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VOIES DE FILTRA.TION DES LIQUIDES OCULAIRES

dans l'intérieur du globe : quelque temps après, il sacrifiait l'animal, énucléait l'œil et injectait une seconde solution de sesqui-chlorure de fer, qui, en formant avec la première une coloration bleue caractéristique, révélait sa présence dans tous les points oh elle s'était répandue et indiquait ainsi le chemin qu'elle avait parcouru. Il put alors constater les faits suivants, corroborés par les expériences d'Ulrich, etc.

Le Hquide injecté ne se répand pas partout d'une façon uniforme. Le stroma choroïdien est vivement coloré, surtout au niveau des gros troncs formés par la réunion des vasa vorticosa. La réline présente une coloration plus égale, comme si les phénomènes de nutrition y étaient plus régulièrement répartis. Le cristallin, à peine teinté au niveau de ses couches postérieures qui semblent emprunter quelques matériaux nutritifs au corps vitré, est fortement coloré au niveau de son équateur.

Mais là où un véritable courant nutritif s'accuse et s'établit, c'est au niveau de la périphérie du cristalhn, ainsi que l'indiquent les h'gnes bleuâtres, ou, selon l'expression d'Ulrich, les raies defiltration que l'on aperçoit. Le liquide filtre en cet endroit à travers la paroi du canal de Petit ; arrivé dans la chambre postérieure, il rencontre l'iris qu'il traverse d' une façon évidente vers la périphérie, pour gagner la chambre antérieure (Ulrich), au lieu de continuer son trajet par l'orifice pupillaire, comme on serait tenté de le supposer. Le courant passe ensuite en partie dans la cornée, mais se répand surtout dans les lacunes qui constituent le canal de Fontana, lacunes qui sont vivement colorées, ainsi que toutes les parties avoisinantes.

Tel est le grand courant intra-oculaire qui se dirige d'arrière en avant et part du corps vitré pour aboutir à un

Galezowski et Daguenet. 32

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point où nous allons tiouverla plus imporlante des voies de filtration de l'œil.

Ces voies de filtration, sur lesquelles Schwalbe a appelé l'attention, sont au nombre de trois principales, dont une antérieure et deux postérieures.

La voie antérieure est destinée à évacuer dans le torrent circulatoire l'humeur aqueuse, ainsi que la lymphe du corps ciliaire et de l'iris, qui pénètrent à ce niveau par dialyse, dans les fins ramuscules des veines ciliaires antérieures (Leber). Elle est située tout autour de la cornée, au niveau de l'angle rentrant que cette membrane fait avec l'iris. Là se trouve en effet un tissu caverneux, dont les parois élastiques sont formées par l'enchevêtrement des fibres émanées, d'une part, de la membrane de Descemet et de la sclérotique, et d'autre part de l'iris et du muscle cihaire. Ce tissu caverneux constitue des lacunes, des espaces tapissés, comme la chambre antérieure elle-même, par une membrane endothéhale. Ce sont là les espaces de Fontana, espaces communiquant avec la chambre antérieure, la cornée, la sclérotique et le canal de Schlemm. Ce dernier n'est lui-même qu'une série de lacunes, assez réguhèrement disposées les unes à côté des autres, pour former une sorte de canal situé dans l'épaisseur même de la sclérotique.

Ainsi se trouve constituée la grande voie lymphatique de l'œil, la plus importante en pathologie, car c'est son obstruction qui, dans certains cas particuliers, est le point de départ des affections glaucomaleuses; la plus importante également en thérapeutique, car sa situation la rend facilement accessible à nos moyens chirurgicaux.

Les voies de filtration postérieures sont au nombre de deux. L'une est située entre la sclérotique et la choroïde.

ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA CHOaOIOE. 499

dans la couche que l'on décrivait autrefois sous le nom de lamrna fusca, et qui, selon Sciwalbe, est un vaste espace lymphatique formé de lacunes revêtues d'un endo- Ihélium. Elle est le réservoir de la lymphe provenant de la sclérotique et de la choroïde, et communique, par les mêmes orifices que les vasa vorticosa, avec un antre espace I lymphatique situé entre la sclérotique et la capsule de ■ Tenon. Ce dernier espace entoure l'œil presque complète- Pm nt, car il s'étend du bord de la cornée jusqu'au trou op .que, enveloppant en arrière la gaine externe du nerf optique et constituant l'espace dit sus-vaoinal

La seconde voie de filtratioa postérieure, destinée à recevoir la lymphe de la rétine et du nerf optique, s'étend le long du nerf optique, depuis son insertion jusqu dans la grande cavité de l'arachnoïde avec laquelle elle communique. Elle constitue, entre les deu^ gaines du nerf l'espace sous-vaginal, que nous verrons plus tard jouer un ™le important dans la pathogénie de la névrite optique.

ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA CHOROÏDE

Avant d'entreprendre la description des maladies de la choroïde, nous devons encore appeler l'attention sur l'a ! pect que cette membrane présente à l'ophlhalmoscope

La coloration rouge orangé du fond de l'œil oue 'l'on aperçoit . l'aide du miroir, est due, dans une cei-tai: me!

re, au pourpre rétinien, mais surtout au sang contenu d us es vaisseaux si nombreux de la choroïde. Son in en . é dépend principalement de la quantité plus ou mo ns grande de pigment déposé dans cette membrane TnsT' orsque la couche épithéliale et le stroma chor'dieî ont "ne pigmentation normale, le fond de l'œil paraît d' n ™ !

uniforme et les vaisseaux de la choroïde ne sont pas aperçue Si cf's mômes parties sont au contraire peu riches en pjo-ment, comme cela arrive chez les sujets blonds, le fond de^l'œil est d'une couleur rose clairet les vaisseaux choroïdiens apparaissent avec une grande netteté.

La réi arlition du pigment a également une grande influence sur l'image ophthalmoscopique. Si par exemple la couche épithéliale est peu pigmentée par rapport au stroma qui l'est beaucoup, on aperçoit les vasa vorticosa séparés les uns des autres par des interstices grisâtres, à forme irrégulière et étroite au voisinage de la papille, plus allongée et plus étendue vers les parties périphériques. Cet aspect du fond de l'œil est très important à connaître, car il s'éloigne assez du type physiologique pour faire croire à un état morbide, un observateur peu expérimenté pouvant confondre les taches dont nous parlons avec les. amas pi-mentaires de la choroïdite disséminée. Mais l'erreur est facile à éviter, si on se rappelle que les premières: consliti.ent des taches grisâtres, affectant dans le fond de' l'œil une disposition régulière, tandis que les secondes ontt une leinte complètement noirâtre, sont irrégulièrement! réparlio^s et entremêlées de plaques blanches d'atrophie^ choroïdicnne.

Tels sont les différents aspects que présente la choroïde^ vue à rophthalmoscope. Dans les cas où on peut voir lesvaisseaux, ceux-ci apparaissent comme des rubans aplatis, de couleur rougeâtre, s'entre-croisant en tous sens et ne présentant jamais le phénomène du double contour. Ces caractères permettent de les distiiiguer à première vue desvaissraux rétiniens, mais on ne saurait différencier les artères des veines, ni apprécier si ces vaisseaux sont le siège d'un étal congeslif.

CIIOROIDITES.

On décrit sous le nom de choroidites les alléralions de la choroïde les plus dissemblables, aussi bien les lésions nutritives et tropliiques que les lésions inflammatoires. En tenant compte de ces faits et en nous basant sur la nature des altérations, nous diviserons les choroïdites en : T choroïdite séreuse ou glaucome; 2° choroïdite exsudative ; 3° choroïdite suppurative ; 4° choroïdite atrophique.

A côté de ces variétés anatomiques, nous chercherons dans Tétiologie la base d'une autre division, toutes les fois que la maladie empruntera à son origine une physionomie particulière ou tout au moins quelques caractères spéciaux. C'est pourquoi nous décrirons à part : la scléro-choruïdite postérieure, la choroïdite syphihtique, la choroïdite goutteuse, la choroïdite dysménorrhéique et la choroïdite métastatique.

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