Deschamps. Thèse de Paris
vraie, le diaphragme refoulé en haut dans le thorax et le foie abaissé vers l'abdomen penvent faire croire à une énorme collection intrahépatique. Si les signes physiques ne sont guère certains, les symplômes ne le sont pas davantage : un début toujours obscur, des troubles digestifs, avec douleurs vagues à l’hypochondre ou à l’épigastre, une fièvre analogue s’observent dans les deux cas, et une étude minutieuse est nécessaire pour en tirer des conclusions utiles au diagnostic différentiel.
Parmi les symptômes les plus caractéristiques, Plinatus a signalé les douleurs localisées au foie et irradiées au colon et au cardia ; la diarrhée, la matité du thorax, et au-dessus de la zone mate des phénomènes normaux de percussion et d’auscullalion, enfin une limite supérieure de matilé s'étendant plus haut en avant qu’en arrière (1).
L’éhiologie peut donner d'utiles renseignements : ainsi la péritonite enkystée s’observe fréquemment à la suite de traumatisme; mais elle peut aussi dépendre de lésions inflammatoires d'organes voisins (abcès du foie, ulcère de l'estomac, etc.). Si le malade vient des pays chauds, l’abcès du foie est plus probable ; mais s’il est de nos pays, le doute est permis, car les deux affections sont également peu communes. Quand l’abcès sous-phrénique est consécutif à une hépatite suppurée, il est bien difficile de rendre à chaque maladie les signes et symptômes qui lui appartiennent.
D’après Foix (2), l'hépatite suppurée s'accompagne souvent d’ictère, qui est rare dans la péritonite hépatique ; mais M. Rendu a montré que lictère manque très souvent dans l’abcès du foie.
L'extension à la plèvre des phénomènes inflammatoires de la péritonite sous-phrénique serait plus commune que dans l’abcès du foie.
1. Plinatus. Saint-Petersburger medic. Wochens., 1887, p. 29. 2. Foix. Thèse de Paris, 1874.
Lo
La ponction faile, le mode d’écoulement du pus, différent si la poche est au-dessus ou au-dessous du diaphragme, n’a pas de valeur ici puisque dans les deux cas la collection est sous-diaphragmatique (Plühl, Jaffé). On a dit que la nalure de ce pus pouvait trancher la question: cela est vrai quand au début le liquide est séreux, où bien sanguinolent, comme dans le cas de Méry, où à la suite de traumatisme il se fit une sorte de pachypéritonite hémorrhagique, manière d’hématocèle avec liquide séro-sanguinolent (1).
Les éléments du pus ont plus de valeur, non pas les microbes qu'il peut contenir, mais les éléments cellulaires qu’on y pourra découvrir. Il est évident que, si dans une collection d’origne douteuse, le pus évacué renferme des débris de tissu hépatique le diagnostic de la nature sera fait, mais non celui du siège, car on a vu des abcès sous-phréniques consécuiifs à une hépatite suppurée, latente, dont les signes étaient cachés par ceux de la . collection sus-hépatique voisine. Telles sont les observations de Muselier (2), Rouis (3), Catteloup (4).
À la vérité, il ne faut rien exagérer, et les choses en pratique ne vont pas avec celte rigueur, puisque l’intervention thérapeutique ne change pas.
Il est d’autres cas où j’abcès sous-phrénique, suite de lésions stomacales ou intestinales, renferme des gaz et devient un pyopneumothoraæ. Ce sont alors les signes du pyopneumolhorax vrai (lympanisme, succussion hippocratique, souffle amphorique, tintement métallique, bruit d’airain). Rigal avait déjà signalé un cas de ce genre (5);