Gosselin. Clin. chirurg., L. I, p
forme, mollasse parfois fluctuante, mobile au début, verticalement située sous le rebord des fausses côtes et descendant plus ou moins vers l’ombilic ou même dans la fosse iliaque, donnant quelquefois la sensation d’un sac de noix, il est évident qu’une dilatation de la vésicule biliaire existe, qu’elle soit produite par de la bile -ou de la boue calculeuse ou seulement une hydropisie simple, après oblitéralion complète et ancienne du canal eystique par un calcul enclavé (1).
Mais si celle tumeur biliaire suppure etqu il y ait alentour un œdème et un empâtement empêchant une exacte délimitation de la poche, si la douleur est continue, exaspérée par les mouvements, la pression ou une forte inspiration eLirradiée vers l'épaule, ilsera difficile de la distinguer d’un abcès du foie ; d'autant plus que l'hépatite suppurée peut être le résullat d'une cholécystite, ou du moins l’une et l’autre peuvent être les conséquences de la lithiase biliaire.
S'il s’agit, au contraire, d’un abcès tropical, il sera plus aisé de reconnaître l’hépatile et l’on ne songera même pas à la tumeur biliaire.
Les antécédents, le mode d'évolution, l’absence de coliques hépatiques, l’état général, un examen local altentif seront les éléments du diagnostic. Du reste, l’erreur ne serait guère à craindre, puisque le premier Lemps de l’opération la rectifierait par une large incision au niveau de la tumeur.
4. Dans un Cas observé il-y a quelques mois chez une vieille femme cachectique, on avait pensé à un néoplasme du rein ou du coude droit du colon transverse, et l’on trouva à l’autopsie une datation kystique de la vésicule biliaire, ayant le volume etla ferme du cœcum, et ne contenant que du liquide clair, un peu filant : les parois de celte vésicule étaient épaissies et son canal cystique oblitéré par un calcul muriforme. La malade n'avait jamais eu d’ictère ni de coliques hépatiques.
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MALADIES DU FOIE 19 Jépatile aiguë des pays chauds.
Il n’y a entre cette affection et la forme aiguë de l’abcès du foie qu’une question de degré: ce sont les deux étapes, l’une médicale, l’autre chirurgicale d’une même infection hépatique, la première se terminant simplement par résolution et n’évoluant pas jusqu’à la suppuration. Cette hépatile aiguë, dysentérique ou malarienne, s’annonce par un point douloureux à l’hypochondre droit ou à l’épigasire, par une fièvre peu intense; puis le pouls devient plus fréquent, la respiration gênée, le facies pâle rarement ictérique, l’appétit nul et les selles plulôt rares.
L’hypochondre droit un peu saillant est immobile pendant la respiration, et la percussion dénote une légère hypertrophie du foie. Après trois ou quatre jours survient une détente ; tout disparaît, et le foie tend à recouvrer son volume normal: c’est la guérison par simple résolution ; mais la récidive est facile et fréquente. Il y a là seulement une hypérémie du foie, c'est le premier degré de l’abcès ; peut-être même se produit-il parfois quelque petit foyer de: suppuration qui se résorbe ensuite spontanément (Kelsch et Kiener).
Peut-on reconnaître cliniquement à quel degré d'infection est atteint le tissu hépatique ? Est-ce l'hépatite aiguë simple, ou la suppuration est-elle déjà dans lorgane ? Il est impossible de le savoir.
90 Hépatalgie. Coliques hépatiques.
Lorsqu'un accès de colique hépatique éclate franchement chez une femme, ayant depuis longtemps des douleurs sourdes à la région du foie, que la douleur a tous les caractères classiques avec ses irradiations, accompagnée de vomissements et d’ictère, puis de ralentissement
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du pouls, de souffle mitral ou tricuspide, enfin de présence de boue calculeuse où même de graviers dans les selles, le diagnostic s'impose. Mais il n'en va pas toujours ainsi.
La colique fruste, où l’ictère est inconstant, où dominent les accidents gastriques, où la douleur siège à l'épigastre, aux lombes ou au mamelon, où survient avec une toux sèche, une congestion pulmonaire dela base droite et une légère hypertrophie du foie, peut donner le change el simuler un abcès du foie.
La fièvre même trompera : tantôt violent accès, unique avec grand frisson, c'est la fiévre hépatalgique de Charcot ; tantôt c'est le type intermillent, plus fréquent chez les femmes déjà vieilles (Salpêtrière), étudié par Charcot et Regnard ; ce dernier Lype apparaît plutôt le soir ; l'accès. est violent, ressemble à l’accès palustre le plus franc ; sa marche est chronique, avec des rémissions souvent prolongées et suivies de brusques réveils (Dupré). C’est une fièvre d'infection biliaire, analogue à la fièvre uroseptique (1). |
Dans la lithiase biliaire l’examen des urines accuse des varialions de l'urée, bien étudiées par M. Regnard, qui a montré une diminution de l’urée dans la fièvre intermittente hépalique, chaque fois que la température augmente (2). Or, dans l’abcès du foie existe la même diminution; seulement elle est permanente, puisque le champ de l’uropoièse est amoindri (Parkes (3), Hirtz (4), Lecorché et Talamon) (5). Mais cette hypoazoturie dans