I. DIAGNOSTIC DU LATHYRISME
Le lathyrisme est ua empoisonnement alimentaire causé par l'ingestion des graines de différentes variétés de Lathyrus : Lathyrus cicerci ou Lathyrus sativus (gesse ou jarosse; en kabyle, djelber). En ce qui concerne les pays liaudsc, c’est surtout en Kabylie qu’on l a observé, sous forme épidémique.
L’affection est caractérisée, au point de vue clinique, par un tabes spasmodique chez l’homme et par du cornage paralytique chez les animaux. Elle débute par de la gène de la marche, de la trémulation des jambes, par des troubles de la sensibilité (hyperesthésie, puis anesthésie),’ des fourmillements, des irradiations douloureuses dans les membres ou par des douleurs en ceinture.
A la période d’état, le lathyrisme donne au malade une démarche caractéristique ; les jambes raides et tendues, en extension forcée, se meuvent tout d une pièce autour de la hanche. Il y a des contractures, les amyotrophies sont rares et tardives et les réflexes sont exagérés. Les membres supérieurs l’estent indemnes.
Le diagnostic du lathyrisme est facilité par les circonstances dans lesquelles il se produit et par sa distribution géographique limitée. C’est surtout avec le béribéri sec, qui, comme on le sait, donne lieu à des troubles du système nerveux périphérique, qu’on pourrait le confondre. On se basera sur les caractères différentiels suivants :
Dans le béribéri, la paraplégie est Masque, il y a paralysie des extenseurs, diminution ou abolition des réflexes, et en particulier du réflexe patellaire. On n’y observe pas de contractures.
Dans le lathyrisme, les réflexes sont exagérés ; la démarche est spasmodique; il existe une trémulation musculaire, sur- Maladies tropicales. 12
venant à l’occasion des mouvements volontaires, ou que l’on peut provoquer en frappant les muscles avec la main. 11 n’v a ni œdèmes, ni troubles cardiaques, symptômes qui ne font presque jamais défaut, même dans la forme sèche du béribéri.
La paralysie spinale syphilitique présente un tableau clinique qui est presque calqué sur celui du lathyrisme; elle (>n sera différenciée par le caractère d’épidémicité de celte dernière affection et aussi par la constatation d’antécédents syphilitiques chez les malades.
La pellagre, au début seulement, pourrait être confondue avec le lathyrisme (Yoy. p. 181).