dise, existe et que ce n’est pas tenir compte de l’inutile souffrance des malades.
D'ailleurs personne ne se résigne à laisser passer inaperçu un cancer. Si le diagnostic clinique est impossible, comme nous l’avons montré, il existe des procédés qui sont moins sujets à caution, qui sont moins subjectifs que nos impressions.
Tous les moyens doivent être mis en œuvre pour que les chirurgiens puisse tabler sur un diagnostic exact et, parmi les moyens, il en est un qui nous semble devoir être mis au premier plan : le curettage explorateur, obligatoirement suivi de l’examen histologique.