DIAGNOSTIC DES ABCES DU FOIE
Le diagnostic des abcès du foie esl en général difficile. Il est quelquefois facilité par la position de l’abcès, par les commémoratifs (séjour dans les pays à dysenterie), par la connaissance d’une dysenterie antérieure, ou existant encore au moment où l’on examine le malade. Quant au diagnostic de siège, de nombre, de volume, il est hérissé de difficultés, que Bertrand a bien indiquées, en disant « qu’il est cent fois plus difficile de trouver un abcès du foie que de l’ouvrir ».
Les signes qui doivenl plus particulièrement attirer l’attention sont : la douleur avec ses diverses irradiations : douleur de l’épaule droite, pouvant gagner le bras et la main, parfois s’irradiant vers la région claviculaire el le cou. La « douleur en bretelle » de Bertrand et Fonlan s’étend sans interruption du foie à la clavicule.
Cette douleur de l’épaule droite n’esl pas spéciale à l’abcès du foie, loin delà. Elle s’observe dans la lithiase biliaire, l’entéro-colitc des pays chauds, les tumeurs du foie, les abcès sous-phréniques, les pleurésies sous-diaphragmatiques el aussi dans la conges lion du foie.
La dyspnée, une loux sèche et quinteuse, le hoquet, les nausées et les vomissements bilieux, de la constipation opiniâtre alternant avec la diarrhée sont des signes à rechercher dans l’abcès du foie. L’ictère y est peu fréquent. Quant aux signes physiques, ils montrent, mais pas toujours, que le foie est augmenté de volume.
A l’inspection, on pourra observer une voussure, quelquefois l’élargissement des espaces intercostaux des septième et huitième côtes, parfois de l’oedème de la paroi.
La palpation et la percussion délimiteront l’augmentation de volume de la glande. Dans les cas d’abcès arrivés à la surface du foie, on peut observer de la fluctuation. La
main ou l’oreille appliquée sur la paroi perçoit parfois une sensation de crépitation (inc, analogue au craquement de la neige gelce sous le pied.
Mais, dans bon nombre de cas, l’examen physique ne donne rien. Rien n’attire même l’attention du médecin sur le foie, sauf une tuméfaction diffuse, telle qu’on l’observe dans beaucoup de maladies infectieuses, dans la fièvre typhoïde, l’embarras gastrique fébrile, la grippe, la tuberculose aiguë même. 11 peut arriver qu’une dysenterie évoluant fasse passer l’abcès inaperçu. 11 peut même n’y avoir aucun symptôme, ainsi qu’on en a rapporté des cas; la mort subite, par ouverlure de l’abecs dans le péricarde, le péritoine ou dans les voies aériennes, étant le premier et le seul symptôme révélateur de l’abcès.
Si la tuméfaction est surtout accentuée du côté du thorax, les affections avec lesquelles on pourra confondre l’abcès du foie sont celles du poumon et de la plèvre.
On a souvent pris pour une pleurésie diaphragmatique une pneumonie ou pour un abcès du lobe inférieur du poumon droit un abcès de la région postéro-supérieure du foie. En général, dans les pays chauds ou chez les malades rapatriés, toutes les fois que l’on constatera par la percussion et par l’auscultation de la submatité, avec voussure du gril costal, de la congestion de la base du poumon droit, en arrière, avec affaiblissement du murmure respiratoire et souffle, il faudra penser à l’abcès du foie, surtout si ces symptômes sont accompagnés ou ont été précédés de dysenterie ou de rectite. Dans les pays chauds, on a tendance à prendre l’affection thoracique pour une hépatite. C’est l’inverse dans les hôpitaux métropolitains. Le tableau suivant, emprunté à Corre, donne les éléments principaux de la différenciation.
DIAGNOSTIC DES ABCÈS DU FOIE
ABCES DU FOIE.
PLEURESIE AVEC ÉPANCHEMENT.
Frissons irréguliers au début.
Fièvre rémittente ou continue.
Toux sèche.
Déformation thoracique.