ATROPHIE DU FOIE
L’atrophie du foie peut s’observer au cours ou à la suite de certaines maladies des pays chauds. Elle peut persister d’une façon définitive après la guérison des affections qui l’ont causée, entraînant le plus souvent un certain degré d'insuffisance hépatique ainsi que des troubles gastro-inteslinaux à peu près incurables.
Dysenterie. — Le foie n’est pas augmenté de volume dans la dysenterie aiguë (Colin). Dans la dysenterie chronique, non compliquée, il est normal; dans les dysenteries chroniques de longue durée, il peut être diminué de volume.
Diarrhée de Cochinchine. — Le foie est constamment atrophié, de même que la plupart des autres viscères, dans la diarrhée de Cochinchine.
Entéro-colite. — C’est également de l’atrophie hépatique que l’on constate dans l’entéro-colito des pays chauds.
Choléra. — Fièvre jaune. — Dans le choléra et parfois dans la fièvre jaune, le foie est diminué de volume.
Paludisme. — (Yoy. page 359).
CIRRHOSES HÉPATIQUES
Cirrhose hypertrophique biliaire de l’enfance. — Dans les villes de l’Inde, à Calcutta en particulier, les enfants du premier âge sont souvent atteints d’une maladie très grave débutant habituellement par l’hypertrophie du foie, cet organe
ClIUmuSES PALUDÉENNES.
atteignant rapidement des proportions énormes. Les lésions hépatiques sont accompagnées de symptômes (vomissemenls alimentaires et subictère) qui ne tardent pas à attirer l’attention sur le foie.
Cirrhoses paludéennes. — La cachexie palustre s’accompagne presque toujours d’une congestion hépatique; cette congestion peut se terminer par résolution, ou au contraire aboutir à la cirrhose.
Les cirrhoses paludéennes ont été magistralement étudiées par Kelseli et Kiener. Elles s’observent chez les individus ayant eu de nombreuses attaques de fièvre intermittente. Bien que des antécédents alcooliques aient été fréquemment notés chez de pareils malades, il est incontestable que le paludisme, seul, peut déterminer des hépatites chroniques, car Laveran en a observé chez des indigènes abstinents.
La cirrhose peut s’établir d’emblée, ou succéder à plusieurs poussées d’hépatite subaiguë. Elle revêt différents types. D’après Laveran, le plus fréquent est celui de la cirrhose atrophique', d’autres auteurs ont surtout observé les formes hypertrophiques. 11 faut remarquer, d’ailleurs, que les hépatites chroniques se rencontrent plus souvent dans les régions prétropicales, et, dans les régions tempérées, chez les rapatriés, que sous les tropiques.
Les symptômes île la cirrhose paludéenne sont ceux de la cirrhose de Laenncc, accompagnés d’une coloration bronzée des téguments. La gêne de la circulation porte se révèle par les signes habituels, tympanisme, ascite, dilatation des veines sous-cutanées abdominales. L’ascite est constante, apparaissant plus ou moins tard, et récidivant après les ponctions. L’émaciation est extrême. La mort est provoquée, soit par l’asphyxie résultant de l’abondance des épanchements séreux, soit par la gangrène qui atteint les membres inférieurs distendus par l’œdème. Le malade succombe dans le marasme et le coma. La rate est toujours très volumineuse.
Les cirrhoses paludéennes avec yros foie évoluent de la
même façon que les autres cirrhoses hypertrophiques (alcoolique, cardiaque). L’ascile est moins marquée que dans la forme atrophique, et ces cirrhoses paludéennes, de même qui* certaines autres formes hypertrophiques, paraissent curables. La rate est augmentée de volume. Le foie esl gros, lisse et déborde les fausses côtes.
Dans les deux types de cirrhoses paludéennes, qui sont le plus souvent apyrétiques, l’ictère manque fréquemment et la teinte terreuse des cachectiques paludéens fait que l’ictère, lorsqu’il existe, peut passer inaperçu, alors que les urines donnent cependant la réaction de l'ictère hémaphéique.
La cirrhose pic/menlaire , qui a été décrite également chez les cachectiques paludéens, ne semble pas être essentiellement diiférentc de la cirrhose hypertrophique; elle se manifeste cliniquement par une coloration sombre et bronzée de la peau, qui contraste avec la teinte décolorée et pâle des muqueuses. Le foie est gros et douloureux à la pression, il déborde les fausses côtes. La rate est également augmentée de. volume. L’ascite fait le plus souvent défaut.
Toutes les cirrhoses paludéennes évoluent comme les cirrhoses de nos climats. Elles déterminent souvent la mort, même après guérison du paludisme, par les lésions irrémédiables qu’elles constituent.