VOIES DE FILTRATION DES LIQUIDES OCULAIRES
façon continue. La rétine sous ce rapport semble moins privilégiée que la choroïde, car le pouls veineux spontané s'y remarque fréquemment ou se manifeste à la moindre pression du globe, ce qui indique que la circulation se fait par saccades et avec de légères interruptions.
Les nerfs de la choroïde sont les nerfs ciliaires. Les uns, dits ciliaires courts ou indirects, émanent du ganglion ophthalmique, traversent la sclérotique au voisinage du nerf optique, cheminent entre cette membrane et la choroïde pour arriver au muscle cihaireoîiils se divisent et se subdivisent pour former un plexus circulaire. Chacun de ces nerfs contient trois espèces de fibres, à savoir : des fibres motrices, des fibres sensitives et des fibres sympathiques.
Les autres, appelés ciliaires longs ou directs, naissent directement de la branche naso-cihaire du trijumeau, pénètrent dans la sclérotique non loin du nerf optique et suivent le même trajet que les précédents ; leurs fibres sont simplement sensitives.
Ainsi constitués, les nerfs ciliaires jouent en physiologie un rôle de premier ordre, car ils président à la sécrétion des hquides intra-oculaires et à la nutrition du globe. En pathologie leur importance n'est pas moindre, car, sans parler de tous les troubles trophiques auxquels leurs altérations peuvent donner lieu, ce sont eux qui par leur irritation sont souvent le point de départ du glaucome ; ce sont eux également qui sont les principaux organes de transmission de l'ophthalmie sympathique.
CIRCULATION DES SUCS NUTRITIFS, VOIES DE FILTRATION DES LIQUIDES OCULAIRES.
-est la choroïde qui sécrète les liquides iutra-oculain
et préside à la nutrition du globe. Comme preuve tirée de l'anatomie, nous connaissons la richesse vasculaire de cette membrane et surtout de la région ciliaire, richesse qui suppose des fonctions nutritives importantes. Comme preuves expérimentales, nous avons les expériences de Von Hippel et de Grtinhagen, sur l'influence que le trijumeau exerce sur la tension intra-oculaire, au moyen des filets qu'il envoie aux nerfs ciliaires. Enfin, comme preuve empruntée à la pathologie, nous voyons la sécrétion de l'humeur aqueuse continuer, au point de faire vousser l'iris en avant, lorsque la pupille est oblitérée, ce qui nous permet encore de locahser la sécrétion de cette humeur dans les procès ciliaires. Nous voyons d'autre part les affections du cercle ciliaire retentir sur le corps vitré et amener à la longue la phthisie du globe.
S'il est vrai que la choroïde sécrète les liquides intraoculaires, tout nous porte à penser que cette sécrétion est continue. Or, la pression intra-oculaire ne variant pas à l'état normal, nous sommes obligés de conclure que ces hquides sortent de l'œil en quantité égale à celle qui s'y reproduit sans cesse. Ce n'était là autrefois qu'une hypothèse, mais ' elle se trouve aujourd'hui vérifiée par les faits et constitue ainsi un des chapitres les plus intéressants de la physiologie oculaire.
Si nous nous en rapportons d'abord aux expériences de Knies, d'Ulrich, et de Leber, nous voyons que les hquides oculaires ne sont pas immobiles et comme stagnants dans l'intérieur du globe, mais se meuvent dans certains sens, et déterminent de véritables courants dont on n'a pu surprendre le trajet et entrevoir la direction. Knies imagina pour cela d'injecter dans le corps vitré une solution faible de ferro-cyanure de potassium, destinée à se répandre