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TECHNIQUE DE LA RECHERCHE DES PARASITES

Les parasites du sang peuvent être d’origine animale : protozoaires, helminthes; ou végétale: microbes.

A. Parasites animaux. — Los parasites que nous aurons à rechercher dans le sang appartiennent d'une façon générale à deux classes : aux helminthes Hilaires) ou aux protozoaires. Un peut les rechercher dans le sang frais, examiné entre lame et lamelle, pour se rendre compte du mouvement des Jilaires ou des trypanosomes, des mouvements amiboïdes des hématozoaires intraglohulaires, ou des mouvements des flagelles dos formes libres de ces hématozoaires. Ce procédé est la méthode de choix, lorsqu'on veut constater rapidement la présence des blaires, des trypanosomes ou des corps à flagelles; les mouvements que les parasites impriment aux globules sanguins les décèlent immédiatement.

Préparations colorées. — Nous avons vu plus haut de quelle façon on doit recueillir le sang chez les malades pour faire des préparations en pellicules minces ou épaisses: on opérera de môme pour la recherche des parasites, en faisant attention à ce fait, que quelques blaires peuvent ne se rencontrer dans la circulation périphérique que pendant la nuit ou pendant le sommeil du malade.

Les parasites peuvent aussi ne pas se rencontrer dans le sang périphérique et on peut être amené à aller les rechercher dans le sang de la rate (Voy. Ponction de la raie). Ils peuvent également se trouver en si petit nombre, qu’on ne les retrouve pas, même sur les préparations épaisses. On doit alors recueillir une certaine quantité de sang soit par saignée, soit par aspiration dans une veine, au moyen d'une seringue. Ce sang est mélangé par moitié à une solution de citrate de soude :

Citrate (le soude 5 grammes.

Chlorure (le sodium 3 —

Eau distillée 300 —

afin d’empêcher la coagulation, et centrifugé avec le petit appareil à main de Krause (1) ; les globules rouges sains, qui

(I) Cet appareil commode et pou encombrant doit exister dans tous les laboratoires coloniaux ot même dans toutes les cliniques.

EXAMEN DU SANG

sont les plus lourds, vont au fond; les globules parasités, un peu plus légers, peuvent se retrouver à la partie supérieure du culot dans la couche blanchâtre leucocytaire, do même que les parasites libres.

Pour ces derniers, le sérum surnageant peut être décanté et centrifugé une deuxième fois; on retrouvera alors les parasites libres mélangés à des leucocytes dans le culot.

Le Danteca proposé de mélanger le sang, à parties égales, avec une solution d’acide acétique à 0,ot) p. 100, de façon à dissoudre les hématies, de centrifuger, de décanter, de laver le culot à l'eau physiologique et de centrifuger de nouveau. Ce procédé, qui semble recommandable, permettrait de reconnaître la présence d'un très petit nombre de parasites inlraglobulaires dans le sang.

Quelque procédé que l'on emploie, les préparations destinées à être colorées doivent être fixées dans l'alcool absolu environ dix minutes et plus longtemps, jusqu’à une heure, si elles proviennent d'un endroit éloigné et ont été faites depuis longtemps.

On devra, pour les lames de sang et surtout pour les parasites non microbiens, rejeter l’emploi de l’alcool-éthcr ; ce fixateur. autrefois très recommandé, a l'inconvénient de dissoudre souvent un peu d'hémoglobine et de laquer les préparations, qui se colorent mal.

Les procédés de coloration varient avec les expérimentateurs ; le meilleur est celui dont on a le plus l'habitude.

Lu ce qui concerne les blaires, les préparations de sang doivent être un pou épaisses. On peut les colorer avec les colorants que l'on emploie pour les protozoaires, mais il vaut mieux se servir de l hématéine cl de l’éosine, comme il a été indiqué précédemment à propos des leucocytes.

Lu ce qui concerne les protozoaires et pour les prépara-

Fig.4-0. — Centrifugeurde Krause.

lions extemporanées rapides, la lliionine phéniquée est très commode.

Solulion saturée de lliionine de Merck (1) dans l’alcool à îS0° 20 cent, cubes.

Eau phéniquée à 2 p. 100 100 —

Ce colorant doit être préparé au moins quinze jours à l’avance; fraîchement' préparé, il donnerait de mauvais résultats.

Parmi les nombreuses méthodes de coloration existantes nous recommandons les suivantes dont l’usage est le plus courant. Chacun pourra se tirer d’affaire avec l’une d’elles el fixer son choix, d’après les colorants qu’il aura à sa disposition ou ses préférences personnelles.

MÉLANGE ÉOSINE-BLEU BORREL (i.AVERAN).

1° Dieu de méthylène à l'oxyde d'argent [Borrel).

Dans une fiole de 130 centimètres cubes environ, on met quelques cristaux d’azotate d’argent, 3 à 5 grammes, et 30 à 00 centimètres cubes d’eau distillée.

Quand les cristaux sont dissous, on remplit la fiole avec une solution de soude caustique non e {fieu rie à 10 p. 1 00 et on agite; il se forme un précipité noir d’oxyde d’argent, qui •est lavé à plusieurs reprises cà l’eau distillée, de manière à enlever l’azotate de soude et l’excès de soude.

On verse alors sur l’oxyde d’argent une solution saturée •aqueuse de bleu de méthylène médicinal de Hochst (solution à 1,50 p. 100 environ), on laisse en contact quinze jours au moins, en agitant à plusieurs reprises (2).

2° Solution d’éosine aqueuse de Hochst à 1 p. 1000.

Mélanger au moment de s’en servir :

(1) Chaque fois qu’il est donné une marque de colorants, c’est que cotte marque est indispensable pour obtenir un bon résultat. Certaines colorations sont impossibles avec des colorants d’une marque quelconque.

(2) Le bleu Borrel gagne en vieillissant ; il faut quelquefois attendre jusqu’à un mois avant de pouvoir s’en servir. 11 vieillit et se bonifie plus rapidement a f’étuve à 37°; il peut se conserver un an et même plus longtemps.

EXAMEN DU SANG

Solution d'éosine à 1/1000 4 cent, cubes

Eau distillée 6 —

Bleu Borrel 1 —

Le mélange ne doit donner qu’à la longue un précipité granuleux; si le précipité se forme trop rapidement, c'est que le bleu ne vaut rien ou qu'il n'est pas assez vieux.

Colorer quinze à trente minutes, aussitôt après mélange des colorants, en ayant soin de ne pas les mettre sur la lame, afin que, s'il se forme un léger précipité, ce précipité ne vienne pas salir la préparation. Une bonne méthode consiste à retourner la lame, la face chargée en bas, dans une boite de Pétri, dans laquelle on averse le mélange, et àappuyer une dos •extrémités de la préparation sur une petite baguette de verre.

Après coloration, laver à grande eau et passer quelques minutes dans une solution de tannin à 5 p. 100, qui peut être préparée d’avance, et à laquelle on a l'habitude d’ajouter quelques cristaux de camphre pour l’empêcher d’être altérée par les moisissures.

Laver à grande eau.

Lorsque l'on a affaire à des parasites se colorant difficilement (certaines espèces de trypanosomes ou corps à flagelles), il est bon de mettre les préparations à colorera l'étuve à 60°. mais il ne faut les y laisser que b à 10 minutes. Il est quelquefois, aussi, avantageux d'ajouter au bain de tannin. 1/10 de la solution d’éosine à I p. 100.

MÉTHODE DE GIEMSA (I).

Azur tt- éosine 3 grammes.

Azur 11 Os1', 8

On dessèche bien le mélange à l'exsiccateur, on porphyrise, on passe au tamis de soie et on dissout, en agitant bien, à 60° dans :

Glycérine 250 grammes.

(Glycérine chimiquement pure de Merck).

(1) La solution de Gieinsa, qui semble actuellement une des meilleures, se trouve dans le commerce. On aura avantage à l’employer ainsi toute faite.

On ajoute :

Alcool méthylique (Kahlbaum I) 250 grammes.

que l'on a chauffé au préalable à 00°. On agi I c bien. On laisse vingt-quatre heures à la température (b* la chambre et on réparlil dans les flacons compte-gouttes.

La solution est prête à servir.

PROCÉDÉ DE NOCARD

Chlorhydrate de bleu de méthylène azur. . . . 0,50

Eau phéniquée à 0,50 p. 100 100

Une goutte de la solution pour 10 gouttes de la solution d’éosine à l’eau (de Max) à 1/4000 (I).

Colorer un quart d’heure.

Traiter après lavage par quelques gouttes de tannin orange de Unna (Grühler) pour colorer les globules.

Pour colorer les corps à flagelles, on abandonne une goutte de sang sur une lame, dans une chambre humide, de dix à quinze minutes, avant d’étaler et de colorer, afin de permettre aux microgamétocytes de pousser leurs prolongements. On suit au microscope sur une autre goutte de sang examinée entre lame et lamelle la formation des flagelles, et I on traite ensuite comme pour une préparation ordinaire.

Nous signalerons en terminant que dans les préparations de sang étalé en couche mince, les parasites, de mémo que les leucocytes, se trouvent plus nombreux à l'extrémité de la traînée obtenue avec la tranche d’une carte de visite ou d'une lame rodée, le volume des leucocytes ou des globules parasités les retenant en dernier.

B. Recherche des parasites végétaux (microbes, champignons) dans le sang. — L’analyse bactériologique du sang peut donner parfois des renseignements utiles et même indispensables au point de vue du diagnostic.

(1) Cette solution perd scs propriétés colorantes au bout de quelques mois.

EXAMEN DU SANG

La technique du prélèvement du sang', praliqué d’une façon aseptique, a été décrite page 187.

Rappelons qu’il est nécessaire de prendre des quantilés de sang' assez considérables pour l'ensemencement, car le sang ne contient en général, quand il est infecté, qu’un petit nombre de germes, assez difficiles à mettre en évidence. Non seulement ces germes sont peu nombreux, mais ils sont doués d'une faible vitalité, ils poussent mal. Les cultures ensemencées avec du sang se développent presque toujours tardivement.

L’analyse bactériologique du sang comprend trois ordres de recherches différents :

Examen microscopique;

Ensemencements dans différents milieux;

Inoculation aux animaux.

Pour pratiquer l'examen microscopique du sang lorsqu'on veut y rechercher des bactéries, on étale le sang par le procédé décrit plus haut, on le fixe en quelques secondes par l’ alcool-éther, et on le colore par la méthode de Gram, ainsi qu’il est indiqué page 29.

Les ensemencements et les inoculations se pratiquent d’après la technique usitée dans les laboratoires et sur les milieux de choix, indiqués, pour chaque microbe, aux chapitres de diagnostic bactériologique.

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