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PARASITES INTESTINAUX DANS LES MALADIES TROPICALES

Amibes. — Ce sont des protozoaires rhizopodes, c’està-dire des êtres unicellulaires à mouvements amibdïdes. Ils se composent d’un protoplasma nu, sans membrane d’enveloppe. Ce protoplasma, qui renferme un noyau, se divise en deux zones : 1° une zone centrale, contenant le noyau, granuleuse, peu mobile en général, qu’on appelle enclosarque ou endoplasme ; 2° une zone périphérique très réfringente et très mobile, aux dépens de laquelle se font surtout les mouvements amiboïdes (Voy. fig. 20, p. 113).

La reproduction se fait par division directe, par karyôkinèse ou par sporulation. La sporulation se produit au moment de la dessiccation (1) : l'amibe s'entoure d'une substance mucilagineuse, et s’enkyste pendant que le noyau se multiplie très activement, donnant naissanceàde grandes quantités despores.

Dès 1873, Lœsch avait découvert à Saint-Pétersbourg des amibes dans des selles dysentériques; depuis, Kàrlulis à

(I) Las selles fraîchement émises ne contiennent pas de kystes.

Alexandrie et d'autres observateurs les ont constamment rencontrées clans certaines dysenteries.

Actuellement, on sait qu’il existe (leux dysenteries : la dysenterie épidémique, causée par un microbe (bacille il** Chantemesse, Sliiga, Flcxner, etc.), etla dysenterie amibienne ou tropicale, la seconde étant presque toujours sous les tropiques la cause de l’abcès du foie, dans lequel le pus est souvent stérile et contient des amibes. 11 ne faudrait pas considérer cette distinction comme absolue, car la dysenterie épidémique ou bacillaire, ainsi que l’ont très bien observé les médecins anglais dans l'Inde, se rencontre fréquemment dans les pavschauds, concurremment avec la dysenterie amibienne, quelquefois même coexistant chez le même sujet avec cette dernière. Le terme de dysenterie tropicale, qui prèle à l'ambiguïté, devrait donc disparaître.

A la suite de l’observation de la présence, à l’élat de saprophytes dans l’intestin, d’amibes qui n’y occasionnent aucun symptôme pathologique, on a distingué plusieurs sortes d’amibes (Yoy. p. 114).

Sporozoaires intestinaux. — Coccidioses intestinales. — Elles sont rares chez l’homme. On en a signalé deux espèces.

La première est due au Coccidium hominis ( Cytospermium hominis, Coccidium per for ans). Ce Coccidium ressemble beaucoup à celui du lapin, mais il est beaucoup plus petit ; il vit dans les cellules épithéliales de l’intestin.

La deuxième est due au Coccidium bigeminum ( Cytospcr mium villorum intest inalium) qui se distingue du précédent en ce sens que l’on trouve toujours deux parasites dans la même cellule : bigeminum.

Nous ne pouvons faire ici l’histoire de l’évolution très intéressante des coccidies. Nous indiquerons simplement qu’en cas de coccidiose intestinale on trouve dans les selles des corps oviformes ressemblant à clés œufs d’helminthes, quoique d’une façon générale moitié moins gros.

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Os kystes se distinguent des œufs de cestodes en ce qu’ils ne présentent pas les trois paires de crochets caractéristiques ; ils se distinguent des œufs de bolhriocéphules ou de distonies en ce qu’ils n'ont pas de plateau operculaire. Ils se distinguent enfin des œufs d'helminthes par les divers caractères propres à chacun de ces œufs.

Les kystes renferment en leur intérieur quatre corps ronds ou ovoïdes qui sont des spores. Enfin chaque spore contient deux corps falciformes ou sporozoïtes.

Flagellés. — Ces protozoaires sont des êtres unicellulaires caractérisés par la présence à une seule ou à leurs deux extrémités de un ou plusieurs llagelles.

Ils sont souvent aussi munis d’une membrane ondulante, bordée par un flagelle qui devient libre à une extrémité. La membrane ondulante ne se rencontre que chez les flagellés parasites; on ne la voit jamais chez les flagellés libres. Leur corps unicellulaire est limité par une membrane d’enveloppe; il renferme un protoplasma, dans lequel on trouve un noyau, un nucléole, et très souvent aussi des vacuoles contractiles. On remarque enfin une dépression, quelquefois temporaire, qui remplit l’office de bouche.

Ces parasites s’enkystent après conjugaison. Ils sont toujours exlracellulaires.

On distingue :

1° Le Trichomonas iiitestinalis, que l'on a rencontré en grande quantité dans les selles des cholériques pendant l'épidémie de 1849 à Paris (1). On le retrouve dans la vessie, le vagin, la bouche et les voies biliaires. Il se compose1 d'un corps piriforme muni, à l’extrémité anlé-

<1) Ce parasite a été également signalé à Ceylan par Castellani dans des cas de dysenterie amibienne.

rieure, cle quatre flagelles soudés entre eux par la base et d’une membrane ondulante1 bordée par un cinquième flagelle qui devient libre à la partie postérieure.

2° Le Lamblia intest inalis . Ce flagellé a l'aspect d’une poire dont on aurait enlevé un morceau ; le vide laissé par le morceau manquant forme une ventouse par laquelle le parasite se fixe sur l'épithélium intestinal. Autour de cet orifice

A, B, Lamblia inlestinalis ; C, le parasite appliqué sur une cellule cle l'épithélium intestinal.

(qui lui a fait aussi donner le nom de megastoma ) on aperçoit six flagelles; l’extrémité postérieure est munie de deux flagelles.

Le Lamblia intest inalis se rencontre dans l’intestin grêle de l’homme. Il a été étudié par Grassi en 1878.

Infusoires. — Ces protozoaires ont une cuticule, un protoplasma bien différencié en endoplasme et ectoplasme: ils sont pourvus d’une bouche ou péristomc, d’un rudiment d’anus et de vacuoles contractiles. Ils sont caractérisés par la présence à leur surface de cils vibratileS très nombreux. On les divise en infusoires holotriches ou entièrement couverts de cils, péri triches ou munis de cils disposés en couronne, hypotriches ou munis à leur partie inférieure de cils pouvant servir à la locomotion, et enfin hétérolriches, ou munis de cils de longueur différente.

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llss<* reproduisent par division transversale ou conjugaison. Balantidium coli. — C’est un infusoire hétéro triche, dont les cils sont plus grands autour de la bouche ou péristorrie que sur le reste du corps. Sa cuticule esl striée longitudinalement.

A, Balantidium coli ; B, reproduction par division égale; C, conjugaison.

Ce parasite vit dans l’intestin du porc et de l'homme, chez lequel il occasionne des symptômes d’entéro-colite ou de dysenterie. On connaît actuellement environ !)() cas de dysenterie à Balantidium coli.

Chilodon dentatus. — C’est encore un infusoire hétéro-

triche qui a été observé par Guiart chez une dame qui présentait depuis de longues années dos désordres intestinaux.

Vers intestinaux. — Nous ne pouvons ici faire l'histoire complète de tous les vers intestinaux ; cependant, comme ces parasites sont très nombreux dans les pays chauds et qu'ils n’ont pas encore été très bien déterminés dans toutes les régions où on les rencontre, nous avons pensé qu'il pourrait être utile de résumer dans un tableau (Yoy. p. 342 à 343) les caractères principaux des différentes espèces, afin de permettre au médecin de reconnaître rapidement un ver intestinal, et même au besoin de le classer s'il n’a pas encore été décrit.

Récemment de nombreux auteurs ont insisté sur l’importance plus grande que prenait tous les jours l'helminthiase

dans la pathologie coloniale. C’est ainsi que Guide (I) a pu réunir en Indo-dune un certain nombre de cas de lombrieoses. graves. Dans deux de ces cas, les parasites avaient occasionne

Fig. 7b.

A, B, tète de Taenia ; G, tète de Bolhriocéphale ; D, la même en coupe transversale ; E, anneaux de Tænia : pores génitaux alternants; F, anneaux de- Dipyliclium : pores génitaux bilatéraux ; G, anneaux d ’Hymenolepis ou de Davainea : pores génitaux unilatéraux; H, anneaux de Bolhriocénhale : poregénital et orifice externe de l'utérus médians; 1, anneaux de Liplogonoporus, pores génitaux et oriûces externes de l’utérus sur deux lignes médianes.

des abcès du foie, dans lesquels ils purent être retrouvés; dans deux autres cas les ascaris avaient causé une péritonite par perforation. L’auteur a enfin observé des appendicites, des dysenteries et différentes alfeclions intestinales acconi|;a-

(1) Gaide, Ann. d’hyg. et de mécl. col., 1304, n° 4.

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gnées do lombricose. Le rôle du trichocéphale dans l’appendicite a été mis en évidence depuis quelques années par Melchnikoff. Guiarl vient d’al tirer l'attention sur la présence fréquente du même parasite dans l’intestin des typhiques. Il leur attribue un rôle dans la genèse de l'affection.

Nous avons déjà parlé de l’importance de l’ankylostomiase

A lî

Fig. 7G.

A, tète «le Dauainea Madugciscariensis ; B, Bolhriocep/ialus Mansoni, é la t larvaire: G, Opistorchis Buski, grandeur naturelle; D, Distomum heterophyes ; K, le même, grandeur naturelle.

-dans les pays chauds et nous considérons que l’ankylostome peut être appelé à prendre une importance encore plus grande ■en pathologie coloniale; en effet, ce parasite est si commun chez les malades atteints de kala-azar qu’on a pu lui attribuer un rôle étiologique dans cette affection. La présence de lésions de l'intestin et des ’ ganglions mésentériques renfermant le Piroplnsma Donovani permet d émettre l’hypothèse que peut-être l’ankylostome joue le rôle de convoyeur du protozoaire pathogène. Enfin nous devons signaler que tout ■dernièrement Walson (T), dans la Nigéric du Nord, a déoou-

tl) Cunningham, Brit. med. Journ., 1904, .p. 603.

Fig. 77.

A, Ankyloslomum cluoclenale mâle; D, femelle; B, C, le même, grandeur naturelle; E, tête et appareil à succion de l’ Ankyloslomum ; F, Slronyyloides intestinalis ; G, le même, grandeur naturelle.

Fig. 7S. — OEul’s de vers parasites qui peuvent se rencontrer dans les selles' vus au même grossissement, 150 diamètres.

a, Taenia ; b, Bothrioceplialus laïus; c, Opislorc/iis sinensis ; d, Fasciola hepatica; e, Bilharzia hematobium; f, Ascaris lombricoides ; g, h, Oxyurus vermicularis ; i, Trichocephalus trichiurus ; j, Ankyloslomum duodenale (ce dernier examiné dans les selles, contenant de 2 à 16 cellules, le plus souvent i et jamais d’embryon).

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vert chez un malade, qui a succombé h une diarrhée très intense, un Irématode nouveau qui se rapproche de Y Amphistomum hominis, trouvé chez des prisonniers dans l’Inde. D'après Wal.son, le parasite, que l’on rencontre en quanlités innombrables dans le gros intestin et dans l’intestin grêle, serait la cause de diarrhées graves, pouvant entraîner la mort.

En dehors des espèces cosmopolites, les helminthes parasites du canal intestinal de l’homme plus spéciaux aux régions tropicales sont les suivants : Davainea Madagascar iensis, Opistorchis Bus Ici, Distomum heterophyes , Amphistomum hominis , Amphistomum Watsoni, Ankylostomum duodenale et Stronyyloides in/est inalis.

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