‹ Diagnostic et traitement des abcès du foieChapitre 67 sur 83 · Defontaine. Loc. cil · texte numérisé non relu

Defontaine. Loc. cil

une laparotomie, rincision des téguments sera faite selon les règles jusqu'au péritoine.

Mais au moment de l'ouverture de la séreuse, la ponction exploratrice est-elle toujours nécessaire, et le trocartconducteur toujours indispensable? Non pas : il est des cas, rares à la vérité, où la tumeur bombante à la peau est fluctuante et quasi-superficielle : mais, si la poche est pour ainsi dire sous la capsule de Glisson, il sera tout à l'heure bien malaisé de passer les fils de suture dans cette mince portion de foie sain, sans que l'aiguille pénètre dans l'abcès et ne s'infecte. Aussi bien ces abcès superficiels sont ceux qui demandent en général le moins de précautions opératoires et la simple méthode de Little peut leur suffire.

Quoi qu'il en soit, le plus souvent, avant de pénétrer au delà de la paroi abdominale et de fendre le péritoine, il sera bon d'évacuer le pus de l'abcès : ainsi son contenu ne jaillira pas sous le bistouri pour souiller la plaie; les manœuvres de pression toujours dangereuses seront évitées, et la paroi de l'abcès affaissée par cette vidange du liquide sera pins mobile et facile à suturer aux lèvres de l'incision abdominale. N'est-ce pas, du reste, la pratique habituelle en cas de collection suppurée de viscère abdominal impossible à extirper (salpingite, par exemple).

Horner fit le premier cette suture du foie à la paroi; puis Mac Lane Tiffany eut l'idée de détacher les bords du péritoine pariétal pour les suturer au foie et mettre ainsi la partie incisée de la glande en dehors de la cavité péritonéale.

Traitée par Béhier et Hardy d'inqualifiable procédé, de manœuvre dangereuse par Chauvel, et par Mabboux de précaution illusoire, cette manière d'opérer fut employée par M. Bouilly, qui avait laissé en place sans succès un gros trocart pendant six semaines (Thèse de Caravias). Ramonet ne cite que pour mémoire cette suture « que

la friabilité du foie condamnait à un échec certain. » Elle est pourtant devenue la pratique ordinaire des chirurgiens dans le traitement des kystes hydatiques.

Pour rejeter celte manœuvre, Mabboux invoque l'innocuité des suites opératoires quand on n'a rien fait pour empêcher la pénétration du pus dans le péritoine; il cite les exemples de guérison après ouverture d'organes abdominaux par projectiles ou instruments tranchants (ce sont d'heureuses exceptions sur lesquelles il est toujours imprudent de compter) ; et trouve insuffisante enfin la barrière opposée au pus par ces adhérences encore récentes, faites dans un tissu friable, et qui résistent faiblement aux tiraillements causés par le retrait du foie, par ^es efforts de toux et de vomissements pendant l'opération (1).

Chauvel reproche à cette suture de gêner la rétraction de l'organe; mais c'est plutôt un bienfait, car si le foie revient sur lui-même une fois la poche évacuée, <c la plaie des téguments et celle du foie ne se correspondent plus exactement, et les drains au lieu d'être placés horizontalement sont presque verticaux : circonstance qui n'est pas sans préoccuper ^ (Bouilly). C'est en etfet surtout pour maintenir un exact parallélisme entre la plaie hépatique et la plaie abdominale que cette suture a été recommandée par Trelat, Périef, Bouilly, Peyrot (2).

De plus Mac Leod (3) fait remarquer que ce mode opératoire permet de découvrir quelquefois plusieurs abcès

1. Presque toujours la toux et les vomissements au cours de l'opération peuvent être évités avec un cliloroforme pur et bien administré,

2. Cependaat, malgré la suture du foie h la paroi, nous avons vu plusieurs fois, dans le service de M. Périer, une poclie hydatique évacuée et rétractée, enLraîner peu à peu avec elle la plaie cutanée qui, d'abord sous le rebord costal, remontait de un à deux centimètres jusque sur la face antérieure de ce rebord.

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