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DIAGNOSTIC DE LA TRYPANOSOMIASE HUMAINE

type irrégulier, avec œdème palpébral et douleur splénique.

Cet examen devra d’ailleurs être lait niélhodiquement dans les pays chauds sur tous les fébricitants, et c’est une pratique qui deviendra tous les jours plus indispensable.

B. Maladie du sommeil. — La maladie du sommeil com-

Fig. 11. — Maladie du sommeil. (Cliclié Brumpt.)

prend l’ensemble des symptômes qui caractérisent la dernière période de l’infection de l’homme par le trypanosome.

Cette infection, qui débute, comme nous l’avons vu, par de la fièvre, des éruptions et des œdèmes passagers, se termine au bout d’un temps quelquefois très long par des phénomènes de somnolence d’abord peu accusés, qui s’accentuent de plus en plus. Dans les dernières périodes de la maladie, les malades ne sortent pas de leur torpeur, ils deviennent gâteux, paralytiques ou sont atteints de contractures. Ils meurent dans le coma, à moins qu’ils ne soient enlevés

par une pneumonie ou toute autre affection intercurrente.

Le symptôme principal, et qui constitue toute la maladie pendant la plus grande partie de sa durée, est le sommeil; cette léthargie semblable en tous points au sommeil naturel est précédée de bâillements, d’étirements; c’est la persistance morbide de cet état somnolent qui attire surtout l'attention du médecin.

Un autre symptôme non moins important est l’engorgement des ganglions cervicaux. Cette adénopathie est en général précoce, elle semble marquer le début des phénomènes cérébraux dans la trypanosomiase humaine et les indigènes euxmêmes lui attribuent une grande importance.

Le diagnostic est en général facile. 11 se borne dans la plupart des cas à la constatation delà coexistence de l’état de somnolence et d’adénites cervicales. La maladie avait jusqu’à l’année dernière presque toujours été observée chez les noirs, sauf un ou deux cas, rela tés d’ailleurs d’une façon vague et imprécise, et concernant des missionnaires qui auraient guéri. Le fait que vient de publier Manson, joint à d’autres cas, récemment constatés, de maladie du sommeil chez les Européens, prouve cependant que ces derniers sont susceptibles de contracter, eux aussi, l’affection. On cite également quelques rares observations de métis et de mulâtres ayant été atteints. Le diagnostic ne se pose donc plus uniquement en présence de sujets appartenant à la race noire.

Diagnostic différentiel. — A la dernière période, si l’on se trouve, sans commémoratifs, en face d’un individu gâteux, atteint de paralysies ou de contractures, on peut aisément tomber dans l’erreur.

En dehors de ce cas particulier et difficile, on pourrait confondre la maladie du sommeil avec le sommeil hystérique : mais, dans le sommeil hystérique, il est impossible de tirer les patients de leur torpeur, ce qui n’est pas le cas pour la maladie du sommeil, sauf tout à fait à la dernière période. Le sommeil

DIAGNOSTIC DU PALUDISME

hystérique est, de plus, presque toujours précédé des symptômes prémonitoires des attaques hystériques.

La noua est une forme curieuse de grippe, caractérisée par un sommeil prolongé, durant une quinzaine de jours et accompagné de vertiges et de faiblesse musculaire. Elle n’a été observée qu'en Europe (Tubingue, 1718; Mantoue, 1889-1890).

Dans certaines formes de méningite cérébro-spinale , de longs accès de sommeil ont été observés au cours de la maladie pendant la convalescence.

Le nélavan n’est autre que la maladie du sommeil. Nêlavan, veut dire « soiïmieil » en dialecte ouolof.

Au début de la lèpre, les malades sont parfois pris d’envies de dormir irrésistibles. La somnolence est quelquefois aussi marquée que dans la maladie du sommeil, à ce point que certains auteurs avaient pensé à' identifier les deux affections. La recherche des signes propres à la lèpre, en dehors de cette somnolence, permettra de ne pas tomber dans l’erreur.

On observe encore des accès de sommeil au cours de certaines maladies telles que le diabète, les dyspepsies, et à la période terminale du cancer et de la tuberculose.

Dans tous les cas, la ponction lombaire, avec centrifugation du liquide céphalo-rachidien et constatation des trypanosomes, peut être d’ores et déjà considérée comme le véritable critérium du diagnostic de la maladie du sommeil. L’hypertrophie des ganglions cervicaux coexistant avec un état de somnolence très marqué suffira néanmoins presque toujours pour établir la nature de l’affection dans les pays où elle est endémique.

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