‹ Diagnostic et séméologie des maladies tropicalesChapitre 88 sur 194 · POISSONS VÉNÉNEUX A L’ÉTAT FRAIS · texte numérisé non relu

POISSONS VÉNÉNEUX A L’ÉTAT FRAIS

Dans les mers des tropiques et principalement dans les mers des Antilles, il existe un certain nombre d’espèces de poissons dont la chair, même à l’état frais, entraîne des accidents d'empoisonnement. Le diagnostic de ces empoisonnements, en présence des commémoratifs, n’olfre aucune difficulté. Rappelons simplement que le tableau symptomatique rappelle de très près celui de l’intoxication par les champi-

gnons : vomissements, diarrhée, politesse du pouls, hypo thermie.

Aux Antilles, la fausse earangue, la spliyrène et diverses espèces de la famille des labroïdes, les perroquets de mer, ont une chair vénéneuse; des accidents, quelquefois mortels, ont été observés à la suite de l’ingestion de leur chair, même lorsque le poisson était mangé immédiatement, au sortir de l’eau. La putréfaction, qui est si rapide dans les climats tropicaux, ne peut donc pas être mise en cause.

La sardine dorée, qui habite également la mer des Antilles, devient dangereuse à l’époque du frai. On croit que sa chair est toxique d'après les parages qu elle fréquente et suivant son genre de nourriture. A la Martinique on la mange, tandis qu’à la Guadeloupe et à Saint-Domingue elle est considérée comme malsaine. Il en est de même de la sardine du S.énégal, qui peut à certains moments donner lieu à des accidents assez graves.

En Océanie la melette (. Meletla venenosa ), peu différente du genre de la sardine, a donné lieu à plusieurs empoisonnements à bord des stationnaires de la Nouvelle-Calédonie. Les melettes grillées sont toxiques ; bouillies, elles sont inoffensives; les Canaques jettent l’eau qui a servi à faire bouillir le poisson et qui est chargée d’un principe toxique.

Le Sestiricus mambo, qui habite également le Pacifique, peut occasionner des accidents : vomissements, coliques, diarrhée fétide, avec grande faiblesse des jambes, rendant la marche et la station debout très difficiles. D’après Dormay, on observe toujours de la rougeur de la langue.

Les phénomènes d’intoxication portent principalement sur l’appareil digestif: sensation de chaleur de la région stomacale, vomissements, diarrhée ou constipation consécutive. Il y a constamment de la dilatation des pupilles et parfois des troubles de la vue. Des symptômes qui ne manquent presque* jamais sont des douleurs articulaires assez vives. La dysurie, des désirs vénériens, la congestion utérine qu’on observe montrent que les organes génito-urinaires sont également

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