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CÉPHALALGIE

La fièvre est accompagnée d'une façon presque, constante, quel que soit l’agent infectieux qui ait déterminé le mouvement fébrile, microbe ou protozoaire, d'une céphalalgie due vraisemblablement à la congestion des méninges. Toutes les pyrexies infectieuses tropicales, à leur début tout au moins, s’accompagnent de céphalalgie.

Peste. — Dans la peste, au début, pendant les deux premiers jours on observe une céphalalgie frontale, fréquemment gravative et lancinante, parfois au contraire obtuse. Ce symptôme est le plus souvent prodromique, il disparait au cours de la maladie; d’autres fois cependant il persiste jusqu’à la fin. Son intensité le rend parfois insupportable.

Fièvre jaune. — Le début de la fièvre jaune est marqué par drs douleurs qui apparaissent en même temps que la fièvre. Ce sont de la céphalalgie, de la rachialgie (coup de barre) et des douleurs des membres.

La céphalalgie est intense, gravative, constante, souvent assez forte pour arracher des cris aux malades. Elle est susorbitaire ou a parfois pour siège 1rs globes oculaires. Elle diminue notablement à la fin du deuxième jour.

Choléra. — Dans le choléra, on n'observe de céphalalgie que quand il y a réaction typhoïde, à forme cérébrale. Cette réaction se manifeste également par des symptômes de congestion encéphalique, face rouge vultueuse, épistaxis.

Typhus exanthématique . — Dans le typhus exanthématique, la céphalalgie est précoce. C’est un des phénomènes les plus constants. Elle est toujours plus intense pendant le premier septénaire; elle diminue ou cesse complètement au bout de quelques jours avec l'apparition du délire. Elle est ordinairement frontale ou temporale, et siège rarement

au sommet de la tête ou à l’occiput ; elle est en général peu intense, obtuse et gravative plutôt que lancinante.

Fièvre récurrente . — Le typhus récurrent est accompagné, au début, de douleurs violentes, si ('géant à la tète aussi bien que sur le reste du corps.

Dengue. — La dengue, au début, est caractérisée par une céphalalgie très vive, contemporaine des douleurs musculaires et, articulaires. La céphalalgie est à peu près constante dans cette affection et a été signalée dans la plupart des épidémies. Elle s’accompagne parfois de pesanteur péri-orbitaire. Elle, est intense, durable, et s’observe fréquemment chez les enfants et les vieillards, concurremment avec de l’agitation et même du délire. Quand le mal de tète est intense, les douleurs articulaires sont parfois moins aigues (Cotholendy).

Fièvre de Malte. — Dans la lièvre de Malte, la céphalalgie accompagne la lassitude et le malaise qui sont les phénomènes du début de la maladie. Les douleurs de tète augmentent au bout de quelques jours et peuvent devenir intenses.

Maladie du sommeil. — Dans la maladie du sommeil, la céphalalgie est un symptôme du début. Elle siège au sommet, de la tête ou à la région frontale. Elle peut persister pendant un certain temps, mais diminue généralement, au fur et à mesure des progrès de l’affection. Les crises épileptiformes ou apoplectiformes que l'on observe au cours delà maladie du sommeil sont souvent précédées de violents maux de tête.

Verruga. — Dans la forme aiguë de la verruga, la céphalalgie n’existe que cbezles malades atteints d'une fièvre intense.

Paludisme. — Les accès de fièvre intermittente sont souvent annoncés par des maux de tête plus ou moins prononcés, précédant d’assez loin le frisson initial. Quand un individu traverse un pays à fièvres et qu’il s'impalude, le premier symptôme qu’il présentera sera, si ce n’est pas un accès franc, de la céphalalgie.

Si, plus tard, au bout d’un certain temps, les accès fébriles tendent à disparaître, soit d’eux-mêmes, soit sous l’influence

TROUBLES NERVEUX

du traitement, c’est encore par la céphalalgie qu’ils seront représentés à leurs heures habituelles.

La céphalalgie dans le paludisme est en général frontale ou sous-occipitale. Lorsqu’elle est très intense elle annonce souvent un accès pernicieux. Les formes cérébrales pernicieuses du paludisme (accès délirant, accès comateux) s’accompagnent de céphalalgie très vive, si bien qu’on décrit quelquefois un accès pernicieux céphalalgique dans le cas où les douleurs de tète constituent le symptôme dominant.

Une des formes les plus communes des fièvres larvées palustres est caractérisée par de la névralgie intermittente. Celte névralgie se manifeste surtout dans le territoire des nerfs crâniens, par des douleurs siégeant au niveau du rameau frontal de la branche ophtalmique du tri jumeau.

Chez les cachectiques palustres, l’anémie est accompagnée de vertiges et de céphalalgie.

RACHIALGIE

Comme la céphalalgie, qu’elle accompagne très souvent, la rachialgie esi très fréquente dans les maladies infectieuses des tropiques, dans lesquelles elle dénote un état congestif de la moelle.

Fièvre jaune. — Dans la fièvre jaune, les douleurs lombaires se présentent au début avec des caractères particuliers qui leur ont fait donner le nom de coup de barre. Tantôt elles sont légères et superficielles, tantôt au contraire elles sont intenses, font beaucoup souffrir le malade, et l’agitent en le forçant à changer souvent de place. Elles font partie des symptômes du début de la maladie, cessent quelquefois avec la fièvre, mais le plus souvent persistent pendant quelques jours. Elles peuvent s’irradier aux régions dorsale et cervicale, à l’épigastre et dans les membres. Le coup de barre est moins constant que la céphalalgie.

Maladies tropicales. 27

Paludisme. — Dans le paludisme, des douleurs lombaires violentes accompagnent souvent la céphalalgie du début.

Peste. — Typhus exanthématique. — La rachialgie s’observe fréquemment pendant la première période delà peste à bubons. 11 en est de même dans le typhus exanthémalique. Dans cette dernière maladie, la douleur disparaît généralement pendant le second septénaire et reparaît parfois pendant la convalescence; elle peut persister après que la céphalalgie a disparu. Elle donne au malade une sensation de crampes ou de broiement. Elle peut être dorsale ou lombaire.

Dengue. — Dans la dengue, la rachialgie est parfois très marquée. Les malades sont brisés comme s'ils avaient reçu des coups.

Béribéri. — Dans le béribéri, on observe souvent des douleurs contuses le long du rachis. La rachialgie est lombaire ou dorso-lombaire. Elle .peut être très intense, profonde et accompagnée de sensation de broiement des os.

Aïnhum. — Dupouy a signalé, au début de raïnhum, une rachialgie intense qui pourrait faire croire à l’origine médullaire de cette affection.

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