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LE FOIE DANS LES MALADIES TROPICALES

Les multiples elimporlanl.es fondions (lu l'oie montrent le rôle ■considérable qui est dévolu à cet organe dans le maintien de l’équilibre vital. La cellule hépatique fabrique labile de toutes pièces ; car on ne trouve pas préformés dans le sang les divers (déments qui la constituent. Elle transforme en glycogène les matières amylacées et même les matières albuminoïdes, elle joue un rôle des plus important dans la formation de l'urée, elle détruit en partie ou neutralise les poisons de l'organisme, soit qu’ils viennent du dehors, soit qu’ils naissent des fermentations digestives. De plus, le foie agit sur les graisses alimentaires, il joue un rôle considérable dans l'hémalopoièse fœtale, ainsi que dans la destruction des globules rouges à l’état normal.

Les maladies de cet organe sont des plus communes; elles tiennent à la multiplicité et à la nature spéciale de ses fonctions. Le foie est en effet très facilement accessible aux agents infectieux ou toxiques : ceux-ci peuvent pénétrer par la circulation sanguine générale, et dans ce cas l’artère hépatique est la porte d’entrée; ou bien c'est la voie lymphatique que suit 1 agent infectieux, et chacun connaît les intimes relations du péritoine et des vaisseaux lymphatiques du foie. Mais les voies artérielle et lymphatique ne sont pas les plus fréquemment suivies : la plupart des germes infectieux arrivent au foie par l'intermédiaire des voies biliaires ou de la veine porte ; et c’est dans l’intestin que se trouve presque toujours le point de départ de l'infection ou de l'intoxication du foie. Cette origine ordinaire des maladies hépatiques ne saurait

nous étonner, si nous nous rappelons que l'intestin, même ii l'état normal, est l'habitat d'un grand nombre de microbes et le point où se forment de nombreux poisons qui sont pour le foie une menace permanente. A l étal normal, le cours de la bile, l’épithélium intestinal le protègent contre les agents morbides ; sa fonction anliloxique fait le reste. Mais .à l’état pathologique, la sécrétion de la bile diminue, elle est même quelquefois, complètement supprimée; l’épithélium intestinal desquame et n’oppose plus aux poisons une barrière infranchissable , cespoisons augmentent en quantité et en virulence, de sorte que le foie ne peut plus suffire à sa tâche et n’est plus capable de leur résister. Même s il sort indemne de la lutte, il est bien rare qu il ne conserve pas certaines altérations, certaines, lares, légères ou profondes, temporaires ou définitives. Aussi la pathologie du foie est-elle unie par des liens très étroits, dans les pays tropicaux, aussi bien que dans les pays tempérés, il celle du tube gastro-intestinal. On conçoit donc facilement quelle répercussion doivent avoir sur la glande hépatique les maladies du tube digestif, si fréquentes dans les pays, chauds.

La séméiologie du foie comprend les signes tirés des changements de- volume de ce viscère, ainsi que les signes qui indiquent que son fonctionnement est imparfait. Ce sont, en d'autres termes, les symptômes de l’insuffisance hépatique, dans, laquelle les fonctions biligénique, uréogénique, glycogénique,

I action du foie sur les poisons, enfin son rôle hématopoiétique sont troublés à des degrés divers. C’est dans cet ordre que nous étudierons les signes que peuvent donner, dans les maladies des pays chauds, les troubles de fonctionnement du foie.

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