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TECHNIQUE DE L'EXAMEN DES GLOBULES

Cet examen peut être fait aux quatre points de vue suivants :

1° Numération des hématies;

2° Mensuration de la quantité d’hémoglobine contenue dans le sang;

3° Numération des leucocytes;

4° Recherche des parasites.

Technique de la numération des hématies. — On a l’habitude de rapporter la numération des globules rouges du sang à 1 millimètre cube. Le sang normal renferme S 000000 de globules par millimètre cube.

Le sang obtenu par piqûre du doigt doit être dilué pour -être examiné, car le nombre des globules serait trop grand pour que ces derniers puissent être facilement comptés.

Pour obtenir une dilution convenable, on peut se servir du

EXAMEN DU SANG

mélangeur de Poiaiii. Cet instrument, qui est contenu dans la boîle <lc l’hématimètre <l«* Malassez, est composé d’une pipette capillaire, portant une ampoule d’une contenance de 1 OU millimètres cultes. Le tube capillaire, de son extrémité à l’ampoule, contient 1 millimètre cube; il est divisé en 1/2 et 1/4. Cette pipette est munie, à son extrémité supérieure, d’un tube de caoutchouc servant à l’aspiration.

On aspire sur la peau même du sujet la goutte de sang obtenu, jusqu’à ce qu’elle vienne affleurer à la division sousampullaire; on a ainsi 1 millimètre cube de sang. Pour le diluer, on aspire dans la même pipette une solution clc sulfate de soude à 5 ou 6' p. 100, jusqu'à ce que le mélange vienne affleurer la division marquée au-dessus de l'ampoule, et l’on secoue le tube, maintenu par ses deux extrémités entre le pouce et l'index, de façon que la petite perle de -verre, qui se trouve dans l'ampoule, mélange bien convenablement sang et liquide de dilution. On a ainsi une dilution sanguine à I p. 100; en ne prenant que 1/2 millimètre cube de sang, on aurait de même une dilution à 1/200, etc.

Une goutte de cette dilution est alors portée sur la lame graduée de l’bématimètrc de Malassez.

Cet instrument se compose d’une lame de métal nickelé, percée en son centre d’une fenêtre ronde, fermée par une petite lame de cristal. Cette lame de cristal, qui est établie exactement au niveau de la lame métallique, est entourée d'une petite rigole circulaire et porte à sa face supérieure des divisions quadrillées, limitant des espaces de 1/4 de millimètre de long sur I/o de millimètre de large, ce qui leur donne 1/20 de millimètre carré.

Sur la lame métallique, trois petites vis dépassent d'une quantité exactement réglée à I/o de millimètre; enfin un petit appareil compresseur sert à appliquer exactement sur la tète des trois vis une lamelle, qui doit être d’une certaine épaisseur pour être parfaitement plane et suffisamment résistante.

Une goutte de sang dilué est donc portée sur la lame de

cristal graduée cl la lamelle, avec son compresseur, appliquée par-dessus. On introduit entre celle dernière et la lame métallique une goutte d’eau afin d’empêcher l'évaporation; cette goutte d’eau, arrêtée par la gouttière, n’ira pas fausser le titre connu de la solution de sang.

Il ne reste plus qu’à porter l’appareil sous un microscope et à compter le nombre de globules contenus dans un des carrés. On peut, pour plus d’exactitude, en compter plusieurs et prendre la moyenne.

Fig. 38. — A, mélangeur de Potain ; B, hématimètre de Malassez.

Le nombre de globules est celui que contient un cube de 1/20 de millimètre de base sur 1/5 de millimètre de hauteur, soit dans un cube de 1/100 de millimètre. Si la dilution a été faite à 1/100, ce sera donc le nombre de globules contenus dans 1/10 000 de millimètre cube et, pour avoir le nombre de "■lobules contenus dans 1 millimètre cube, il suffira de multi-

plier le chiffre des globules trouvés dans un carré par 10 000, ou d’ajouter quatre zéros à sa droite.

EXAMEN DU SANG

Malassez a remplacé son liémalimèlro, auquel on reprocliait d’offrir des variations assez considérables, par suite de l'oxydation des vis réglant l’épaisseur de la couche de sang, par une lame d un millimètre d’épaisseur, dans 1 intérieur de laquelle est percé un tube capillaire, parfaitement calibré, dans lequel des longueurs données représentent des volumes déterminés. Une graduation, inscrite sur l'instrument, indique la fraction de millimètre cube représentée par les espaces dans lesquels on compte les globules contenus dans la dilution préparée comme pour l’appareil précédent. 11 ne reste plus qu'à multiplier le nombre des globules trouvés par le cbilfre inscrit sur l’instrument et par le taux de la dilution.

Hémoglobinimétrie. — Le nombre des hématies a une certaine importance dans le diagnostic; mais, à côté de ce facteur, il en est un autre, non moins important : c’est la qualité de ces hématies et, en particulier, leur teneur en hémoglobine. Pour mesurer cette teneur, on se sert de l’béinatoscope de Hénocque.

L’hématoscope de Hénocque est basé sur le principe suivant: les raies d’absorption de l'hémoglobine varient de netteté avec l’épaisseur et la concentration de la solution. L’appareil est composé de deux lames, réunies à une extrémité cl séparées à l’extrémité opposée par un espace de 3U0 ;j.. Une goutte de sang, introduite dans l’appareil, est regardée au moyen du spectroscope sous différentes épaisseurs, jusqu’à ce que l’on arrive au maximum de netteté des bandes d’absorption; la graduation inscrite sur l’appareil et les tables qui l’accompagnent donnent, en poids, le titre de l’hémoglobine contenue dans le sang.

L’appareil de Hénocque comprend un petit spectroscope de poche qui permet d’examiner le sang au lit du malade; sa lame hématoscopique permet même de déterminer, plus simplement encore, le taux hémoglobinique d’un sang donné. Un effet, l’auteur a ajouté à son appareil une plaque en métal émaillé blanc, sur laquelle est tracée en noir une échelle dont

SÉMÉIOLOGIE DES MALADIES TKOP1CALES.

le dernier Irait, lisible par Iransparenee lorsqu’on applique au-dessus la lame hémaloscopique, donne la quantité pour 100 d'hémoglobine conlenue dans 1 millimètre cube du sang examiné (diaphanométrie).

L bémaloscope de Jlénocque est l’appareil le plus simple, surtout s’il est employé avec l’échelle diaphanomélrique, et nous ne saurions trop en reeommandei' l’emploi en séméiologie-

Fig. 30. — Iléiuatoscope d’ilénôcque.

D’après Ilénocque, le taux normal de l’hémoglobine contenue dans le sang étant de 13 à 14 p. 100, les différentes anémies sont représentées par les taux suivants :

De 11,5 à 11 p. 100 Début d’anémie.

De 10,5 à 9 — Anémie confirmée.

De 8,5 à 7 — — intense.

De G, 5 à 4,5 — — grave.

De 4 à 3 — — extrême ou cachectique.

Leucocytes. — Numération. — Formules leucocytaires* — Comme dans les maladies de nos climats, la numération des leucocytes et les formules leucocytaires peuvent fournir dans certaines maladies tropicales des éléments importants de diagnostic.

Pour faire la numération des leucocytes dans le sang, on dilue une petite quantité de sang à 1 p. 100, par exemple,

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dans un liquide qui a la propriété de dissoudre les hématies, tout en colorant les noyaux des globules blancs.

Acide acétique 0,50

Eau distillée 100

Dieu de méthylène traces.

et l'on opère la numération dans l’un des b émati mètres précédemment décrits, comme pour les hématies ; les leucocytes étant bien moins nombreux, il faudra les compter dans un nombre plus grand de carrés (50 à 100). Pour la même raison, on peut avoir intérêt à employer une dilution moins étendue, que chacun peut faire varier à sa guise et selon l'instrument dont on se sert.

Nombre normal des globules blancs chez l'adulte , par millimètre cube de sang .

D'après Engel

— Samuel

— Welcker . . .

— Molescliolt .

— Thoma et Lyon

D’après Malassez .

— Duféric . .

— Grancher.

— Sénator..

— Reinecke.

3 000 à 6 000 6 000 (moy.) 7 300

On compte également qu’à l’état normal il y a un leucocyte pour 750 hématies.

Lorsque le nombre des globules blancs est au-dessous de la normale, on dit qu’il va leucopénie ; s'il est au-dessus, il y a au contraire leucocytose.

Nous rappellerons brièvement qu'il existe dans le sangnormal trois espèces de leucocytes :

1 0 Les lymphocytes à noyau globuleux, non déchiqueté, se colorant fortement, ayant un proloplasma sans affinité colorante spéciale, réduit à une bande très étroite et à peine visible. Leur dimension, comparable à celle d’une hématie, est de 13,5 p. à 0 p..

2° Les mononucléaires ayant le même aspect, mais beaucoup plus grands, 15 à 20 p. dans le sang, jusqu'à 30 p. dans le tissu conjonctif; leur protoplasme, qui est beaucoup plus

étendu (j ue celui des lymphocytes, n’a pas d'affinités colorantes spéciales, quoique légèrement basophile.

3° Les polynucléaires , qui constituent la majorité des cellules blanches, ont un noyau découpé, anfractueux, semblant quelquefois séparé en deux ou plusieurs masses, lesquelles sont toujours en réalité reliées l’une à l’autre, par un (dament de chromatine.

Leur protoplasma renferme des granulations qui ont des affinités spéciales pour différents colorants et, selon que ces granulations retiennent les couleurs acides, basiques ou maîtres, on divise les polynucléaires en éosinophiles, neutrophiles, basophiles ou Mastzellen.

Les granulations acidopbiles des polynucléaires éosinophiles sont beaucoup plus grosses que les granulations des neutrophiles et forment de véritables amas de gros grains autour du noyau, tandis que les granulations neutrophiles forment un semis très lin, dont la coloration donne un aspect presque uniforme au protoplasma.

A côté de ces éléments normaux du sang, on rencontre dans quelques cas des éléments anormaux; ce sont des myélocytes, éléments de la moelle osseuse, qui dans certaines affections graves passent dans le sang (leucémie myélogène, variole grave). Ce sont de grands leucocytes de JO à 23 p,, à noyau monolobé, volumineux, vésiculeux, non déchiqueté, se colorant plus faiblement que le noyau des leucocytes normaux et à protoplasma possédant des granulations, soit neutrophiles, soit acidopbiles.

Pour distinguer les differents globules blancs, on se procure du sang par piqûre du doigt, du lobule de l’oreille ou de l'orteil chez les enfants. On applique une lame bien nettoyée, lavée soigneusement à l’alcool et passée à la flamme, sur la seconde goutte obtenue et, avec la tranche d’une carte de visite ou d’une lame rodée (l), on l’étale rapidement en

(1)11 est facile de roder soi-même une lame en usant un des petits côtés sur une pierre plate et dure avec un peu d’eau. La goutte de sang étant posée sur

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io:;

couche la plus mince possible. La mince pellicule ainsi déposée doit sécher presque instantanément.

On lixe alors la préparation à l’alcool absolu, cinq à dix minutes, et on la traite, soit par le mélange éosinc-blcu- Borrel de Laveran, soit par la méthode de Nocard, soit par l'éosine et l'hémaléine.

Les deux premières méthodes sont plus spéciales à la recherche des parasites; nous ne décrirons ici que la coloration à l hématéine-éosine.

Après fixation à l’alcool absolu, on fait agir cinq à dix minutes l’hématéine ainsi préparée :

Solution A.

v Hématéine.

( Alcool à 9:;°

1 gramme.

100 grammes.

Solution B.

( Alun

( Eau distillée bouillante.

üO grammes.

Faire dissoudre.

Mêlez les deux solutions à chaud en versant très lentement la solution alcoolique dans la solution d'alun, laissez reposer, filtrez.

Cette solution doit être préparée quelques jours à l’avance, car elle demande à être un peu vieillit'.

Après avoir fait agir l'hémaléine, vingt à trente minutes, on lave et on fait agir une solution d’éosine <à 1 p. 1 00 pendant cinq minutes environ.

Par les procédés ci-dessus, on obtient une différenciation des granulations basophiles et éosinophiles, mais les granulations neutrophiles, ne trouvant pas, dans ce mélange, de colorant neutre, se colorent à l'éosine, ce qui a fait dire à quelques

auteurs (Kantack, Ilardy, Dominici) qu’il n’existait pas de granulations neutrophiles et a Ma ri no que les polynucléaires

la lame, on met l’extrémité rodée de la seconde lame en contact avec la goutli'lette de sang, de façon que celle-ci s’étale sur toute la largeur de la lame, et l'on passe une seule fois d’un in mvement régulier la seconde lame d’un bout à l’autre de la première. Une bonne préparation de sang demande u e main exercée.

se divisaient simplement en polynucléaires à grosses granulations et en polynucléaires à petites granulations.

Pour obtenir la coloration neutre des granulations neutrophiles, il faut employer le mélange Iriacide d’Ehrlich. On commence par lixer le sang par la chaleur à 120°-i30°, pendant dix à douze heures (pratiquement, une heure est suflisante), puis on fait agir pendant dix minutes le Iriacide d'Ehrlich formé par le mélange des deux solutions suivantes :

Solution saturée d’orange G (1) 13 cent, cubes.

— — de fuchsine acide. . . 6 —

Eau distillée 15

Alcool 15

Solution saturée de vert de méthyle. 12 cent, cubes.

Alcool 10 —

Glycérine 10

et on lave à l'eau courante.

Par celle méthode de coloration, les éosinophiles présentent des granulations licitement rouges, les neutrophiles ont un protoplasma violacé et les basophiles un protoplasma gris bleu.

Nous savons compter les globules blancs dans une quantité de sang déterminée, nous savons les colorer pour les reconnaître et les différencier les uns des autres. Connaissant le nombre total des leucocytes, il nous sera facile d’en déduire le nombre de chaque espèce en les notant sur des préparations séchées et colorées. Cette numération par espèces doit être faite sur un nombre d’au moins 400 à 500 leucocytes, afin d’éviter les causes d’erreur. Pour les éosinophiles, il faudra compter encore un plus grand nombre de globules; leur quantité étant très faible relativement aux autres espèces (2 à 3 p. 100), les causes d'erreur sont beaucoup augmentées.

On comptera les leucocytes par champ microscopique etv

(1) Il est préférable d’employer la solution toute laite qu'on trouve dans le commerce.

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pour cela, on pourra employer une platine à chariot à deux mouvements perpendiculaires et portant des graduations, du modèle Sliassnie ou Leilz ; on pourra également se servir des platines mobiles ordinaires, ou même d’un micromètre oculaire <|ui permettra de mouvoir la préparation à la main, tout en repérant ses différents points, quand on la déplacera, afin de ne pas risquer de compter deux fois les mêmes globules blancs.

On emploiera enfin avec avantage la méthode des pellicules •épaisses, dans lesquelles on dissoudra les hématies et qui renfermeront un nombre plus grand de leucocytes à compter dans un seul champ.

La technique de ces préparations est la suivante:

Etalez le sang sur une lame en couche épaisse, avec une -aiguille ; laissez sécher, puis traitez par le mélange suivant :

Formol 2

Eau distillée 100

Acide acétique 0,50

(Reinhohl linge.)

laver et colorer directement à l’hémaléine-éosine ou bien laver, sécher et fixer à 120°, pour traiter par le triaeide d'Ehrlich.

Le tableau suivant indique la proportion des divers leucocytes dans le sang de l'homme à l’état normal.

Pourcentage des divers leucocytes dans le sang de l'homme à l'état normal.

Lymphocytes 20 p. 100.

Mononucléaires 10 à 12 —

Polynucléaires éosinophiles 1 à 3 —

— basophiles 0,5 —

— neutrophiles 63

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