‹ Diagnostic et traitement des abcès du foieChapitre 9 sur 83 · Hammond. J. nero. and Ment. Dis. Chicago, cité in Gaz · texte numérisé non relu

Hammond. J. nero. and Ment. Dis. Chicago, cité in Gaz

hebdsm., 1880, p.772, Leblond 3

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et progresse lentement, sans se manifester autrement que par une hypertrophie du foie ou même sans retentir d'une facon nette sur l'organisme. Parfois l’état général demeure longtemps mauvais, et l’on n’en peut saisir la cause réelle; et la suppuration ne sera décelée qu'à l’autopsie ou s’il survient des signes de pénétration du pus dans une cavité voisine.

« Ce silence de lésions souvent aussi profondes, opposé A l’évolution si tumultueuse de la maladie en d’autres cas, constitue un des traits les plus curieux de l’hépatite suppurée. Quand lPaffection a ainsi poursuivi lentement son cours, la nutrition se détériore de plus en plus, les forces s’usent peu à peu, l’amaigrissement augmente chaque jour, les membres s’infillrent et le malade succombe dans le marasme. » (Kelsch et Kiener).

Ainsi cette forme, caractérisée par la bénignité apparente des symptômes au début, mais dont la marche peut être interrompue soudain par des accidents graves, durera de longs mois.

Abcès à marche aiguë.

Assez fréquente aux pays chauds, chez nous extrêmement rare, celte forme offre des traits si saisissants et desi nets symplômes qu’elle s'impose à l’observateur le moins exercé. Elle survient d'emblée, ou après quelques poussées congestives si communes au début de la forme subaiguë. L’invasion subite s'annonce par une fièvre intense, avec frissons, nausées et vomissements bilieux, par une douleur souvent très vive à l’hypochondre droit, irradiée à l’épigastre et surtout à l’épaule droite, et qui peut avoir tous les caractères déjà signalés dans la forme subaiguë. Puis à l'accès initial succède une fièvre continue, rémitlente, avec agitation, respiration haletante, que gênent encore des quintes de toux. Le teint anémié ou blême exprime la souffrance et l'anxiété.

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Les désordres fonctionnels du tube digestif sont constants : langue sale et jaunâtre, avec papilles proéminentes (Younge), soif vive, nausées et vomissements habituels, selles rares: ce sont en somme tous les symptômes énumérés dans la forme subaiguë, mais leur intensité est accrue (Kelsch et Kiener).

Vers le cinquième ou sixième jour peut se faire une légère détente, qu’annonce l’atténuation de la fièvre et des souffrances ; mais cette amélioration passagère n'est que séduisante, et la maladie reprend vite une acuité nouvelle dont la signification est bien nette: c'est une recrudescence de la douleur locale, c’est une fièvre d’accès irréguliers, surtout vespéraux, s’annonçant par des frissons et terminés par des sueurs, c’est une somnolence continuelle et une rapide diminution des forces : tous signes d’une suppuration certaine. En peu de jours le pus va faire une tumeur plus ou moins fluctuante entre les côtes, à l'hypochondre, à l’épigastre, ou bien l’irruption subite de Pabcès se révèlera dans une cavilé voisine. Mais si pareille issue ne se fait pas, si l'intervention est trop tardive, la fièvre persistante, les forces épuisées, le délire et les phénomènes ataxo-adynamiques qui s’aggravent, un état typhoïde profond présagent une fin prochaine, et l’on trouve à l’autopsie auprès d’un grand abcès de petits foyers multiples, encore en formation (Kelsch et Kiener).

Cette évolution peut durer 15 ov 20 jours.

Parfois la mort surprend le malade : tel ce médecin militaire, cité par Mac Lean, qui brusquement pris de syncope et de violent frisson, en passant un examen, succombe le lendemain pendant une vomique.

Dans ce court tableau des trois formes possibles d’abcès du foie peut-on trouver quelques signes où symptômes caractéristiques ? En d’autres termes, y en a-t-il qui aient une valeur séméiologique ?

Parmi les troubles généraux du début, les accidents gastriques n'ont aucune signification ; par son aïlure spé-

TR ciale, continue, rémittente, la fièvre en a davantage. Les phénomènes fonctionnels (toux, dyspnée, mode respiratoire), sont d’une affection pleuro-pulmonaire et peuvent rappeler la pleurésie. Seule la douleur est remarquable par sa noture, son siège et ses irradialions, mais elle est mobile et variable d’un sujet à l’autre. Qu’on y joigne l'aspect de la région, l'étendue de sa matité, la déformation et la voussure du thorax, l’écarlement des espaces intercostaux effacés, l’œdème ou l’empâtement local chez un malade dvsentérique ou récemment guéri d’une diarrhée, et l’on pourra songer à un abcès du foie. C'est déjà beaucoup de soupçonner une hépatite suppurée, car une ponclion cæploratrice permet de dissiper tous les doutes et de changer en certitude l'existence possible ou probable de la suppuration. Si cette ponction est le premier temps du traitement chirurgical, c’est aussi un contrôle nécessaire et essentiel du diagnostic: j'en dirai donc ici quelques mots,

Elle doit être hâlive, faite le plus proprement du monde, au siège maximum de la douleur, si possible, ou bien au point le plus saillant ou fluctuant de la collection, dans un espace intercostal ou dans l’hypochondre. Répétée fréquemment avec la seringue de Pravaz, avec le petit ou mieux le moyen trocart de l'aspirateur Potain (car le pus est souveat épais), celte ponction est inoffensive. Lavigerie l’a montré par des expériences sur les chiens (1); de vombreux faits cliniques prouvent que chez l’homme cette pratique a pu se renouveler sans crainte pour le tissu hépatique (2) : l’un des plus convaincants est celui de M. Jaccoud (Gaz. des hôpitaux, 1867) où après une douzaine de ponctions l’autopsie montra le tissu du foie presque sans altération (3).

4. Lavigerie. Thèse de Paris, 14866. — Léo. Archives de médecine navale, 1890, t. 54.

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