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cas qu'ils attribuent à la fatigue. D'autres, avec Manson, soutiennent qu'il s’agit là d’un début, de lymphocèle et que la fièvre qu'on observe est due à une réaction filarienne (Jilarial fever) et non au paludisme. On peut aussi avoir affaire à des paludéens atteints d'épididymite blennorragique ou tuberculeuse. Dans tous les cas, on devra toujours pratiquer le toucher rectal, qui pourra faire éviter une erreur de diagnostic.

Dans la lièvre de Malte, l'épididymite est une complication assez fréquente ; elle peut survenir soit au cours de la maladie, soit pendant la convalescence.

L’orchite s’observe également dans la dengue.

Hydrocèle chez les indigènes dans les pays chauds. — Sous les tropiques, l’hydrocèle est très commune parmi les populations indigènes. On peut la rattacher à des causes multiples; le plus souvent elle est accompagnée de blennorragie chronique; d’après Corre, elle serait fréquemment occasionnée par une congestion chronique des testicules, consécutive à des excès sexuels, ou due au paludisme. L’hydrocèle peut enfin être, ainsi que nous l’avons vu, une manifestation de la filariose.

Gangrène des organes génitaux. — Le paludisme, le kala-azar, la fièvre jaune, le typhus et la spolted fever peuvent déterminer de la gangrène des organes génitaux. Ces nécroses ne sont pas rares dans la cachexie paludéenne, d'après Kelsch et Kiener. Elles seraient très fréquentes dans le kala-azar, d’après Christophers.

Sens génital chez l’homme. — Chez l'homme, la cachexie paludéenne peut amener, d'après certains auteurs, l’impuissance et l’atrophie testiculaire.

La perte du sens génital se remarque toujours chez les malades atteints de la maladie du sommeil, en même temps que les premiers symptômes de somnolence. Dans le béribéri, on observe des pertes séminales et de l'impuis-

sance.

Utérus et annexes. — Los organes génitaux dans les pays chauds se développent plus rapidement chez la femme en hon état de santé que dans les zones tempérées; les lilleltes y sont réglées plus tôt. Il ne semble pas exister une précocité aussi marquée, au point de vue sexuel, chez les jeunes garçons.

Le paludisme peut avoir sur le développement des organes génitaux une influence très grande, et chez les adolescents fortement impaludés ces organes subissent quelquefois un arrêt complet do développement; d’autres fois, ils ne se développent complètement qu'assez lard. Les fillettes impaludées sont réglées tard, les règles s’établissent difficilement chez elles, elles sont irrégulières, décolorées; quelquefois on observe de la dysménorrhée, et tous les signes d’une chlorose grave.

On peut dire à juste titre que le retentissement du paludisme sur les organes de la parturition chez l’Européenne est un des principaux obstacles à la pénétration des blancs dans certaines régions tropicales, en ce qui concerne les colonies de. peuplement. En effet, la grossesse; est souvent interrompue chez les Européennes impaludées, qui sont très sujettes à l'avortement et à l'accouchement prématuré (1). L’enfant naît souvent faible et débile, et dans plus de la moitié des cas la mère ne peut pas nourrir (2).

Sous l'influence du paludisme, dont souvent on observe une recrudescence au moment de l’accouchement, les hémorragies du post partum sont fréquentes.

La question de la parturition mise à part, on a aussi signalé

(1) On a accusé la quinine de produire l’avortement. Ce médicament n’est pas sans exercer une certaine action sur l’utérus ; cependant, comme il offre relativement peu de dangers au point de vue de l’expulsion fœtale, lorsqu'il est administré avec prudence, on l’emploiera avec avantage au cours d’une grossesse chez les femmes impaludées.

(2) Il y a évidemment souvent à faire la part du paludisme dans l'impossibilité où se trouvent les femmes européennes de nourrir dans les pays chauds; cependant on doit aussi tenir compte de ce fait que les espèces animales qui y vivent fournissent peu de lait et qu'une vache qui donne 2 litres de lait par jour est une bonne vache.

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des hémorragies uréthrales ou utérines se produisant au cours d'accès paludéens. Ces hémorragies peuvent so produire en dehors de la période des règles ou pendant les époques, le llux menstruel étant alors augmenté au point de constituer de véritables hémorragies. On a vu souvent aussi le retour des menstrues provoquer des accès de lièvre chez des femmes atteintes de paludisme.

Ce sont surtout les femmes qui vont s’installer dans les pays chauds déjà atteintes d une mélrife qui ont le plus à souffrir. Chez elles, le paludisme, qui semble avoir plus de prise que chez les femmes saines, et peut-être aussi J’inlluence débilitante du climat, occasionnent souvent des hémorragies tellement fréquentes et abondantes qu’elles obligent le médecin à prescrire le rapatriement immédiat des malades dans les zones tempérées.

L’anémie et la cachexie paludéennes- sont accompagnées, au point de vue génital, par de la leucorrhée, de la dysménorrhée, la suppression ou l’irrégularité des règles.

Dans toutes les pyrexies infectieuses des régions tropicales on peut rencontrer des métrorragies. Nous les avons déjà signalées au chapitre Hémorragies dans la peste, la fièvre jaune, la spotted fever, le typhus, la fièvre typhoïde, la dengue et la verruga.

Dans toutes ces affections l'avortement peut so produire lorsque la maladie survient pendant le cours d'une grossesse: il est de règle dans la peste, la fièvre jaune, la spotted fever, la fièvre typhoïde; il se produit plus rarement dans le typhus, la dengue et la verruga.

Béribéri. — Dans les régions où cette affection est endémique, la grossesse semble favoriser chez la femme l’éclosion du béribéri, et l’on cite des exemples de femmes atteintes de béribéri à chacune de leurs grossesses. En dehors de l’étal puerpéral, l’affection amène chez la femme la suppression des règles. Chez l'homme, on a observé des perles séminales et de (impuissance dans le béribéri.

Maladies tropicales. 33

SÉMÉIOLOGIE DES MALADIES TIIOPIGALES.

LESIONS DES ORGANES GÉNITAUX DANS L ’ É L É P H A N T I A S I S, LA LÈPRE ET LE GRANULOME ULCÉREUX

Éléphantiasis des Arabes. — L’éléphantiasis atteint fréquemment les parties génitales. Chez l'homme, l’éléphanliasis du scrotum pool consister en un simple épaississement ; mais il peut aussi atteindre des dimensions considérables, et l'on rencontre des tumeurs de o à 25 kilogrammes. Manson signale le cas d’un scrotum atteignant 100 kilogrammes. Les tumeurs, lorsqu’elles arrivent à ce développement, sonl très gênantes par leur volume; les malades sont obligés de les porter avec des dispositifs divers, quelquefois sur de petites voilures; d’autres lois ils peuvent s'en servir comme d’un siège. Elles peuvent se développer lentement ou rapidement,

mais elles mettent en général plusieurs années à acquérir leur développement complet. Elles débutent par une poussée érysipélateuse, accompagnée de lymphangite et de fièvre : après la rétrocession des accidents aigus, la peau et les lymphatiques restent légèrement indurés et hypertrophiés. Au bout d’un certain nombre de poussées, il se produit des varices lymphatiques, dont la rupture peut amener des lyrriphorrhées abondantes (plusieurs litres). L’état peut rester ainsi stationnaire et l’on se trouve en présence d’un lymplioscrotum. Si les poussées inflammatoires continuent à se produire, l’induration de la peau augmente ; les varices lymphatiques envahissent le tissu conjonctif sous-cutané, en même temps que ce dernier s’hypertrophie, et l'on arrive à l’élépluintiasis.

Dans la tumeur éléphantiâsique, au-dessous de la peau épaissie, principalement à la région inférieure, ou rencontre un tissu conjonctif lâche et œdématié entourant les testicules; ces derniers sont rejetés à la partie postérieure. Le cordon est en général allongé, et la vaginale renferme la plupart du temps un épanchement abondant. Le pénis

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est on foui dans la tumeur et le méat urinaire esl représenté par un petit orifice qui siège à la parlie supérieure. L'engorgement des ganglions inguinaux s'observe dans presque Ions les cas.

Chez la femme, les grandes lèvres el les seins peuvenl èlre le siège de semblables fumeurs; (‘lies sont, cependant plus rares en ces régions qu’au niveau du serolum chez l'homme, ou des extrémités inférieures.

Ainsi gue nous l avons vu au chapitre Peau., l'étiologie de ces lésions n'est pas encore complètement élucidée. Un les rapporte en général à la Filaria nocturna , quoique Manson fasse observer que, dans les pays à éléphantiasis, les éléphanliasiques semblent plus rarement infectés que les indigènes qui ne sont pas atteints (le pachydermie. Le Danlec assure que l’on peut toujours retrouver la blaire dans le sang du malade, si la prise de sang est faite au niveau des région s é lép h an I ias i q u es .

Lèpre. — C’est surtout dans la forme tuberculeuse de la lèpre que se manifestent les lésions intéressant les organes génitaux.

La lèpre tuberculeuse arrive très rapidement chez les enfants dans les deux sexes «à provoquer l'atrophie des organes génitaux; lorsqu’elle se déclare avant la puberté, ces organes restent infantiles, et les règles ne s’établissent pas chez la fillette.

Lorsque la lèpre à forme tuberculeuse atteint la femme adulte, les règles sont supprimées, disent la majorité des auteurs; il ne nous a pas semblé qu’il en fût ainsi dans la plupart des cas ; el nous possédons des observations, dont quelques-unes ont été publiées, de cas de lèpre, même à forme phyrnalode, dans lesquels les règles ont été conservées jusqu '.à l’àge habituel de la ménopause (40 à 43 ans). Ainsi que nous avons pu nous en rendre compte, l’ utérus et le vagin sont rarement atteints, quoique l’on puisse retrouver dans le conduit vaginal des bacilles spécifiques, qui semblent y vivre en

saprophytes sans occasionner de lésions et qui paraissent y avoir <* I «'* apportés par les leucocytes.

Les léprologues ont également insisté sur la fréquence des localisations lépreuses sur les testicules et les ovaires; d’après eux, l’excitation génésique, que les anciens avaient signalée chez les lépreux, coïncide avec le début de la formation de tubercules testiculaires. Les .progrès de ces tubercules amènent dans la suite une stérilité absolue.

En ce qui concerne la forme tuberculeuse île la lèpre, les malades qui en sont atteints sont quelquefois en etl'et frappés de stérilité. Mais ce n’est ni une règle absolue ni même la généralité des cas: la stérilité n’existe que lorsqu'il y a localisation lépreuse sur les organes génitaux internes : testicule, vésicule séminale, prostate chez l'homme, ovaire et utérus chez la femme, ou lorsque, à la (in de la maladie, la cachexie est extrême.

Quant à la forme purement nerveuse de la lèpre, au point de vue anatomique comme au point de vue fonctionnel, elle n’atteint que. rarement les organes de la génération ; c’est au point que dans certaines léproseries de Madagascar, on a été obligé d'ouvrir un registre des naissances.

Il est évident que, dans îles cas de lèpre nerveuse avancée, . les enfants, quand ils arrivent à terme, peuvent être débiles et difficiles à élever. Cependant, la lèpre nerveuse, qui ne débute guère avant la puberté chez la femme, est une affection lente, dont les progrès ne sont pas assez rapides pour amener chez elle, avant la fin de la période sexuelle, une cachexie suffisante pour entraver la parturition. Nous avons vu naître à la léproserie de Manankavally (Madagascar), de femmes atteintes de lèpre à forme tropho-neurotique mutilante, trois fort beaux bébés malgaches, d’un poids dépassant légèrement le poids normal et parfaitement indemnes.

Dans la question de la parturition dans les léproseries, nous pensons qu’à côté de la lèpre, comme cause de débilité du fœtus, il faut faire entrer la misère qui règne si souvent dans

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ces établissements, cl nous nous sommes, à ce point de vue, Irouvé dans des conditions particulièrement favorables, la léproserie de Manankavally, dans laquelle ont été faites nos observations, étant merveilleusement tenue, quoique pourvue de peu de ressources.

Ulcères granuleux des parties génitales. — Les organes génitaux externes peuvent cire en lin le siège d’ulcères granuleux. Ces ulcères, fréquents en Guyane, prennent souvent naissance au niveau d’une plaie ehancreuse; ils peuvent envahir les organes génitaux externes, ainsi que le périnée, le sillon interfessier et le pli inguino-crural (Yoy. p. KiO).

Ils présentent au début un fond uniformément granuleux ; plus tard les granulations se retrouvent principalement sur les bords; elles disparaissent alors du centre de l’ulcération, qui peut même se cicatriser, alors que l’affection gagne, au contraire, à la périphérie.

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