‹ Diagnostic et traitement des affections oculaires [electronic resource]Chapitre 56 sur 134 · IV. CHOROIDITE ATROPHIQUE · texte numérisé non relu

IV. CHOROIDITE ATROPHIQUE

La choroïdite atrophique est caractérisée par une atrophie plus ou moins étendue de la choroïde, se présentant sous forme de taches ou de plaques, au niveau desquelles le tissu de la choroïde a disparu, comme s'il avait été taillé à l'emporte-pièce et permet de Yoir la coloration blanc nacré de la sclérotique.

Les symptômes ophthalmoscopiques de cette affection sont très caractéristiques et permettent de suivre pas à pas la maladie, dans les trois phases principales qu'elle parcourt.

Au début, on aperçoit généralement dans la région de l'ora serrata, mais parfois au pourtour du nerf optique, de petites taches arrondies, rosées, d'un diamètre trois ou quatre fois plus petit que celui de la papille, taches qui sont dues à la résorption de l'épithéhum, dont la disparition met à nu la couche chorio-capillaire et permet d'en voir la coloration.

Parmi ces taches, toukes n'ont pas une teinte uniforme : les plus jeunes ont une couleur rose foncée ; les plus anciennes sont d'un rose plus pâle, et c'est ainsi qu'elles

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trahissent chacune leur âge différent, sur le fond de l'œil où elles sont répandues.

Telle est la première période de la maladie, période qui dure des mois entiers et qui passe souvent inaperçue, car le malade n'éprouvant ni gêne, ni trouble de la vue, échappe le plus souvent à notre observation.

Dans la deuxième période, c'est la couche choriocapillaire qui s'atrophie à son tour et laisse apparaître les vasa vorticosa sous-jacents. En même temps les taches s'agrandissent, les cellules pigmentaires éclatent et leur pigment noirâtre s'accumule en traînées ou en îlots sur la surface de la tache et en encadre les bords.

Enfin, dans la troisième période, les gros vaisseaux disparaissent, les taches deviennent blanches et les plaques atrophiques sont définitivement constituées. Elles présentent alors les caractères suivants :

1° Elles sont d'un blanc nacré caractéristique, coloration que rehausse l'éclat des vaisseaux rétiniens qui passent au devant d'elles. On aperçoit souvent sur leur surface des dépôts pigmentaires et quelques tronçons de vasa vorticosa encore incomplètement atrophiés,

2° Leur forme de prédilection est la forme circulaire; aussi sont-elles toujours arrondies ou formées de ronds fondus ensemble.

3° Leurs bords sont ordinairement nets, bien arrêtés et souvent entourés d'amas pigmentaires.

4° Leur nombre et leur étendue n'ont rien de fixe. Tantôt le fond de l'œil est parsemé de petites taches blanches voisines les unes des autres; tantôt ces taches se réunissent de façon à former de véritables plaques d'une grande étendue.

b° Enfin elles sont souvent accompagnées de quelques

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altérations de voisinage, telles que la dépigmentation de la choroïde qui les entoure et quelques rares flocons dans le corps vitré.

npiômes Les svmptômes fouctionnels préscu leut un contraste très ncis. frappant avec les signes ophllialmoscopiques. A voir le fond de l'œil, on serait tenté de croire la vision fort compromise, tant sont nombreuses et étendues les taches atrophiques, et cependant le malade ne se plaint que d'une légère photophobie ou de quelques éblouissements dus à l'absence du pigment choroïdien, destiné à absorber l'excès de lumière qui pénètre dans l'œil.

Le trouble de la vision est donc très peu prononcé tant que la macula est respectée; mais, si elle est atteinte, un scotome central se manifeste et affaiblit considérablement l'acuité visuelle. Quant à la vision périphérique, elle est conservée, de sorte que le malade peut toujours se conduire seul et n'a pas à redouter la cécité, iétés. Tel est l'ensemble des caractères de la choroïdite atrophique. Cette affection présente du reste de nombreuses variétés ; c'est ainsi qu'elle est dite disséminée, lorsque les taches atrophiques existent çà et là en grand nombre; généralisée, lorsque ces taches se fusionnent, de façon à occuper la plus grande partie de la choroïde; péri-papillaire , lorsque l'atrophie choroïdienne forme autour de la papille un petit anneau blanchâtre, ce qui s'observe surtout chez les vieillards et dans certaines variétés de glaucome chronique.

C'est aussi dans la classe des choroïdites atrophiques que l'on doit ranger la scléro-choroïdite postérieure ; mais celle-ci s'accompagne d'une ectasie de la sclérotique qui lui donne un cachet tout particulier et mérite à ce titre une description spéciale.

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Si nous recherchons quelle est l'étiologie de la clioroïdile atrophique, nous trouvons qu'elle est due tantôt à des causes locales, tantôt à des causes générales. Parmi, les causes locales, nous pouvons citer la pression exercée sur certains points de la choroïde, à la suite des efforts de convergence, ce qui nous explique non seulement la genèse du staphylome postérieur, mais aussi les atrophies choroïdiennes de la macula, qu'on rencontre si fréquemment dans la myopie. Nous pouvons signaler aussi l'usure de la choroïde, à la suite d'anciennes exsudations ou hémorrhagies de cette membrane.

Parmi les causes générales, notons principalement les thromboses et les dégénérescences athéromateuses des vaisseaux choroïdiens, qui se manifestent surtout dans la vieillesse et dans certaines diathèses, telles que le rhumatisme, la goutte et surtout la syphihs. Il y a aussi une étroite relation entre les troubles de nutrition delà choroïde et les affections de l'utérus, relation qu'il ne faut pas oublier quand on doit instituer le traitement de la maladie.

La coloration chatoyante et blanc nacré des plaques atrophiques, leur forme arrondie, les amas pigmentaires qui les recouvrent par places ou les encadrent, les tronçons de vasa vorticosa qui les sillonnent, permettent de les reconnaître au premier coup d'œil; aussi, de tous les diagnostics faits à l'aide de l'ophthalmoscope, celui-ci est-il un des plus faciles. Nous avons vu du reste plus haut les caractères qui les séparent des exsudations de la choroïde et des exsudations rétiniennes (voir Chordidite exsuda tivé).

Une erreur qu'il faut surtout avoir soin d'éviter consiste à ne pas confondre les dépôts pigmentaires de la choroïdite atrophique avec l'infiltration pigmentaire de la rétine

Traitemeot

En effet, dans ces deux affections, l'aspect de la pigmenlation est fort différent : s'il s'agit de choroïdite, on voit le pigment s'étaler en amas irréguliers et recouvrir de vastes%laques atrophiques; s'il s'agit au contraire d'une rétinile pigmentaire, il se présente sous la forme de petits points noirs, reliés souvent entre eux par des stries noirâtres, et siège le long des vaisseaux rétiniens, principalement dans la région de l'ora serrata. Et du reste, on ne retrouve dans la choroïdite alrophique aucun des signes caractéristiques de la rétinile pigmentaire, à savoir : l'héméralopie, le rétrécissement concentrique du champ visuel, la diminution de calibre des gros vaisseaux rétiniens et enfin l'atrophie de la papille, lorsque la maladie est arrivée à ses dernières périodes.

On ne saurait avoir de prise sur la plaque atrophique elle-même, dont il est impossible d'obtenir la réparation, mais on peut lutter avec avantage contre le travail innammatoire ou congestif qui l'accompagne et contre les causes de

la maladie. ^ i i j„

Si les symptômes fonctionnels éprouvés , par le malade, tels que éblouissements, fatiguedesyeux, gêneinusUéepour la lumière, témoignent d'un état congestif de œ,l ; si en même temps Vexamen ophthalmoseopique révèle une dénudationdelachoroïdeauvoisinage des plaques alropluques

ou une légère injection de la papille, il est nettement ,nd.qué derecouriràune médication autipUogjsfque -odér ^Aquelques saugsues derrière les oreilles peuvent etiedun

salutaire effet. • . , •

Si Von craint de recourir à un pareil n>''ï^°' gnes d'irritation sont P- accentués on pe "^eU «n usa.'e les dérivatifs intestinaux purgatifs, a oès) , les luvm 2tZt tels que des ventouses sèches à la nuque ou des

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vésicatoires volants promenés sur les tempes ou autour de l'orbite, et enfin les frictions stimulantes sur les régions orbitires avec du baume de Fioravanti ainsi formulé :

Alcoolat de lavande 100 grammes.

Baume de Fioravanti 5 —

De faibles doses d'iodure de potassium (0^"",50 à 1 gramme par jour) peuvent également être administrées comme moyen résolutif, même dans les cas qui n'ont rien de spécifique.

Quant aux collyres, les plus efficaces sont ceux d'atropine et d'ésérine instillés alternativement, afin de soumettre les vaisseaux du fond de l'œil à des mouvements successifs de dilatation et de contraction. Ajoutons enfin que, dans ces sortes de cas, nous avons souvent obtenu de bons effets de douches de vapeur administrées à l'aide de l'appareil de Lourenco, pendant une demi-heure tous les jours ou tous les deux jours.

Ce n'est là qu'unepartie du traitement: restent à combattre les causes delà maladie, quand on peut les découvrir ; mais l'ignorance de ces causes rend souvent la thérapeutique indécise. Quoi qu'il en soit, on cherchera à régulariser la fonction menstruelle, s'il y a quelque désordre utérin à remédier. La suppression du flux hémorrhoïdal réclame l'emploi de l'aloès à l'intérieur ou les suppositoires au tartre stibié de Trousseau. Si le malade est syphilitique, le traitement mixte est de rigueur . aux rhumatisants et aux goutteux convient un traitement général approprié.

Lorsque les taches atrophiques sont anciennes et slationnaires, le traitement se borne à de simples précautions hygiéniques. Éviter la fatigue des yeux, porter des conserves teinte fumée pour se précautionner contre un excès de lumière et faire usage d'un régime tonique et fortifiant, tels

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sont les conseils les plus sages et les plus pratiques à donner au malade.

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