‹ Diagnostic du Cancer du Corps Utérin: En particulier avec les MétritesChapitre 40 sur 47 · LE CURETTAGE EST-IL INUTILE · texte numérisé non relu

LE CURETTAGE EST-IL INUTILE

Cette opinion repose essentiellement sur la notion de fréquence du cancer utérin après la ménopause et sur la facilité de son diagnostic.

Si, en effet, le pourcentage de 90 pour cent correspond à la réalité, tout examen devient inutile et lhystérectomie immédiate doit être la règle, quoiqu’on ne voie pas bien pour quelle raison dix pour cent des femmes seulement suspectes de néoplasme et n’en présentant pas, seraient délibéremment opérées.

Mais nous avons vu que ce pourcentage était bien loin de la réalité. Nous ne pouvons revenir sur ce que nous avons écrit au début de notre thèse sur la fréquence des affections bénignes par rapport aux néoplasmes. Nous concluions, après avoir cité de nombreuses statistiques que 50 % à 60 % des malades suspectes de cancer n’avaient que des lésions bénignes.

Dans ces conditions, il devient impossible de se passer des examens histologiques et d’hystérectomiser,

sur cent femmes suspectes, 40 à 50 femmes âgées qui ne sont atteintes que d’une maladie sans gravité. Et J. Quénu écrit, dans un article récent, «la proportion des cas cancéreux ne justifie pas, l’hystérectomie systématique ».

D'autre part, nous avons essayé de montrer les difficultés du diagnostic clinique. Il est impossible, avons-nous écrit, de dire si une femme âgée qui perd a ou n’a pas de cancer par le seul examen clinique. Laisser évoluer l'affection, attendre de nouvelles hémorragies, des symptômes plus précis, nous paraît (comme d’ailleurs pour tout cancer) une attitude inacceptable. Les signes cliniques sont trompeurs, ils ne traduisent en aucune façon l’évolution anatomique. D'ailleurs, si on attend qu’une hémorragie se reproduise pour fixer la conduite à tenir, dans certains cas de néoplasme, on peut attendre six mois ou un an (obs. 28, 36), ce qui n’est pas défendable.

En résumé, non seulement la biopsie n’est pas inutile, mais elle est indispensable.

Norris, étudiant 101 cas de cancer du fond utérin, au point de vue de la facilité du diagnostic clinique, cite des résultats qui nous paraissent confirmer éloquemment notre thèse.

Sur 101 cas, il fit 57 fois, seulement, un diagnostic correct par la seule clinique. 20 cancers furent étiquetés tumeurs bénignes et le néoplasme ne fut pas suspecté.

20 malades furent soupçonnés de cancer, sans qu’on puisse l’affirmer. Il conclut logiquement et nous concluons avec lui à l'impossibilité de se passer d’une base histologique, seule garantie d’un diagnostic exact.

L'on peut appliquer à la biopsie ce que Fochier. disait de l'exploration intra-utérine: Elle sauve les malades de l'hystérectomie ou par l'hystérectomie.

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