MALADIES DU FOIE
1° Hépatite aiguë des pays chauds.
Il n'y a entre cette affection et la forme aiguë de l'abcès du foie qu'une question de degré: ce sont les deux étapes, Tune médicale, raiilre chirurgicale d'une même infection hépatique, la première se terminant simplement par résolution et n'évoluant pas jusqu'à la suppuration. Cette hépatite aiguë, dysentérique ou malarienne, s'annonce par un point. douloureux à l'hypochondre droit ou à l'épigaslre, par une fièvre peu intense ; puis le pouls devient plus fréquent, la respiration gênée, le faciès pâle rarement ictérique, l'appétit nul et les selles plutôt rares.
L'hypochondre droit un peu saillant est immobile pendant la respiration, et la percussion dénote une légère hypertrophie du foie. Après trois ou quatre jours survient une détente ; tout disparaît, et le foie tend à recouvrer son volume normal: c'est la guérisonpar simple résolution; mais la récidive est facile et fréquente. Il y a là seulement une hypérémie du foie, c'est le premier degré de l'abcès; peut-être même se produit-il parfois quelque petit foyer de suppuration qui se résorbe ensuite spontanément (Kelsch et Kiener).
Peut-on reconnaître cliniquement à quel degré d'infection est atteint le tissu hépatique ? Est-ce l'hépatite aiguë simple, ou la suppuration est-elle déjà dans l'organe? Il est impossible de le savoir.
He'patalgie. Coliques hépatiques.
Lorsqu'un accès de colique hépatique éclate franchement chez une femme, ayant depuis longtemps des douleurs sourdes à la région du foie, que la douleur a tous les caractères classiq ues avec ses irradiations, accompagnée de vomissements et d'ictère, puis de ralentissement
du pouls, de souffle mitral ou tricuspide, enfin de présence de boue calculeuse ou même de graviers dans les selles, le diagnostic s'impose. Mais il n'en va pas toujours ainsi.
La colique fruste, où l'ictère est inconstant, où dominent les accidents gastriques, où la douleur siège à l'épigastre, aux lombes ou au mamelon, où survient avec une toux sèche, une congestion pulmonaire delà base droite et une légère hypertrophie du foie, peut donner le change et simuler un abcès du foie.
La fièvre même trompera : tantôt violent accès, unique avec grand frisson, c'est la fièvre hépatalgique de Charcot ; tantôt c'est le type intermitlent, plus fréquent chez les femmes déjà vieilles (Salpêtrière), étudié par Charcot et Regnard ; ce dernier type apparaît plutôt le soir ; l'accès est violent, ressemble à l'accès palustre le plus franc ; sa marche est chronique, avec des rémissions souvent prolongées et suivies de brusques réveils (Dupré). C'est une fièvre d'infection biliaire, analogue à la fièvre uroseptique (1).
Dans la lithiase biliaire Texamen des urines accuse des variations de Vurée, bien étudiées par M. Regnard, qui a montré une diminution de l'urée dans la fièvre intermittente hépatique, chaque fois que la température augmente (2). Or, dans l'abcès du foie existe la même diminution; seulement elle est permanente, puisque le champ de l'uropoièse est amoindri (Parkes (3), Hirtz (4), Lecorché et Talamon) (5). Mais cette hypoazoturie dans