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DÉGÉNÉRESCENCE CALCAIRE DE L'ÉPITHÉLIUM GORNÉEN

de coloration peu intense, qui ne se déclare que chez les personnes d'un certain âge et qui est la manifestation d'un processus glaucomateux dont elle est le symptôme avantcoureur. Cette opacité peut rester stationnaire des mois entiers, sans apporter d'autre gêne au malade qu'un trouble de la vue plus ou moins prononcé. Cependant la pupille est dilatée, paresseuse, et des crises névralgiques violentes se manifestent parfois dans les branches de la 5' paire. La tension intra-oculaire reste d'abord normale, puis finit par s'accentuer, en même temps qu'apparaissent les autres symptômes du glaucôme.

D'autres opacités de la cornée se montrent également dans le cours du processus glaucomateux ou à la suite des irido-choroïdites, mais elles sont consécutives et n'ont pas tout l'intérêt qu'ofifrent les premières au point de vue du diagnostic anticipé qu'elles permettent.

On ne sauiait confondre ces sortes d'opacités avec celles de la kératite interstitielle. Elles n'en ont ni les caractères ni la marche caractéristique et surviennent du reste à un âge où la kératite parenchymateuse ne se montre plus.

Le traitement qu'elles réclament est la sclérotomie ou l'iridectomie, moins dans le but de les faire disparaître, car elles sont ordinairement persistantes, que pour prévenir l'explosion du glaucôme dont elles signalent l'arrivée.

3° DÉGÉNÉRESCENCE CALCAIRE DE l'ÉPITHÉLIUM GORNÉEN (1).

Cette affection fort rare se présente sous la forme d'une opacité, large de 6 à 8 miUimètres, qui s'étend au devant du diamètre transversal de la cornée. Sa teinte d'un gris uni-

(I) Voir Galezowski, Recueil (ïophthahnologie, 1881.

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forme est assez opaque pour empêcher complètement la vision.

Celte altération n'amène aucun phénomène de réaction et ne donne lieu à aucune douleur. Sa marche est très lente, et elle peut rester localisée pendant des mois et même des années, sur la partie centrale de la cornée. On la confond souvent avec les opacités glaucomateuses, et on pratique sans succès l'iridectomie.

L'examen histologique a démontré que cette dégénérescence est due à l'infiltration de sels de chaux, dans les couches superficielles de l'épithélium cornéen. Elle paraît en effet liée à la diathèse arthritique ou goutteuse et vient quelquefois compliquer les maladies de l'iris et de la choroïde.

Le traitement consiste à pratiquer, avec un couteau de Beer, l'abrasion de la couche épithéliale. On trouve audessous d'elle le tissu de la cornée avec sa transparence complète, de sorte que la vision abolie peut être entièrement restituée. Nous avons pratiqué cette opération deux fois avec un plein succès.

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