TUMEURS VASCULAIRES
Il est une autre variété rare de tumeur veineuse de l'orbite, celle-ci sans pulsations, ni bruits de souffle, qui est également formée par la dilatation de la veine ophthalmique, mais dans laquelle la communication entre la veine elle sinus caverneux est facile et largement assurée, ce qui imprime à l'affection des caractères spéciaux (Foucher, Yverl). Cette tumeur, de la grosseur d'une noisette, a pour siège de prédilection la partie interne de la paupière supérieure. Elle apparaît surtout quand le malade baisse la tête, diminue quand il la redresse et disparaît complètement dans le décubitus horizontal : la toux et les efforts violents exagèrent son volume, ainsi que la compression de la veine jugulaire interne.
A ces caractères pathognomoniques se joignent ceux de l'absence de tout battement et de tout bruit de soufle, de sorte qu'il est facile de la différencier de toutes les autres tumeurs vasculaires de même origine.
Tumeurs érectiles. Angiomes caverneux. — Une dernière variélé de tumeur vasculaire de l'orbite est celle qui est constituée par une tumeur érectile, avec prédominance soit des artérioles soit des veinules. Selon Desmarres, elle n'est souvent que la propagation dans le fond de l'orbite d'un simple nœvus de la paupière, et Gornil et Ranvier expliquent ainsi sa formation : « Il se produit d'abord du tissu embryonnaire et des capillaires normaux, puis ces vaisseaux présentent de simples dilatations; mais bientôt les capillaires dilatés arrivent au contact les uns des autres, de larges communications s'établissent entre eux, et il en résulte un système capillaire à grandes dilatations caverneuses. »
Ainsi formées, ces tumeurs sont souvent diffuses, susceptibles de diminuer par la pression, d'augmenter par
l'afflux du saug, à la suite des repas ou d'un exercice violent, et présentent alors des pulsations très nettes. Dans d'autres cas, elles s'enkystent dans une sorte de capsule résistante, qui rend les phénomènes de gonflement et de dégonflement peu sensibles, et empêche les pulsations d'être appréciables (angiome caverneux capsulé). Elles constituent alors une tumeur élastique, indolente, sans trace d'induration, se développant très lentement, laissant pendant longtemps aux muscles de l'œil tous leurs mouvements, et ne menaçant de compromettre l'intégrité de l'œil qu'après bien des années. Leur diagnostic est assez embarrassant et ne peut souvent être que soupçonné, si ce n'est dans le cas oii il est facihté parla présence d'un angiome apparent sur les paupières ou autour de l'orbite.
Dans le traitement des tumeurs vasculaires de l'orbite, de 'i orbite! OU pcut mcttro à profit certains médicaments qui ont acquis une faveur méritée, dans le traitement desanévrysmes en général : nous voulons parler en particulier de l'iodure de potassium et du seigle ergoté. La première de ces substances amende la maladie sans qu'on puisse se l'exphquer, si ce n'est par l'influence que la diathèse syphihtique peut avoir sur le développement de certains anévrysmes ; la seconde détermine la contraction des fibres musculaires que contiennent les vaisseaux et amène aussi le resserrement de la poche anévrysmale. Pour obtenir ce résultat, on peut, soit administrer l'ergot de seigle à l'intérieur, soit pratiquer à la tempe des injections d'ergotine, et combiner ce moyen à l'apphcatiôn de la glace sur le globe, qui amène également la contraction de la tumeur.
Mais le plus souvent c'est au traitement chirurgical qu'il faut avoir recours, et le premier auquel on doit s'adresser est la compression de la carotide primitive.
Traitement des tumeurs vasculaires