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OBSERVATION IV

Abcès encapsulé du lobe temporal d'origine otitique. Guérison par MM. M. Davin, H. AskENASY et R. PETEL.

Enfant KR. André, 13 ans. Le début des accidents remonte au

1er février 1935. Quelques jours après une angine pultacée, apparaît un écoulement de l'oreille gauche. Pendant quelques jours l’évolution est celle d'une otite moyenne aiguë banale, Mais dans la nuit du 9 au 10 février, l'état s'aggrave brusquement et un syndrome méningé apparaît. L'enfant se plaint de la tête, vomit et craint la lumière; la température est à 40°. On constate l'existence du signe de Kernig et de la raideur de la nuque. Une pontction lombaire pratiquée aussitôt donne issue à un liquide trouble tenant en suspension des flocons purulents et dont la formule est la suivante :albumine 2 gr. 20, chlorure 6 gr. 43, sucre : 0 gr. 71:

la réaction leucocytaire est si intense qu'une numération exacte

est impossible: absence de microbes à l'examen direct et sur les

cultures. Devant ce tableau un auriste est consulté. Ce dernier juge la trépanation mastoïdienne inutile: en raison, dit-il, du peu d’'importance de l'écoulement auriculaire et du manque de réaction

du côté de la mastoïde.

Un traitement médical est alors institué. : pyoformine, collargol, septicémine dans le canal rachidien, «abcès de fixation. Au bout

de + à 5 jours tout semble rentrer dans l’ordre.

Mais le 17 février, l'enfant présente pour la première fois des phénomènes convulsifs localisés à l'hémiface droit : mouvements convulsifs des globes oculaires en haut et en dehors, la bouche est tiraillée dans le même sens. Ceci ne dure que quelques minutes et tout rentre dans l’ordre. L'enfant présente 3 ou 4 crises identiques jusqu’au 19 février quand survient pour la première fois, une crise convulsive généralisée, avec perte de la conscience et

émission d'urine.

L'examen neurologique systématique, ñe montre à ce moment rien d’anormal. La mobilité, la sensibilité ainsi que la réflectivité et les fonctions cérébelleuses sont normales. Du côté des nerfs rien à signaler. Au point de vue psychologique, à noter un certain

degré de confusion ainsi que de l’amnésie, aucun trouble du langage.

L'examen oculaire donne les renseignements suivants : pupil-

les réagissant normalement; aucune paralysie oculaire; le champ

apparaît,” l'enfant devient sommnolent, la température est à 89,

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visuel est normal ainsi que le fond d'œil: pas d'augmentation de

la tension rétinienne.

Un médecin consultant qui voit le petit malade pense à des crises d'épilepsie essentielle chez -un-prédisposé, sensibilisé par sor affection méningée. Une ponction lombaire pratiquée la veille montrait un liquide presque normal, limpide avec réaction cytologique minime.

Du 24 février au 3 murs, l'enfant présente deux crises comitiales généralisées. Le 4 mars, la température de l'enfant monte brusquement à 38°5; l'enfant accuse des douleurs violentes au niveau des régions temporales et sous-orbitaire gauches. De plus, il se plaint dès ce moment d'obnubilations visueltes qui ne durent que quelques secondes, Un léger ptosis de la paupière gauche

‘le pouls bat à 90. L'examen neurologique est négatif.

Le médecin consultant revoit l'enfant et soulève l'hypothèse d'une ventriculite bloquée mais la ponction ventriculaire est refusée par la famille et le traitement médical est continué ;: un deuxième abcès de fixation est pratiqué. Défiant tous les pronostics, l'état s'améliore progressivement : la sonmmolence diminue, la température baisse, les céphalées disparaissent et l'enfant quitte la clinique le 15 mars. Le lendemain de la sortie de la clinique Venfant présente un 6tat de mal comitial qui dure 3 heures et qui re cède qu'à deux injections de somnifène intra-veineux., A partir de ce moment jusqu'au 16 juin, l'état général s'améliore, l’enfant reprend du poids, dort et a bon appétit.

Vers le 15 juin, l'enfant commence à maigrir, la somnolence réapparaît : la température”est normale, Malgré la prise quotidienne de O0 gr. 20 de gardénal, l'enfant présente à nouveau une crise comitiale généralisée et un équivalent à forme de confusion. L'examen neurologique reste négatif, L'enfant va se reposer à Bagnèresdle-Bigorre, et là une crise se produit, D'après l'entourage, elle paraît avoir débuté par le membre supérieur droit. À Ja suite de ce nouvel accident l'enfant retourne à Toulouse, On est frappé alors par son amaigrissement. La température est normale, le pouls:

est à 70 : la céphalée temporale gauche est très intense avec des paroxysmes atroces, Pas de vomissements, Le caractère se modifie d'une fuçon frappante. L'enfant a des crises de mélancolie, mais surtout son anxiété est extrême. Il voit des. morts dans des cercueils ; il répète tout le temps : je sais que je vais mourir, mais

je ne veux pas mourir. L'examen neurologique se montre toujours

négatif. Mais pour la première fois, l'examen du fond d'œil révèle:

l'existence d’une grosse stase papillaire. Le champ visuel n'est pas modifié. Légère baisse de l'acuité visuelle de l'œil gauche (examen oculaire des Docteurs CALMETTE et Couapau). L'examen du Sang ne montre pas de leucocytose (8.000 éléments blancs). Le diagnostic d'abcès temporal paraît probable.

Examen neurologique (15 août) : enfant hostile, anxieux, hurlant dès qu'on veut le toucher, il se comporte cependant normalement; marche sans aucun déséquilibre. L'examen montre seulement

une légère parésie faciale centrale droite et des signes d'aphasie

discrète : difficulté à trouver certains mots dans la conversation,

rares lacunes dans la dénomination des objets que l’on montre à l'enfant. L'intelligence est vive, la mémoire excellente, la lecture convenable, l'écriture correcte.

Les radiographies ne montrent aucune modification du rocher et de ia mastoïide. Le diagnostic porté est celui d’abcès encapsulé temporal gauche. Pour le confirmer une ventriculographie est pratiquée le 16 août 1935. J È

Ventriculographie : ventricule non trouvé à gauche. Ventricule droit dilaté: issue de 15 cc. de liquide clair: injection de 25 cc. d'air. Dès que 10 cc. sont injectés, Pair reflue. <

Les ventriculogrammes montrent : sur les vues prises occiput sur plaque les deux cornes frontales sont injectées ainsi que le troisième ventricule. La corne frontale D-est dilatée; non déformée et repoussée à droite de la ligne médiane. La corne frontale gauche est aplatie et affecte la forme d’une virgule à grosse extrémité supérieure, à concavité dirigée en bas et à gauche. Le troisième

ventricule est aplati et dévié obliquement en haut et à droite.

En position front sur plaque, la corne occipitale droite est dila-

tée, non déformée, et en place. La corne occipitale gauche et le troisième ventricule ne sont pas visibles. , Sur les profils côté gauche sur plaque tout le ventricule latéral À droit, en particulier la corne temporale est bien injectée. < ; Sur les profils côté droit sur plaque, la corne temporale est 1 apiatie et très surélevée.

Sur les vues en position oblique, il existe une déviation en masse à droite de la ligne médiane, des deux ventricules. Mais alors 1 que le ventricule droit, dilaté, se projette dans sa totalité, le ventricule gauche est aplati et sa carne occipitale manque. | La ventriculographie confirme donc le diagnostic d'abcès temporal gauche.

- Intervention Le 16 août 1935 par les Docteurs M. Davib et H. ASKENASY. : €

Large volet semi-elliptique, à base antérieure, descendant très

temporal gauche dans toute son étendue, en particuiier dans su

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