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ANEMIE

relise u'esl pas spéciale aux impaludés, mais elle s’observe fréquemment chez eux. La peau peut encore avoir une coloration cireuse ou au contraire, dans les accès pernicieux, une teiiïte grisâtre, due à l’accumulation de pigment dans les vaisseaux du derme.

L’anémie palustre peut être très marquée d’emblée, survenant après un pelil nombre d’accès, nécessitant un rapa triement dès les premiers mois de séjour. On observe alors des œdèmes diffus, une lassitude extrême avec hypertrophie du foie et de la rate, sans aucun symptôme qui puisse permettre d’incriminer une lésion cardiaque ou rénale (il n’y a pas d’albumine dans les urines).

Dans certains cas, à la suite d'hémorragies abondantes, de métrorragies en particulier, l’anémie peut revêtir une forme aiguë pernicieuse, qui aboutit rapidement à une terminaison fatale.

La fièvre bilieuse hémoglobinurique, comme les autres accès pernicieux, occasionne une anémie intense et rapide.

Ankylostomiase. — Si, dans le paludisme, l'anémie est symptomatique de la destruction des hématies par l’hématozoaire, dans l’ankylostomiase elle est provoquée par les hémorragies intestinales, très petites, mais continuelles et répétées, que provoque le parasite, et donne lieu au tableau de la chlorose d’Egypte de Griesinger, de mal-cœur , cachexie africaine , géophagie, etc. Le début en est lent et insidieux; le malade s’affaiblit peu à peu, et il montre, au bout d’un certain temps, tous les signes de l’anémie grave : décoloration de la peau qui présente chez les blancs un aspect jaune blafard spécial, d’où le nom de maladie jaune , amincissement de la peau qui devient demi-transparente, sans trace de vaisseaux ; décoloration et affaissement des muqueuses (conjonctive, muqueuse de la langue), œdèmes péri malléolaire et palpébral, d’abord fugaces, puis permanents. L’œdème est généralement plus prononcé à la face et aux extrémités. 11 envahit souvent le scrotum (Wucherer).

Le malade a «les vertiges, des bourdonnements d’oreilles; il s’essouflle au moindre elfort, il a des battements de cœur. L’appétit est perverti ; les malades mangent de la terre (ce signe est si fréquent qu’il a fait donner le nom de gèophagu • à la maladie), de la laine, des étoffes, du charbon.

Bilharziose. — Les hémorragies vésicales répétées peuvent, dans la bilharziose, provoquer un certain degré d’anémie.

Verruga. — L’anémie est un symptôme important et précoce de la verruga. Dans la forme aiguë fébrile, elle est très marquée dès le début ; elle précède toujours l’éruption de verrugas. 11 n’y a pas d’autre maladie qui présente à un si haut degré ce symptôme, et dans laquelle il survienne dans un laps de temps plus court. L’anémie de la verruga rappelle celle qui suit une forte hémorragie. « L’aspect du malade est, de par ce symptôme, vraiment caractéristique. On le voit étendu sur son lit, la physionomie languissante et égarée, d’une blancheur de cire, presque transparente, ou avec un teint jaunâtre, icLérique. Les lèvres, les narines, les conjonctives, les gencives sont exsangues. Les ongles laissent voir leur matrice tout à fait décolorée. Ces pauvres malades ont de la peine à parler et leurs mouvements sont lents et laborieux; ils tournent lourdement la tête d’un côté et de l’autre. — Lorsque la lièvre est élevée, les malades osent à peine se mettre sur leur séant par crainte du vertige. » (Odriozola.)

Dans la forme éruptive de la verruga, l’anémie évolue beaucoup plus lentement. Elle est également moins marquée.

En dehors du paludisme et des maladies que. nous venons «le citer, l’anémie s’observe encore dans les maladies chroniques de l'intestin, dans la dysenterie et la diarrhée de Cochinehine en particulier.

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