‹ Diagnostic et traitement des abcès du foieChapitre 41 sur 83 · Hirtz. Soc. anat., 1875, p · texte numérisé non relu

Hirtz. Soc. anat., 1875, p

5. Arnaud cite un cas d’abcès du foie où le malade rendait 9 grammes d’urée en 24 heures ; par contre un malade de Vedel excrétait 35 grammes d'urée.

l'hépatite suppurée peut tenir aussi à la nuliilion défectueuse et à l’affaiblissement progressif du patient.

En somme, une fois connus les antécédents, l’âge et le sexe du malade (plutôt femme âgée) après inspection de la région et recherche de la vésicule biliaire, on fera une analyse de l’urine pour en éludier les variations de l’urée et un examen minutieux des selles, souvent décolorées, que l’on passera au tamis sous un mince filet d’eau. Tous ces éléments sont nécessaires pour distinguer la colique hépatite fruste de l’abcès du foie.

Je n’ai pas parlé de l’urobilinurie, qui s’observe dans les deux cas, non plus que de la glycosurie alimentaire, plus commune dans l’abcès que dans la lithiase (1).

3° Congestion hépalique et cirrhoses.

Il ne s’agit pas ici de la congestion hépatique des pays chauds, causée par la malaria ou la dysentérie: c’est l’hépatite aiguë; il ne s’agit pas davantage de congestion du foie par insuffisance hépatique et dilatation du cœur droit, mais bien d’une congestion habituelle ou intermittente, signe avant-coureur d'une cirrhose.

Les troubles gastriques du début, l’augmentation de volume du foie, une circulation veineuse sous-cutanée de l’hypocnondre et de l’épigastre, le météorisme et l’ascite même s’observent dans l’abcès du foie. Témoin le cas de Maurel (2), où un homme, sans autres antécédents que l'alcoolisme, fut pris de fièvre, avec douleur épigastrique, accidents digeslifs, ballonnement du ventre, alternatives de diarrhée et de constipalion, sans ictère, puis œdème des membres inférieurs sans albumine : on pensait à une cirrhose alcoolique. Une pleurésie gauche apparut, et un

4. Dans notre observation, la glycosurie alimentaire, essayée sans succès, indiquait qu’une petite portion du foie seule était

malade.

2, Maurel ; cité par Arnaud.

nC res mois après on trouvait à l’autopsie un foie hypertrophié dont le lobe gauche adhérent au diaphragme renfermait en une poche 300 grammes de pus.

Francoz (1) cite l'exemple d’un malade soigné pour une cirrhose avec ascite, gros foie, subiclère, œdème des membres, qui rendit tout à coup un plein crachoir de pus bilieux dont il fut tout suffoqué. Après quelques jours de cette expecloration, l'ascite et la tumeur hépatique disparurent ; le malade mourul, cachectique, mais son autopsie fut impossible. C'était une hépatile à développement obscur, où rien ne faisait penser à une suppuration du foie jusqu’à l'apparition de la vomique.

Ces erreurs sont si rares qu’il suffit de les signaler.

Il en est ainsi de la cirrhose biliaire et même de la cirrhose pigmentaire. |

M. Hanot rapporte, d'après la thèse d’agrégation de Gubler, que dans un cas de sclérose hypertrophique avec ictère, Cruveilhier pensait à un abcès du foie: C'était un homme qui, deux ans auparavant, avait souffert d’une affection aiguë du foie, à marche très rapide, caractérisée par un ictère général, avec douleurs de ventre et maux de tête et diminution d’appétit ; peu à peu l’ictère, l'hypertrophie du foie, la marche aiguë des accidents, la réaclion fébrile, compliquée d’un état adynamique et de purpura, avaient porlé Cruveilhier à diagnostiquer un abcès du foie (2).

La cirrhose pigmentaire, chez un malade non diabétique, est presque toujours d’origine paludéenne ; on la reconnaîtra à l’examen du sang, au subictère, aux urines urobiliques, aux selles bilieuses, à l'hypertrophie de la rate et à l'efficacité du sulfate de quinine.

Page 1