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HÉMORRAGIES

Une urine chyleuse, primilivement non colorée, simplement laiteuse, peut prendre une couleur hémalique plus pu moins prononcée, sans qu'il y ail de raison apparente, ou à la suite de fatigues. La coloration peul de même disparaître dans une urine chyleuse précédemment hématique.

Clés faits semblent plutôt plaider en faveur de la rupture de petits vaisseaux sanguins, qu’en faveur de la théorie qui attribue aux hématies une origine de néoformation à l'intérieur des varices lymphatiques.

Hémoptysie endémique. — 11 est une affection pulmonaire particulière aux pays exotiques, dans laquelle on observe des hémorragies: c’est l’hémoptysie endémique du Japon, dans laquelle les malades expulsent des crachats hémoptoïques, dus à la présence dans le tissu pulmonaire du Dislomum Rinr/eri. Ces malades succombent fréquemment à des hémoptysies abondantes.

Dysenterie. — Dans la dysenterie, en dehors des petites hémorragies qui se produisent constamment dans le gros intestin au cours de la maladie et strient de sang les mucosités rendues par le malade, il peut se produire des hémorragies graves, suivies de coU'apsus, à la suite de mort ilical ions étendues de la muqueuse et de la chute d’une escarre intéressant un gros vaisseau. Il peul y avoir également, quoique très rarement, perforation intestinale cl hémorragie intrapéritonéale entraînant la mort par shock ou péritonite.

Dans Yékiri dysentériforme épidémique (h-s enfants (Japon), les selles contiennent souvent de petites quantités de sang.

Ankylostomiase. — Dans l’ankylostomiase, les hémorragies siègent au niveau de l’intestin grêle, dans lequcl pullulent les ankylostomes. Ces hémorragies se diagnostiquent difficilement par l’aspect des selles, qui, sans offrir des caractères bien nets, sont quelquefois de couleur brun rougeâtre, par suite du sang mal digéré qu’elles contiennent, ou renferment quelques mucosités sanguinolentes. Les hémorragies de l’intestin grêle

dans l'ankylostomiase sont provoquées par l'armature de crochets, que renferme la bouche du parasite. L’ankylostome absorbe des quantités énormes de sang, dont la plus grande partie ne fait que traverser son tube digestif, sans y être digérée.

Lèpre. — Dans ta lèpre, les épistaxis, se reproduisant fréquemment, sont souvent un symptôme du début. Elles caractérisent le commencement d’une rhinite lépreuse et attirent souvent l’attention sur les lésions des fosses nasales. Dans les pays à lèpre, on doit toujours se méfier des épistaxis fréquentes, accompagnées de rhinite.

Verruga. — Dans la verruga du Pérou, il se produit aussi des hémorragies. Ces hémorragies se rencontrent de préférence au niveau des fongosités qui caractérisent l’affection. Elles peuvent être, selon le siège de ces fongosités, cutanées ou muqueuses, et on a même constaté des hématémèses, des cntérorragies, des hématuries et des métrorragies.

Ces hémorragies se produisent principalement chez les malades atteints de verruga qui habitent les altitudes; elles disparaissent lorsque ces malades descendent dans les vallées.

Spotted fever. — La tendance aux hémorragies et à la formation des pétéchies confluentes que l’on remarquedu deuxième au cinquième jour de l’infection dans la spotted fever (maladie des montagnes Rocheuses) semble également atténuée par l’augmentation de la pression atmosphérique et la descente des malades dans les vallées.

A la Vera-Cruz, Heinemann a observé une fièvre hémorragique, qu’il appelle rhumatisme hémorragique , dans laquelle il se produit des hémorragies dans les articulations et le tissu cellulaire sous-cutané. Les malades atteints de cette maladie présentent également des épistaxis et des enlérorragies.

Peste. — La peste à forme hémorragique est caractérisée par des épistaxis, des hémoptysies (pneumonie pesteuse), des hématémèses, des enlérorragies avec mélæna. Des

HEMORRAGIES.

hémorragies peuvent aussi se produire dans les séreuses, plèvres, médiaslin, péritoine. On peut même rencontrer à l’autopsie dans celte forme de peste des ecchymoses dans les reins et la substance cérébrale.

Dans le typhus, la dengue, la fièvre de Malte et la fièvre récurrente, il n'esl pas rare d’observer des épistaxis, de l’en lérorragie et de la métrorragie; on observe même quelquefois des liémalémèses comme complications du typhus ou de la dengue; dans cette dernière affection, les liémalémèses se rencontrent plutôt chez l’enfant. Enfin on voit quelquefois se produire des hémoptysies au cours du typhus (I).

Dans la cachexie paludéenne, on remarque assez souvent des taches purpuriques, de la gingivite scorbutique et des épistaxis; plus rarement on observe des métrorragies, des liémalémèses et des entérorragies.

Dans les cas graves de la fièvre japonaise de rivière, on a signalé des entérorragies et quelquefois l’émission de selles ayant les caractères du mélæna.

En ce qui concerne les entérorragies (2), et cela d’une façon générale, le médecin appelé à examiner des selles renfermant du sang devra toujours s’assurer de son origine intestinale et examiner son malade au point de vue de la présence possible d’hémorroïdes internes ou externes saignant facilement.

Quant aux métrorragies, même en dehors de la cachexie paludéenne et de toute maladie infectieuse, on les rencontre très souvent dans les pays tropicaux. Qu’on les attribue à l’anémie ou à la quinine préventive ou curative, elles viennent fréquemment interrompre le cours des grossesses.

Dans certaines régions, on la syphilis est très répandue, les métrorragies précédant des fausses couches, chez les

(1) Les hémorragies cutanées ou plutôt intrapustuleuses de la variole hémorragique se rencontrent fréquemment dans les pays tropicaux, encore nombreux, où la variole sévit avec beaucoup de violence sur les races colorées.

(2) Yoy. page 329.

SÉMÉIOLOGIE DLS MALADIES TROPICALES.

femmes indigènes, peuvent souvent être attribuées à l’infection syphilitique.

Les hémorragies du posl partum sont également assez fréquentes, même en dehors de toute manifestation pathologique.

Il ne faut cependant pas exagérer les dangers que court la femme enceinte ou en couches dans les pays tropicaux, car il existe des femmes européennes qui ont de nombreux enfants nés aux colonies.

Enfin les venins des serpents, en occasionnant une diminution de la coaguldbilité du sang et agissant en cela comme les poisons solubles (toxines) sécrétés par les microbes dans les maladies infectieuses, amènent comme symptômes de leur inoculation des hémorragies et des suffusions sanguines. Ils causent aussi très souvent, grâce à leurs propriétés hémolytiques, une abondante destruction des hématies; et on observe fréquemment de l'hémoglobinurie dans l’envenimation.

Lorsqu’elles sont abondantes et surtout lorsque le sujet est déjà affaibli par le climat tropical, les hémorragies sont souvent accompagnées de symptômes généraux graves, tels que dyspnée, lipothymies, pouls filiforme, asthénie.

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