FLOCONS OU OPACITÉS UU CORPS VITRÉ
simuler le décollement de la rétine. Le diagnostic peut dans certaines condilions être très difficile, ainsi que nous aurons occasion de l'expliquer (voir décollement de la réline).
4° Flocons de cholestérine. Synchisis étincelant. — De tous les flocons du corps vitré, les plus curieux et les plus étranges sont ceux qui sont produits par des cristaux de cholestérine et de tyrosine. Ces cristaux revêtent la forme de paillettes brillantes, de disques dorés ou argentés, qui nagent dans le corps vitré, de sorte qu'on croirait voir dans l'œil une véritable pluie d'or en miniature (d'oîi leur nom de synchisis étincelant). Ils se rencontrent quelquefois avec d'autres flocons auxquels ils adhèrent.
Ces cristaux proviennent de la précipitation à l'état solide, des sels de cholestérine, normalement contenus à l'état de dissolution dans le corps vitré, et cela sous l'influence de causes encore inconnues. Ils coïncident quelquefois avec l'abaissement de la cataracte et avec le décollement de la rétine. On les observe aussi dans des yeux oti il n'existe aucune lésion appréciable des membranes profondes.
Le synchisis étincelant ne donne souvent lieu à aucun trouble visuel et n'exige aucun traitement particulier.
Le traitement des flocons du corps vitré se résume presque tout entier dans le traitement de la maladie qui leur donne naissance.
S'agit-il de ces fines opacités qui constituent les flocons de poussière, ils sont généralement l'expression d'une choroïdite syphilitique et sont justiciables du traitement de cette dernière affection, et principalement des frictions mercurielles.
En présence de flocons noirâtres dus à de petits , épanchements de sang, on recherchera la cause pour la combattre. Nous étudierons du reste les principales indications
thérapeutiques qu'ils présentent, en traitant de l'apoplexie générale du corps vitré.
Quant aux flocons membraneux, il n'y a guère d'espoir de les voir se résorber. Dans un cas désespéré, de Graefe a essayé leur dilacération avec une aiguille, opération que l'on ne peut guère pratiquer que par tâtonnement et qui est très incertaine dans ses résultats.
Cette affection est caractérisée par un épanchement de sang assez abondant pour remplir une grande partie du corps vitré et amener la perle subite de la vision dans l'œil atteint.
i° Impossibilité d'éclairer le fond de fœiL—Ua des signes 1. symptô- caractéristiques de celte affection est l'impossibilité comophthlo.. plète et absolue d'éclairer le fond de l'œil. Quelle que soit l'intensité de la lumière projetée, elle est absorbée par le sang épanché, et la pupille ne renvoie à l'observateur qu'un reflet complètement noir.
Après un certain temps, Tépanchement se résorbe et le sang s'accumule de préférence dans les parties déclives du fond de l'œil, au profit des parties supérieures qui s'éclaircissent légèrement. Ce changement de coloration ne se fait pas d'une façon très tranchée et selon une ligne de niveau, comme on pourrait le croire, mais par une succession de teintes de moins en moins sombres.
2" Coloration rouge du sang épanché. — Dans les cas où l'hémorrhagie a lieu non dans les couches les plus profondes du corps vitré, mais dans les couches antérieures voisines du cristallin, on peut voir avec le réflecteur, ou mieux encore à l'éclairage latéral, la coloration rouge du
copiques.
sang épanché, ce qui constitue un signe patliognomonique de la maladie.
Les symptômes fonctionnels sont également très carac- 2» s^mptô téristiques. il s'agit en effet d'une affection à début brusque fonctionet sans douleur, dans laquelle la vision centrale et la vision périphérique sont immédiatement abolies. Les phosphènes sont tous conservés, car la rétine reste intacte en arrière de l'épanchement et la maladie est presque toujours monoculaire.
A tous ces signes dont l'ensemble est pathognomonique, ajoutons que la tension intra-oculaire n'est pas augmentée, ainsi qu'on pourrait le croire et que l'iris prend une coloration légèrement plus foncée, lorsque la maladie a duré un certain temps.
Les apoplexies du corps vitré sont dues à la rupture des causes, vaisseaux ciliaires et quelquefois de l'artère centrale de la rétine. Leurs causes doivent être recherchées :
r Dans un trouble de la circulation générale (maladie du cœur, suppression du flux hémorrhoïdal, du flux menstruel ou d'épistaxis habituelles).
2° Dans un trouble de la circulation locale (irido-choroïdi te, glaucome).
3" Dans la diminution brusque de la pression intraoculaire (iridectomie dans le glaucome, sortie du corps vitré dans l'opération de la cataracle).
4° Enfin dans certaines altérations dyscrasiques du sang (scorbut, albuminurie, diabète).
En prenant pour base les symptômes fonctionnels ana- uiagnosiic. lysés avec soin, on peut déjà arriver à établir un diagnostic de probabilité, sinon de complète certitude. En effet, la perte subite dans un œil de la vision centrale et de la vision périphérique ne peut survenir que dans deux affec-
i'S AFFECTIONS DU CORPS VITRÉ.
tions, l'embolie de Tarière centrale el l'apoplexie du corps vitré; or, dans l'embolie, les phosphènes sont perdus, tandis qu'ils sont conservés dans l'apoplexie du corps vitré, ce qui différencie immédiatement ces deux maladies.
Le décollement de la rétine peut aussi prêter à une certaine confusion, par la brusquerie de son début et par l'atteinte qu'il porte à la vision centrale et à la vision périphérique, mais dans cette affection, de nombreuses différences peuvent être signalées. Ainsi dans le décollement, l'acuité visuelle est notablement affaiblie au début de l'affection, mais n'est pas anéantie comme dans l'apoplexie du corps vitré. En outre, la vision périphérique n'est abolie que partiellement, c'est-à-dire du côté opposé au décollement. Enfin tous les phosphènes ne sont pas conservés, car celui qui correspond à la partie décollée est complètement perdu.
2" En prenant à leur tour les symptômes ophlhalmoscopiques comme base de diagnostic on voit qu'ils sont également très nets et très positifs.
Deux cas peuvent en effet se présenter :
Dans le premier, l'hémorrhagie a lieu dans les couches antérieures du corps vitré, et permet de voir la coloration rouge du sang épanché au moyen de l'éclairage latéral, ce qui est un signe pathognomonique.
Dans le second, l'hémorrhagie a lieu dans les couches profondes et ne se trahit que par un reflet noirâtre du fond de l'œil, mais c'est là un excellent signe de diagnostic. Eu effet, un tel aspect ne peut se retrouver que dansles cataractes noireset, jusqu'à un certain point seulement, dans les vastes décollements de la réline. Or, dans le premier cas, l'éclairage obhque permet toujours de constater sur la lentille la présence de stries étroites et serrées.
Quant au décollement, il présente un reflet grisâtre plutôt que noirâtre et permet de voir les vaisseaux rétiniens flotter sur sa surface.
Favoriser la résorption du sang extravasé, et s'opposer T-^fe^e"»autant que possible à la reproduction d'un nouvel épanchement, telles sont, comme dans toutes les hémorrhagies, les pi incipales indications à remplir.
r Les cas les plus facilement curables sont ceux où l'hémorrhagie a lieu dans les couches les plus antérieures du corps vitré. Le sang se trouve alors répandu dans le voisinage du corps ciliaire, c'est-à-dire dans une région où la circulation est très riche, où les échanges nutritifs sont très actifs, de sorte que sa résorption s'effectue rapidement. L'âge du malade a aussi une influence considérable sur la facihté de cette résorption, et plusieurs fois nous avons eu occasion de voir des jeunes gens atteints d'apo- ' plexie du corps vitré, être presque complètement guéris, après deux ou trois semaines de traitement.
Ces cas de guérisons rapides contrastent singulièrement avec les guérisons lentes que l'on obtient avec peine chez les adultes et surtout chez les personnes âgées. Il faut souvent huit ou dix mois pour que chez de tels malades ' le corps vitré s'éclaircisse, et encore, après ce temps présente-t-d des flocons noirâtres qui nagent dans son intérieur et persistent pendant de nombreuses années. Une SI longue durée de la maladie s'explique par le manque de moyens dont nous puissions disposer pour facihter la résorption du sang, lorsqu'il est épanché en grande quantité, dans un mdieu dont la nutrition est aussi languissante que celle du corps vitré. o ^''^dnie
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ag.. su. I élément vasculaire de l'œil; les fomentations
chaudes pour activer la nutrition du globe ; les frictions j excitantes sur le front et la teaipe, et au besoin quelques ventouses sèches sur la nuque et quelques vésicatoires volants promenés autour de l'orbite, tels sont les moyens locaux auxquels on a le plus souvent recours. On leur adjoint en même temps, à titre de résolutif, l'iodure de po- ] tassium pris à l'intérieur à la dose de 1 à 2 grammes par jour. !
D'autres agents thérapeutiques ont été vantés et de ce | nombre sont les courants continus et les injections de pi- i locarpine. Nous n'avons que peu de chose à dire des cou-., rants continus, car nous avons essayé bien des fois ce ; mode de traitement, sans avoir pu nous convaincre de son i efficacité ; si on veut le mettre à l'essai, il faut en tout cas ; ne faire usage que de courants assez peu intenses, pour ne | provoquer aucune irritation. j
Les injections sous-cutanées de pilocarpine nous parais- | sent bien préférables. Pratiquées méthodiquement tous les ] jours ou tous les deux jours à la dose de 4 ou 5 gouttes d'une solution au dixième, elles se montrent favorables, | et nous les mettons en usage dans les cas rebelles et chez I les malades qui ne sont atteints d'aucun trouble cardiaque.
C'est aussi dans les cas rebelles et lorsque tous les ; moyens de traitement ont échoué, que nous avons recours | quelquefois à un traitement chirurgical consistant a pratiquer l'iridectomie. Quelle influence une telle opération ^ peut-elle avoir sur la résorption du sang épanché? Pour le comprendre, il suffit de se rappeler que l'-dectomie é. gularise toujours dans une certaine mesure la circulation ; entravée du tractus uvéal et a une inA^-^^.^^^f ^^^^^ ^ stases veineuses, sur les échanges nutriti s et fina em : sur la nutrition du globe, ainsi que nous le prouvent s résultats merveilleux qu'elle amène quelquefois, lorsqu elle ^
est pratiquée sur des yeux en voie d'atrophie. Les expériences d'Ulrich, nous faisant voir que le grand courant nutritif qui, des parties postérieures du globe, arrive dans les parties antérieures, est accéléré par une brèche faite à l'iris, confirment également le rôle que nous venons d'attribuer à cette opération.
2" Pour remplir la seconde indication du traitement, c'està-dire pour nous opposer autant que possible à de nouvelles hémorrhagies, nous avons à notre disposition des ^moyens hygiéniques et des moyens pharmaceutiques.
Les moyens hygiéniques^ qui ne sont pas du reste les moins importants, consistent à mettre au repos l'organe malade et à éviter tout ce qui peut congestionner l'encéphale. Tout travail fatigant sera donc proscrit : il en est de même des exercices violents, des repas trop copieux, des bains très chauds. C'est au médecin à s'enquérir des habitudes de son malade et de son genre d'occupation, pour en déduire les l ègles de conduite à tenir et lui indiquer ce qu'il doit faire et ce qu'il doit éviter.
Les moyens pharmaceutiques consistent principalement dans l'usage de dérivatifs intestinaux. On possède une telle abondance d'agents purgatifs, et on trouve tant de complaisance de la part du malade à les employer, qu'on doit craindre l'abus de ce mode de traitement. On devra donc se borner à conseiller quelques laxatifs, non pas tous les jours, mais tous les trois ou quatre jours et à petite dose, de façon à pouvoir les renouveler pendant longtemps. Un ou deux verres à bordeaux d'eau d'Hunyadi-Janos, pris le matin à jeun, sont souvent suffisants pour obtenir l'effet désiré, et ils ont l'avantage de ne pas fatiguer l'estomac. Chez quelques malades l'usage des grains de santé (1 ou 2 pris le soir au moment du repas) paraît surtout utile.
Galezowski et Daguenet. qj
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Mais c'est surtout dans la recherche des causes qu'on trouvera les indications thérapeutiques les plus utiles. Nous aurons l'occasion de faire une étude analogue, lorsque nous nous occuperons du traitement des héraorrhagies rétiniennes, et d'indiquer alors les principales règles à suivre.