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L’ANÉMIE DANS LES MALADIES TROPICALES

L’hypoglobulie ou anémie est un état que Ton rencontre dans beaucoup de maladies tropicales ; on a cru pendant longtemps que le séjour dans les pays ebauds pouvait créer de toutes pièces une anémie spéciale, essentielle, idiopathique : l’anémie des pays chauds. On admet aujourd’hui, d’une façon générale, que l’anémie des pays chauds n’est autre que l’anémie palustre.

Il semble y avoir cependant des exceptions à cette règle. « Les personnes qui habitent les pays chauds, dit Lavera n, s’anémient en général au bout de quelque temps, alors même qu’elles échappent au paludisme. » Cette anémie a une marche lente et n’atteint jamais les mêmes proportions que dans le paludisme. Nous avons eu cependant l’occasion d’observer, à diverses reprises, et en particulier chez des femmes ri ayant jamais eu même un seul accès de fièvre , une anémie grave, se manifestant après quelques mois de séjour aux colonies et nécessitant impérieusement le rapatriement. La rate n’était pas augmentée de volume.

Dans certains cas, les ménorragies sont la cause déterminante de cette anémie.

En dehors du paludisme, les infections parasitaires s’accompagnent presque toutes d’anémie, plus ou moins prononcée. Telles sont la bilharziose, et surtout l’ankylostomiase. 11 en est de même pour les infections microbiennes spéciales aux pays chauds, ou communes à ceux-ci et aux pays tempérés.

Le diagnostic de l’anémie fait par l’examen du sang a été

décrit au chapitre 1 (Yoy. page 189). 11 n’est donc pas besoin d’y revenir. La décoloration des téguments et des muqueuses se constate plus facilement chez les individus de race pâle que dans les races colorées et chez les noirs en particulier. Chez ces derniers, la pâleur se manifeste par une coloration grise de la peau, couleur que l’on peut comparer à celle de Yardoise, et que l’on constate facilement lorsqu’ils ont peur ; les scléroliques sont d’un blanc bleuâtre.

Les malades se fatiguent facilement, ils transpirent et s'essoufflent au moindre effort. Ils ont souvent de la céphalalgie, du vertige, des névralgies variées, des palpitations, de l’oppression, de la tendance aux lipothymies et aux syncopes. On constate des souffles inorganiques du cœur et des vaisseaux.

On trouve généralement chez ces malades de l’œdème des chevilles ou de la face, œdème qui est dû aux modifications dans la composition du sang ou à des altérations des parois des capillaires.

Anémie paludique. — Le paludisme est une des maladies qui déterminent le plus rapidement l’anémie. 11 est surprenant de voir avec quelle rapidité elle survient chez l’individu impaludé, quelquefois dès' les premiers accès de fièvre.

11 suffit de piquer le doigt, dans certains cas d’anémie prononcée, chez les paludiques, pour constater que le sang est beaucoup plus pâle qu'à l’état normal (Laveran). 11 a l’air d’être dilué dans de la sérosité. En faisant la numération des globules, on constate leur diminution, qui peut atteindre un cinquième ou même un quart du chiffre normal. Normalement il est de 5 000 000. Il peut tomber à 3 000 000 et même plus bas.

La teneur en hémoglobine de ces globules est également diminuée d’un tiers ou de la moitié.

Les signes cliniques de l’anémie palustre ne diffèrent en rien de ceux des anémies en général. Chez les blancs, la peau prend une teinte bistrée ou terreuse, marquée surtout aux endroits du corps qui sont exposés au hàle. Cette teinte ter-

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