DIAGNOSTIC DE LA FIÈVRE JAUNE
Ces mêmes caractères différentiels séparent la fièvre jaune dt‘ l'accès pernicieux à forme bilieuse, qui est ('gaiement une fièvre à tendance asthénique. Dans l’accès pernicieux à forme bilieuse, l’albuminurie est rare el peu marquée et l’ictère est précoce, tandis que dans la fièvre jaune l'albuminurie est intense dès le début, et l'ictère tardif. Enfin les urines, dans l’accès pernicieux à forme bilieuse, contiennent toujours des pigments biliaires en grandi' quantité, tandis que les urines de la fièvre jaune n’en contiennent, que très rarement et donnent la réaction de l’ictère liémapliéique (coloration rouge-acajou par l’acide nitrique).
Dans la période hémorragique, la fièvre jaune peut être confondue avec des formes hémorragiques d’autres maladies infectieuses. Le vomissement marc de café a même été signalé dans plusieurs d’entre elles (1). Ces complications arrivent en général, dans les maladies infectieuses autres que la fièvre jaune, alors que le diagnostic a déjà pu être établi sur d’autres symptômes; elles y sont tardives. Pourtant, dans certaines formes septicémiques de peste sans engorgement ganglionnaire, le diagnostic pourra devenir extrêmement difficile; on aura alors recours au diagnostic bactériologique et à la recherche du bacille de Yersin.
On a signalé à la Guadeloupe une affection spéciale à la seconde enfance (2 à 12 ans), caractérisée principalement par des vomissements ayant l'aspect du vomito negro, de l’albuminurie et de l’hypertrophie de la rate.
Cette affection présente ceci de particulier qu elle est très sujette à des récidives; contrairement à ce qui se passe dans la fièvre jaune, le pouls serait rapide et la température relativement peu élevée. C’est une maladie familiale, les enfants de parents ayant été atteints étant particulièrement prédisposés.
Les récidives, qui se reproduisent fréquemment, d’après les auteurs qui ont étudié celle affection, el quelquefois régu-
(1) En particulier clans l’appendicite toxique s’accompagnant d’ictère (vomito negro appendiculaire) (Dieulafoy).
lièremenl tous les ans. à la même époque, pendafit plusieurs années, empêchent d'idenlifiër à la lièvre jaune certains de ces cas qui relèveraient peut-être du paludisme. Cependant, lorsqu'on n'aura pas affaire à une récidive parfaitement démontrée, on devra rechercher avec soin tous les symptômes de la fièvre jaune, maladie endémique dans les Antilles. Il y aura également un grand intérêt à rechercher, toul à lait au début, l’hématozoaire du paludisme (I ).