‹ Diagnostic et traitement des abcès du foieChapitre 37 sur 83 · Blocq. Progrès médical · texte numérisé non relu

Blocq. Progrès médical

3. Follin et Duplay, t. 5, p. 755. Traité de Chirurgie, t. 6, p. 318.

cause connue, c'est une tumeur qui se forme lentement et présente une voussure ovalaire, à grand axe vertical et un peu oblique en bas et en dedans, mais dont l'évolution est très fënte (8 mois au maximum).

Celte tumeur, rénitente et mate, étendue entre l'ombilic et l'appendice xiphoïde, à droite de la ligne médiane, se confond souvent en dehors avec la matilé du foie. Elle ne se déplace pas avec les mouvements du diaphragme et rappelle l'abcès du grand droit, dont elle ne diffère que parle siège anatomique plus profond, sous-péritonéal, et non plus sous-aponévrolique ou intramusculaire.

Dans quelques cas les phénomènes généraux du début ont fait songer à une dothiénentério ; dans d'autres, le siège de la douleur, les oscillations de température et l'amaigrissement pouvaient simuler une péritonite tuberculeuse; enfm iors de Tapparition de la tumeur on pouvait croire à un abcès du foie. Le pus souvent fétide se dislingue ainsi de celui de l'abcès du grand droit qui ne l'est pas. Sa couleur parfois rouge-brique a pu donner le change : témoin le fait de Gosselin, qui croyait, à cause de celte couleur du pus avoir ouvert un abcès du foie, et s'assurait par l'exploration digitale du siège pariétal ' et sous-péritonéal de ia collection incisée (1).

Les antécédents, l'évolution toujours lente, le siège de la tumeur, sa forme et ses connexions, son immobilité et sa fluctuation assez nette, l'odeur du pus et sa constitution microscopique : ce sont là tous les éléments d'un diagnostic avec l'hépatite suppurée.

3° Abcès et tumeurs de la vésicule biliaire.

Quand à la suite de coliques hépatiques et de poussées successives d'ictère avec quelques accès de fièvre inter* miHente hépatique, un malade porte une tumeur piri-

• Goselin, Clin, chirurg., t. II, p. 45.

forme, mollasse parfois fluctuante, mobile au début, verticalement située sous le rebord des fausses côtes et descendant plus ou moins vers l'ombilic ou même dans la fosse iliaque, donnant quelquefois la sensation d'un sac de noix, il est évident qu'une dilatation de la vésicule biliaire existe, qu'elle soit produite par de la bile ou de la boue calculeuse ou seulement une hydropisie simple, après oblitération complète et ancienne du canal cystique par un calcul enclavé (1).

Mais si cette tumeur biliaire suppure et qu'il y ait alentour un œdème et un empâtement empêchant une exacte délimitation de la poche, si la douleur est continue, exas pérée par les mouvements, la pression ou une forte inspiration et irradiée vers l'épaule, il sera difficile de la distinguer d'un abcès du foie; d'autant plus que l'hépatite suppurée peut être le résultat d'une cholécystite, ou du moins Tune et l'autre peuvent être les conséquences de la lithiase biliaire.

S'il s'agit, au contraire, d'un abcès tropical, il sera plus aisé de reconnaître l'hépatite et l'on ne songera même pas à la tumeur biliaire.

Les antécédents, le mode d'évolution, l'absence de coliques hépatiques, l'état général, un examen local attentif seront les éléments du diagnostic. Du reste, l'erreur ne serait guère à craindre, puisque le premier temps de l'opération la rectifierait par une large incision au niveau de la tumeur.

1. Dansun cas observé il y a quelques mois chez une vieille femme cachectique, on avait pensé à un néoplasme du rein ou du coude droit du colon transverse, et l'on trouva à l'autopsie une dilatation kystique de la vésicule biliaire, ayant le volume etla forme du cœcum, et ne contenant que du liquide clair, un peu filant : les parois de cette vésicule étaient épaissies et son canal cystique oblitéré par un calcul muriforme. La malade n'avait jamais eu d'ictère ni de coliques hépatiques.

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