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DIAGNOSTIC DES FILARIOSES DU TISSU CONJONCTIF

lu Filaria Medinensis. Ver de Guinée. Dragonneau. —

La blaire de Médine se rencontre dans l’Inde, le Turkestan, l’Arabie et dans toute l’Afrique tropicale.; en Amérique, elle a été importée ('i la Guyane et au Brésil.

Le parasite vit à l’étal adulte dans le tissu conjonctif de l’homme; d’après quelques auteurs, on pourrait le rencontrer aussi chez quelques animaux (cheval, chien, bœuf).

La femelle seule est connue d’une façon certaine; c’esl un ver blanc jaunâtre, comparable à la chanterelle d’un violon, de 50 ;i 80 centimètres de long et deOmm,5 à lmm,7 de. diamètre; l’extrémité céphalique ou écusson est bordée par six papilles, au centre desquelles si1 trouve la bouche. L’extrémité caudale est moussée et recourbée en crochet.

D’après Charles, le mâle est beaucoup plus petit ; il meurt cl se résorbe dans le tissu conjonctif après la fécondation.

Arrivé à maturité, le parasite femelle se dirige vers les extrémités inférieures, au niveau desquelles il traverse la peau en venant formera sa surface une vésicule. La vésicule se rompt e,t, au milieu du petit ulcère qui lui succède, on aperçoit un trou en général assez gros pour qu’on puisse y introduire l’extrémité d’un stylet.

11 est à peine besoin d’insister sur la facilité du diagnostic de la dracunculose, lorsque la présence du parasite a été constatée. Au début de l’affection, il n’en est parfois pas de

ion

mémo. Lorsque le ver siège dans les parties profondes, il détermine de l’œdème, de l'empâtement, indice de formation d'une collection profonde, qui deviendra fistuleuse, et dont il est malaisé de discerner la cause au début. Lorsque le parasite est superficiel, l’erreur est moins facile à commettre. On a vu cependant prendre pour une veine ou un lymphatique enflammés une fil aire siégeant sous la peau de la verge.

Le prurit est le premier symptôme ; il s’observe au point où lever va apparaître. La région s’empâte, il survient une sorte de furoncle plus ou moins douloureux; à son sommet apparaît une phlyctène, qui se rompt bien lot, laissant à nu, au fond d'un cratère, un point blanchâtre, ou aussi une sorte de ficelle blanche pelotonnée. Parfois on voit La fête du ver au fond du cratère.

L'épreuve de l'eau (consistant à asperger d’eau froide l’orifice du cratère) détermine l’écoulement d'un liquide blanc qui se répand, et qui contient d'innombrables microfilaires embryonnaires, ou bien on voit une membrane d'un gris blanc, transparent, se gonfler et prohiber à l'orifice du cratère. C’est l'utérus du ver, qui parfois se rompt et arrose les alentours de l’orifice d'un liquide très riche en microfilairès (flg. 17).

Le corps du parasite

femelle arrivé à maturité u Utérus de la Claire de Médine ...

bourré de microfilaires, d’après Leu- CI1(3 1 presque COJ11-

ckarl- plèteinenl occupé par un

utérus bourré d’embryons, fant que cet utérus n’aura pas vidé son contenu, ce qui demande quinze à vingt jours, le ver résiste à l’extraction ; au contraire, lorsque le parasite a rempli ses fonctions, il se résorbe ou se laisse attirer au dehors.

Fig. 1

DIAGNOSTIC DES E1LARIOSES DO TISSU CONJONCTIF. 107

Il est d'autre part, dangereux de vouloir extraire de force la filaire de Médine, sa rupture pouvant amener des accidents d infection locale, des abcès ou des phlegmons; aussi les indigènes ont-ils l'habitude de l’enrouler sur un petit morceau

Fig. 18. — A. B, modes indigènes d’extirpation de la filaire de Médine; C. lilaire, grandeur naturelle.

de bois et d’en extraire chaque jour la partie arrivée à maturité (lig. 18).

Tout ceci est tellement caractéristique que le diagnostic ne souffre aucune difficulté. Les lymphangites, les œdèmes, les accidents phlegmoneux el même gangreneux, résultats d’infections secondaires consécutives ;t la rupture de la filaire seront, de même, aisément rapportés à leur cause.

2° Filaria loa. — La iilaria loa est un nématode parasite adulte. Le mâle a 25 à 30 millimètres de long sur 0mm,3 de

large. Chez le mâle, la queue est recourbée cl présente deux spiculés inégales. L’anus csl subterminal el entouré de cinq larges papilles, dans les deux sexes (lig. I!)).

La filaria loa est un parasite du tissu cellulaire sous-cutané, dont le siège le plus apparent est la conjonctive oculaire. Elle

Fig. 19. — A, filaria loa mâle, grossie 15 lois; B, la mè/ne, grandeur naturelle; C, extrémité postérieure du mâle, grossie 100 fois.

s’y montre sous forme d’un très petit lil blanc, mobile, serpentant sous la conjonctive ou pelotonné en boule. Elle passe quelquefois d’un œil à l’autre.

Elle fait aussi des incursions plus ou moins longues dans le tissu cellulaire sous-cutané des autres régions du corps, en déterminant du prurit ou des œdèmes plus ou moins douloureux. Ces œdèmes erratiques (Calabar swellings ) siègent soil au niveau des masses musculaires, soit au niveau des grandes ou des petites articulations, où ils déterminent de la raideur, du gonflement et une douleur sourde plus ou moins accentuée.

diagnostic: de la dysenterie.

Us peuvent précéder la constatation de la filaire dans l’œil. Le ver peut cheminer dans l'épaisseur du derme et arriver jusque sous l’épiderme ; il apparaît alors comme un petit lil blanc sous un morceau de papier à cigarette. 11 serpente plus ou moins vite, et s’enfonce après un laps de temps variable (jusqu’à vingt minutes) dans la profondeur des tissus, pour ne reparaître parfois que quelques mois après. Lorsqu il siège profondément, il ne manifeste sa présence que par des œdèmes.

Le diagnostic ne comporte aucune difficulté, une fois que le parasite a été vu soit sous la conjonctive, soit sous l’épiderme.

Filaria volvulus. — Ces nématodes, dont les mâles mesurent 60 à 70 centimètres de long et les femelles environ la moitié, ont été trouvés enroulés dans des tumeurs cutanées, entourés d'un liquide contenant des embryons.

Par suite de leur rareté, les conditions dans lesquelles on les rencontre chez l’homme sont encore mal déterminées et le diagnostic des tumeurs qui les renferment ne pourra se faire que par la détermination du parasite, après extraction.

La dysenterie est une maladie infectieuse, à localisation intestinale, caractérisée au poinl de vue anatomique par des lésions ulcéreuses du gros intestin, cliniquement par des coliques, des épreintes et des selles fréquentes et douloureuses. L’aspect de ces selles muqueuses, muco-sanguinolentes ou sanglantes a été comparé à du frai de grenouille , à des framboises écrasées , à des raclures de boyaux ou à de la lavure de chair.

La dysenterie peut être aiguë ou chronique.

Le diagnostic de la dysenterie aiguë ne présente pas de grandes difficultés. Les caractères des selles dysentériques, leur fréquence, les épreintes, le ténesme constituent un en-

semble de symptômes bien marqués et ne pouvant pas donner lieu à une confusion.

Diagnostic différentiel. — Les selles sanguinolentes, accompagnées de ténesme et d’expulsion de mucosités, que l’on rencontre dans les cas d'hémorroïdes internes nécessiteront parfois une exploration; la constatation du bourrelet hémorroïdal lèvera tous les doutes. L'examen du rectum permettra également de faire le diagnostic en cas de polype rectal, chez les enfants.

L’hémorragie intestinale est un accident assez commun dans les régions équatoriales (Dutroulau). « Elle débute brusquement par des selles fréquentes, assez abondantes, entièrement composées de sang noir et liquide dès le début, sans ténesme, accompagnées d’anxiété plutôt que de coliques, de vertiges, de syncope et de petitesse du pouls. » D’après Corre. elle serait due à l’action de parasites, de vers intestinaux. En tout cas, la marche de la maladie et la guérison obtenue au moyen de vermifuges ou par des injections froides astringentes ou acides suffisent pour montrer qu’il ne s’agit pas de dysenterie.

L'accès pernicieux dysentériforme présente une grande analogie avec la dysenterie. Les selles, succédant à un frisson et à des coliques très vives presque toujours accompagnées d'hyperthermie, sont extrêmement abondantes dès le début. Ce sont d’abord des matières contenues dans l'intestin, puis un liquide sanguinolent très muqueux, ressemblant à de la lavurc de chair, fétide d’abord, inodore ensuite. Les évacuations se succèdent rapidement dans les deux ou trois premières heures, elles sont colorées en rouge plus ou moins intense. Celle coloration va en diminuant à mesure qu’elles se succèdent; quelquefois le ténesme apparaît après les cinq ou six premières heures.

Dans celte forme d'accès pernicieux, qui est contestée par certains auteurs, les selles peuvent être mélangées à du

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mucus (>l à du sang, comme dans la dysenterie aiguë. On en observe jusqu’à vingt par jour, et, dans les cas graves, encore bien davantage. Il y a des épreintes, des douleurs violentes le long du côlon, surtout vers la région ombilicale. Ces signes augmenteraient, d'après certains auteurs, pendant les accès de fièvre qui sont du type quotidien, tierce ou quarte, et cesseraient pendant la période apyrétique. Cela n’est pas constant. — Sous l'influence de la médication, opium et quinine, le llux intestinal est remplacé par des sueurs abondantes et l'accès est terminé (Daullé).

L’élévation die la température (on sait que la dysenterie aiguë est le plus souvent apyrétique) montrera qu’il s'agit bien d'un accès paludéen dysentérique. Il est possible, d’ailleurs, comme le pensent beaucoup de médecins, que souvent les symptômes observés soient dus à une association de la dysenterie et du paludisme. C’est à l’examen microscopique à trancher cette question. La constatation de l' Entamœba histolytica ou du bacille de Chantemesse-Shiga dans les selles apporterait un élément décisif au problème.

La dysenterie chronique peut être confondue avec des étals morbides assez variés : avec la diarrhée de Cochinchine ou diarrhée chronique des pays chauds, dont il n’est pas toujours facile, quand le malade est cachectique, de la distinguer. Cependant la dysenterie chronique a toujours débuté par une période aiguë, dans laquelle les commémoratifs permettront de retrouver les épreintes et le ténesme qui n'existent pas dans la diarrhée chronique. L’heure matinale à laquelle se produisent les selles dans cette dernière affection, l’étal du foie, diminué dans la diarrhée chronique, généralement normal dans la dysenterie, les caractères des selles, la présence d’aphtes dans la bouche ou sur la langue, fourniront de bons éléments de diagnostic.

La bilharziose, à forme intestinale, rentre dans le cadre des fausses dysenteries ; les selles v simulent à s’y tromper celles

de la dysenterie. L’examen microscopique des matières fécales, la présence des œufs de llilharzia, et d’autre part la concomitance, chez le malade, d’hématuries permettront de faire le diagnostic.

Le cancer de l’S iliaque s’accompagne parfois de diarrhée sanguinolente à l’aspect lavure.de chair. Les obstructions succédant aux débâcles, l’empâtement de la fosse iliaque gauche ou la constatation d’une tumeur lèveront toute difficulté.

L’ingestion, volontaire ou non, de certaines graines dans les régions intertropicales peut déterminer des diarrhées très intenses rappelant lés symptômes de la dysenterie. Ces graines sont fréquemment absorbées dans un but de simulation, pour obtenir une admission à l’hôpital. Les injections sous-cutanées de sels mercuriques sont utilisées également par les forçats dans le même but.

Diagnostic bactériologique de la dysenterie.

La dysenterie peut être amibienne ou bacillaire (1). La technique microscopique diffère dans les deux cas.

A. Dysenterie amibienne. — Nous indiquerons plus loin (page 333) comment il faut procéder pour recueillir les matières fécales suspectes.

Lorsque les selles contiennent des amibes, ces amibes se montrent à l’examen microscopique sous l’aspect suivant. Ce sont des corps mesurant 12 à 30 p., irrégulièrement circulaires, visqueux et grossièrement granuleux; ils portent un ou plusieurs prolongements larges, mousses, arrondis, se formant et disparaissant rapidement, donnant ainsi au corpuscule, qui à l’état de repos est plus ou moins rond, une forme ovalaire, pi ri forme ou irrégulière. Les prolongements qui modifient ainsi la forme des amibes consliluent les pseudopodes.

(1) Il existe également des dysenteries mixtes (amibiennes et bacillaires'.

Ces protozoaires parasites présentent à leur intérieur un noyau arrondi, vésiculeux, nucléole, incolore, et quelquefois plusieurs vacuoles (de 2 à 10), de dimensions variables, irrégulières. Craig et Jürgens considèrent ces vacuoles comme indiquant la dégénérescence des amibes.

Le protoplasma des amibes de la dysenterie se divise très nettement en endoplasme et en ectoplasme (1).

Ce dernier est très réfringent (Kg. 20).

Lorsqu’il se forme des pseudopodes, on voit apparaître en un point quelconque du corpuscule une saillie légèrement arrondie, transparente, hyaline, nettement délimitée d avec le reste du protoplasma granuleux ; cette saillie se rétracte bientôt. D’autres fois, au contraire, elle augmente et finit par constituer un prolongement digitiforme, dont la longueur peut atteindre et même dépasser celle du corps de l’amibe qui se rétracte en même temps sur un autre point. Il se produit ainsi des mouvements de reptation (2).

Souvent aussi l’endoplasme se répand brusquement dans le pseudopode et b* remplit de plus en plus. La forme de

Fig. 20.

Amibes dysentériques vues dans les selles fraîches. L’endoplasme est bourré de globules rouges et de débris cellulaires (Vérick, Obj. 8, Oc. 3), d’après Dopter.

(1) On désigne sous le nom d’endoplastne la portion centrale du protoplasma. Lel.te partie est toujours un peu granuleuse et renferme le noyau. Elle se distingue plus ou moins nettement de la partie périphérique du protoplasma, qui ne renferme pas de granulations, qui a un aspect plus réfringent et que 1 on désigne sous le nom d’ ectoplasme .

(2) Pour bien se rendre compte des mouvements amiboïdes, il est bon d examiner au microscope et de dessiner plusieurs fois la même amibe, à des intervalles de une à deux minutes par exemple; on se rend par ce moyen parlaitement compte des changements de forme du parasite.

Maladies Iropieales. g

s’il y a plusieurs prolongements.

Les pseudopodes se forment et disparaissent avec rapidité, beaucoup plus vite que les prolongements arnibo'ides des leucocytes. Leurs extrémités sont toujours mousses et arrondies, jamais pointues ni filiformes^ Les amibes perdent assez rapidement leur mobilité et deviennent alors méconnaissables. 11

est donc important de les rechercher avant le refroidissement des selles, que certains auteurs conseillent même de recueillir dans un vase chauffé. Cene.nda.nl Vincent a constaté, nue les

xi uaioic mina j murs nu, ci i cuti nui mai ci |j(iuiuiu^u|uc. uiil*

grande quantité d’amibes d’espèces différentes, dont la plus commune est l’ Amœba roli. D’après Schaudinn, qui a récemment publié un travail très complet sur l’amibe pathogène de la dysenterie, VA. colt de Loesch n’a aucune action spécifique

Jürgcns, à laquelle il donne, en raison de son action désorganisante sur les tissus, le nom d ’Entamœba histoly'tica, qui est pathogène dans cette affection. Elle a un mode de développement si différent de celui de VA. coli . qu’il y a lieu, d'après lui, d'en faire deux espèces différentes.

L’endoplasme de cette amibe, granuleux, d’aspect vitreux, filant et visqueux, est nettement différencié de l’ectoplasme: il contient un noyau excentrique vésiculeux, difficile à distinguer, mais rendu plus net par l’addition d’acide acétique. 11 y a parfois un nucléole.

Le noyau ne devient net que lorsque le parasite est sur le point de mourir. Cette amibe conserve sa mobilité pendant plusieurs heures. Dans des tubes capillaires, elle vit jusqu’il deux jours. On peut la retrouver même dans les selles moulées, à condition de diluer ces dernières dans l’eau salée physiologique.

Eau 1000

Sel marin 7

MH

h’Ent. histolytica si1 rencontre seulement dans la dysenterie tropicale. L’ Entamœba coli (Lœsch), très répandue, vil dans l’intestin normal. Los deux variétés peuvent donc se rencontrer sur le même malade. Dans les selles de différents individus, Seliaudinn a trouvé 260 fois Y Eut. coli , non pathogène, sur 385 échantillons.

Par contre. YEnt. histolytica n’a éLé vue par Seliaudinn (jue dans 12 cas de dysenterie tropicale. Elle est pathogène pour le chat (1).

Caractères différentiels de l'Entamœha coli et de ï Entamœba histolytica. — Dans YEnt. coli , l'ectoplasme esl faiblement réfringent, peu distinct: par suite de leurs grandes dimensions, les formes kystiques s’observent facilement. Au contraire, l'amibe dysentérique possède un ectoplasme très net et plus réfringent que l’endoplasme. Cette amibe peut, grâce à sa viscosité, s’insinuer entre les cellules épithéliales ou les libres de la couche musculaire, ce que l’amibe non pathogène ne peut faire par suite de la mollesse de ses pseudopodes.

Le noyau de Y Eut. histolytica est excentrique, mal différencié do l'endoplasme, homogène, peu réfringent; les formes kystiques du parasite sont difficiles à observer, par suite de leurs faibles dimensions (3 à 7 p.).

On choisira pour l’examen microscopique les portions muco-sanguinolentes ou muqueuses des selles. Quand les selles sont solides, on les délaiera dans de l’eau physiologique. On emploiera le procédé de la gouttelette suspendue, ou de la goutte épaisse, pour éviter toute compression et toute dessiccation. De minuscules boulettes de cire, mises aux quatre coins de la lamelle rouvre-objet, et que l’on peut aplatir plus ou moins pour rapprocher cette lamelle de la lame, permettent d’obtenir une préparation de l’épaisseur que l’on veut; mais

(I) D’après Jiirgens. Ylintamœba histolytica injectée dans le rectum du chat provoque des phénomènes dysentériformos, tandis que le bacille dysentérique injecté dans les mêmes conditions est inoü'ensif.'' Au contraire, l’inoculation sous-cutanée au lapin du bacille de Shiga provoque chez cet animal une dysenterie typique (Dopler).

ou peut aussi recouvrir simplement la goutte à examiner d’une lamelle, en ayant soin de ne pas écraser les amibes.

On trouve parfois des cristaux de Charcot-Leyden dans les selles de la dysenterie amibienne (Kartulis).

Tout récemment, Lesage (1) a réussi à cultiver ces amibes. Il prélève du mucus en recherchant dans chaque prise les amibes vivantes. Ce mucus chargé d’amibes est ensemencé sur de la gélose simple (en tubes inclinés ou en boîtes de Pétri) bien lavée à l’eau pendant huit jours et stérilisée. La culture se fait à 18°-25°. Elle réussit environ une fois sur quatre. On peut encore ensemencer, de la même façon, du mucus desséché à 18°-25° pendant quelques jours le long des parois d’un verre à pied stérilisé, contenant un peu d’eau.

La dysenterie, amibienne est plus fréquente dans les pays intertropicaux, mais elle peut néanmoins s’observer dans tous les climats. Elle est caractérisée cliniquement par sa durée relativement longue, avec tendance à la chronicité, la fréquence des abcès du foie, la mortalité relativement moindre, ou tout au moins à échéance plus longue. Elle est endémique, mais peut être aussi sporadique ou épidémique.

B. Dysenterie bacillaire. — La dysenterie bacillaire se caractérise, au point de vue anatomique, par de la nécrose de coagulation de la muqueuse intestinale. Celle-ci est infiltrée de nombreux bacilles, qui font défaut dans la sousmuqueuse épaissie (Flexner).

L’affection est caractérisée cliniquement par son évolution rapide et par la grande rareté des abcès du foie, même dans les pays chauds.

La technique du diagnostic bactériologique de la dysenterie bacillaire repose sur l’emploi d’une gélose spéciale, gélose laclosée tournesolée : gélose de Wurts , que l’un de nous, a indiquée il y a douze ans et qui est le point de départ d'un certain nombre de méthodes plus ou moins perfectionnées

(1) Lesage, Ann. de l’Institut Pasteur, 1905, p. 116.

permettant de séparer, dans les selles, le Jiacteriurn co(i, le bacille d’Eberth et le bacille de la dysenterie.

Nous décrirons celle de ces méthodes qui est la plus simple à suivre, et qui est connue sous le nom de méthode de Drigalski et Conradi.

Formule de la gélose de Drigalski pour le diagnostic précoce de la fièvre typhoïde cl, de la dysenterie bacillaire :

1° Eau 2000

Viande 1 000

On met à l’autoclave, une heure à 115°(1).

On filLre et l’on ajoute :

2° Peplone Witte 20 grammes.

Nulrose 20 —

Sel marin 10

On met à l’autoclave une heure à 115°. On filtre et l’on ajoute :

Gélose , 60 grammes.

On met à l’autoclave une heure à 115°, puis on ajoute 300 centimètres cubés de teinture de tournesol du commerce.

On met à l’autoclave dix minutes à 100°. Il ne faut pas dépasser la température de 100°, sans quoi il y aurait décoloration dt; la teinture de tournesol.

On ajoute : lactose, 30 grammes, et on chauffe un quart d’heure à 100°, puis G centimètres cubes d’une solution de soude au dixième et t centimètre cube d’une solution au millième de Krystal violet. On filtre' sur papier Chardin, et on

(1) Les bactériologistes allemande remplacent actuellement de façon courante la macération de viande par le bouillon Liebig en solution à 10 p. 1000.

La formule est alors:

Eau 2000 centimètres cubes.

Bouillon Liebig 20 —

l’eptone Witte 20 grammes.

Nutrose 20 —

réparti!, la masse violette dans des tubes à essai ou dans des (ioles do 200 grammes. Un stérilise pour la dernière l'ois, quinze minutes à llo°.

La nutrose et le Krystal viole! servent à entraver le développement des saprophytes.

On emploie ce milieu solide, coloré, dans des boites de Pétri, où on le coule après liquéfaction préalable. Un perfectionnement récemment introduit dans celle technique consiste en l’emploi de très grandes boîtes de Pétri, ayant 20 centimètres de diamètre. Elles exigent plus de, gélose, 200 grammes environ, mais, précisément pour cette raison, elles ne se dessèchent pas sur les bords (1).

A leur défaut, on pourra employer les boîtes de Pétri ordinaires. Il ne faut pas oublier avant l'ensemencement

(1) La formule suivante, duc à Endo, est substituée actuellement en Allemagne à celle do Drigalski pour la recherche du bacille typhique. Elle pourrait s’appliquer également au bacille de la dysenterie :

Gélose de Endo.

Viande de bœuf hachée

Eau

Sucre de lait pur

SoluLion saturée de fuchsine

Solution de sulfite de soude à 10 p. 100

Soude caustique à 10 p. 100

Agar

Sel marin

Pcptone

On porte longtemps à l’ébullition la viande, l’eau, la peplone, l’agar et le sel. On filtre, on neutralise, et on ajoute ensuite la solution à 10 p. 100 de soude afin d’alcaliniser, puis le lactose et la fuchsine, enfin le sulfite de soude. Le milieu, d’abord rouge, se décolore quand la gélose fait prise. On met en tubes préalablement stérilisés et on stérilise une demi-heure à 100°.

La solution de sulfite de soude doit être laite exlomporanéincnt.

Les tubes remplis doivent être tenus à l’abri de la lumière.

On les verse au moment de s’en servir dans des boites de Pétri qu’on laisse découvertes un quart d’heure dans un endroit à l’abri des poussières de l’air. Elles doivent être transparentes et incolores. On ensemence à la baguette de verre. Les colonies du groupe colibacille sont colorées en rouge. Les colonies des espèces microbiennes qui ne dédoublent pas le lactose restent incolores.

«ressuyer, avec du papier buvard ou avec un tampon d’ouate stérilises, l’eau de condensation abondante qui se dépose en gouttelettes sur le couvercle du cristallisoir, et qui empêcherait! l’examen systématique de la plaque.

La plaque une l'ois solide et bien visible par transparence, il s’agit de pratiquer l’ensemencement.

Pour cela, on emploie une baguette de verre ordinaire, du calibre de celles qui portent les fils de platine, et recourbée à une de scs extrémités à angle droit, sur une longueur de 4 à 5 centimètres environ; après l’avoir stérilisée à la

flamme, et l’avoir bien laissée refroidir, on enduit avec le lil de platine la partie recourbée avec les matières suspectes, en ayant soin d’en mettre aussi peu que possible, et l’on promène à la manière d’un pinceau cette partie recourbée de la baguette de verre sur la plaque de gélose.

On met à l’étuve à 37° et déjà au bout de douze heures on pourra faire un diagnostic différentiel; les colonies de bacille d’Eberlh et 'celles du bacille de la dysenterie restent bleues;! celles du Bacterium coli deviennent rouges, par dédouble-’ ment du lactose et formation d’acide lactique.

Le bacille de la dysenterie, décrit par Ghantemesse et Widal en 1888 et différencié en 1897-1898 par Sbiga, avec les moyens perfectionnés dont on disposait alors, est un bâtonnet court, arrondi aux extrémités, à mouvements lents, ressemblant beaucoup au bacille d’Lbertb par sa forme et donnant aussi des formes d’iuvolulion.

Il n’a pas de spores, et se décolore par lé Gram. 11 ne liquéfie pas la gélatine. Sur ce milieu, il donne des colonies à contours nets, jaunâtres, finement granuleux, d’aspect lolié. Les colonies superficielles et les colonies développées dans la profondeur ont sensiblement le même - aspect. Au bout de quelques jours, la partie centrale devient plus foncée, la partie périphérique restant claire.

Sur gélose, il forme au bout de vingt-quatre heures des

colonies arrondies, humides, bleuâtres par transparence, prenant ensuite des formes irrégulières.

Sur pomme de terre, il forme un enduit peu visible, sec, blanc, devenant brun rougeâtre au bout de quelques semaines.

11 ne coagule pas le lait, ne donne pas d’indol, ne rougit pas la gélose lactosée tournesolée.

Le bacille dysentérique est agglutiné par le sérum des dysentériques. Inoculé sous la peau du lapin, il provoque chez cet animal une dysenterie typique.

On trouvera page 120 un tableau résumant brièvement les principales propriétés biologiques du bacille de la dysenterie épidémique ou bacillaire.

On trouve le bacille dysentérique dès la fin du premier septénaire à l’état presque pur, dans les selles muco-sanguinolcnles fraîches. 11 faut éviter de le rechercher après une purgation, qui favorise le développement des saprophytes de l’intestin (B. coli principalement). Dès le début de la maladie, il est difficile de l’isoler des selles. 11 en est de meme pendant la convalescence, alors que les selles sont redevenues molles et jaunâtres.

On a isolé des selles dysentériques d’autres bacilles qu celui que nous venons de décrire. Quoique la spécificité d’un certain nombre d’entre eux soit encore très contestée, el bien que l’on pense que certains autres se rapprochent beaucoup du bacille de Chantcmesse-Shiga, nous donnons ci-après un tableau comparatif des principales propriétés de bacilles, tableau qui est emprunté en partie à la thèse de Mlle liroïdo.

DIAGNOSTIC DES ABCÈS DU FOIE

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