‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 140 sur 194 · CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES URINES DANS LES MALADIES TROPICALES · texte numérisé non relu

CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES URINES DANS LES MALADIES TROPICALES

Fièvre jaune. — Dans la fièvre jaune, les urines sont en général moins abondantes qu’à l’état normal; dans les cas graves, il peut y avoir anurie d'emblée. D'une façon générale, l’oligurie s’accentue au fur et à mesure des progrès rapides de la maladie.

La coloration des urines est variable, jaune ambré, jaune orangé ou rougeâtre, ou, à la dernière période, rouge ou brune. La réaction est toujours acide.

La quantité d’urée est diminuée, surtout dans les cas graves; elle peut tomber à un taux extrêmement faible, lgr,50 p. 1 000. Le taux de l’urée remonte progressivement pendant la convalescence, jusqu’à la guérison. L’acide urique se retrouve en général en quantité inférieure à la normale; il <‘ii est de même des chlorures, des sulfates et des phosphates. L'albuminurie est constante (Yoy. Albuminurie). Un n’a jamais constaté de sucre. .

Pigments biliaires. — La présence de pigments biliaires dans l’urine de la fièvre jaune est exceptionnelle. Lorsqu’on la constate, c’est au moment de la rémission ou à la fin de la maladie, et ce symptôme est d’un bon pronostic.

Au contraire, les signes de l’ictère hémaphéique se retrouvent d’une façon presque constante dans les urines du typhus amaril. Ils sont constitués par la coloration que l’acide nitrique communique aux urines. Celte coloration, allant du rouge au brun-acajou en passant parfois, d’une façon fugace, par la teinte verte, est due à des pigments modifiés produits par le loie malade, par la cellule hépatique altérée.

Sang. — Les urines de la fièvre jaune contiennent rarement du sang et de l’hémoglobine; quelques auteurs ont cependant signalé des cas d’hémoglobinurie amarile.

Sédiment. — L’urine, généralement limpide, n’abandonne

qu’un dépôt peu abondant. Ou y trouve de l’acide urique, des urates, des cellules épithéliales du rein contenant souvent quelques gouttelettes graisseuses et des cellules de lh'pitliélium vésical.

Choléra. — Diminuées, puis supprimées lors de la période algide (Voy. Anurie), les urines reparaissent chez les cholériques lors de la réaction dans laquelle celle réapparition constitue le symptôme capital.

La première urine est rare, fortement albumineuse, pauvre en urée et en chlorures. Elle balaie les tubes urinifères et contient un sédiment formé par des cylindres épithéliaux et hyalins, de l’épithélium vésical, des globules de pus et des pigments biliaires. La seconde urine est plus copieuse, et la polyurie ne tarde pas à se montrer (Voy. Polyurie).

L’urée, émise en petite quantité au début de la crise urinaire, augmente et dépasse ensuite largement la normale: son taux peut atteindre 70 à 80 grammes par jour.

L’acide urique est, de même, augmenté. L’acide phosphorique atteint de 6 à 9 grammes au sixième jour de la réaction (Parkes). Les chlorures font d’abord absolument défaut, puis reparaissent à la lin de la première semaine. Les sels biliaires sont abondants.

L’albumine se montre d’une façon inconstante, dans la première urine qui suit l’anurie. On constate une glycosurie passagère et presque toujours légère.

Peste. — Les urines n’ont été que peu étudiées jusqu’à présent dans la peste. Elles sont tantôt abondantes et pâles, tantôt foncées, rares et concentrées. Elles contiennent parfois du sang ou un peu d’albumine (1). Comme dans d’autres maladies infectieuses, il peut y avoir anurie pendant les derniers moments de la vie (épidémie de VeLlianka).

Typhus exanthématique . — Pendant la première semaine, dans le typhus, la quantité d’urine émise diminue eonsidé-

(1) On a signalé dans certains cas des urines laiteuses.

URINES

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rablement; il semble, dit Murchison, < | u ’ i 1 y ail une rétention absolue d’eau dans l'économie. Loligurie persiste quelquefois, mais le plus souvent il se produit de la polyurie à la dernière période dans les cas graves.

Lorsque les urines sont rares, leur densité est élevée (1024-1030); cette densité s’abaisse graduellement avec la marche de la maladie. D’abord très acides, les urines deviennent neutres ou même alcalines.

L’urée est toujours augmentée au début, et. son augmentation est proportionnée à l’intensité de la fièvre. Pendant le second septénaire, l'excrétion de l'urée est variable; quelquefois elle reste abondante pour diminuer au moment de la défervescence; en général, elle est moindre que pendant la première semaine. Au commencement de la convalescence, elle est beaucoup diminuée, et ne remonte au chiffre normal que lorsque le malade a recouvré la santé.

Le taux de l’acide urique est habituellement augmenté.

Les chlorures diminuent dès le début; les urines n’en contiennent plus, après une semaine, que des traces, et ils peuvent même manquer complètement. Un régime fortement chloruré, vers le huitième jour, ne détermine même pas le passage de traces de chlorures dans l’urine. Il semble qu’il y ait rétention absolue du sel dans les tissus.

Les phosphates restent en quantité normale. Les sulfates sont plutôt augmentés.

L’albuminurie esL fréquente.

Buchanan a trouvé 9 fois sur 14 cas des traces de sucre. Frerichs et Murchison ont signalé la présence de leucine et de tyrosine.

L’examen du sédiment urinaire permet de déceler la présence de mucus, de cellules épithéliales de la vessie et parfois du rein, et de moules de tubes u ri n itères.

Fièvre récurrente. — Dans le typhus récurrent, la quantité des urines reste normale ou est augmentée. L’urée est excrétée en proportion plus considérable qu’à l’état normal.

On en a observé jusqu’à 74 grammes par litre. Les chlorure» sont diminués. L’albuminurie existe dans un tiers des cas. L’urine est iclérique dans les cas, assez fréquents, dan» lesquels il se produit des phénomènes bilieux.

Dengue. — On peut admettre, bien qu'il y ait des exceptions,-et que les observations faites au cours des différentes, épidémies ne concordent pas, que dans la dengue les urine» sont en général pâles et copieuses. Leur densité reste normale, et leur réaction légèrement acide au début devient neutre pendant la desquamation (Gotholcndy).

Le taux de l’acide urique n’est pas augmenté; par contre, pendant la dernière période, il y a prédominance des phosphates dans l’extrait sec (Martialisj.

Poggio a résumé dans un tableau que nous reproduisonsci-dessous les caractères de l’urine dans la dengue :

ÉLÉMENTS CONSTITUANTS pour 1 000.

URINE

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