OSSIFICATION DE LA CHOROÏDE
. On rencontre très souvent, dans les yeux atrophiés ou phthisiques, de véritables productions osseuses qui se sont formées dans le tissu choroïdien.
Ces productions sont tantôt disséminées, tantôt réunies,
gOO MALADIES DE LA CHOROÏDE.
de façon à conslituei- une véritable coque entourant le nerf optique et s'élalant sur le fond du l'œil jusqu'au voisijjgo-e de l'ora serrata. Quoi qu'il en soit, elles sont surtout abondantes et épaisses au voisinage de la papille, et comme c'est a ce niveau que les nerfs ciliaires pénètrent dans l'œil, elles les compriment et les irritent au point d'entraîner quelquefois l'ophthalmie sympathique.
Le diagnostic de cette altération s'établit : 1° par la dureté du globe; 2° par une réaction inflammatoire plus ou moins vive, qui se traduit elle-même par l'injection de l'œil, par des douleurs ciliaires spontanées ou à la moindre pression, par des sensations lumineuses et du larmoiement.
Le seul traitement à suivre est l'énucléalion de l'œil atrophié, dans le but de calmer les douleurs et surtout d'éviter l'ophthalmie sympathique qui est toujours menaçante.
RÉTINE. — ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA RÉTINE. — MACULA. — RÉTINITES, LEURS DIVISIONS. — RÉTINITE ALBUMINURIQUE ; — GLYCOSURIQUE ; — SYPHILITIQUE; — LEUCOCYTHÉMIQUE ; — HÉMORRHAGIQUE; — PIGMENTAIRE. — embolie de L'ARTÈRE CEN- TRALE. — DÉCOLLEMENT DE LA RÉTINE. — AFFECTIONS DE LA MACULA. — GLIOME DE LA RÉTINE.
La rétine est une membrane nerveuse destinée à transformer les vibrations lumineuses qu'elle reçoit et à les rendre perceptibles. Sa structure histologique est trop complexe pour trouver place dans un traité réservé au diagnostic et au traitement des affections oculaires: nous ne ferons donc qu'exposer sommairement les principaux points relatifs à son anatomie et à sa physiologie.
D'une façon générale , cette membrane peu t être considérée" comme l'épanouissement du nerf optique et comme une dépendance de la substance grise cérébrale dont elle provient. Elle est formée de deux sortes d'éléments : T d'éléments nerveux spéciaux ; 2° d'éléments cellulaires qui enferment la trame et la charpente. Tous ces éléments sont répartis en plusieurs couches, que nous ne ferons qu'énumérer, en allant de dehors en dedans et en mettant en parallèle la nouvelle dénomination de Ranvier et l'ancienne synonymie.
1" Couche épithéliale pigmenlaire. Couche épithéliale pigmentaire. 2» Couche des cônes et des bâtonnets Couche des cônes el des bâtonnets.
3" Membrane limitante externe.. . . Membrane limitante externe.
4° Couche des cellules visuelles. .. Couche des grains externes. 5° Plexus basai Couche granuleuse externe.
„ , l bipolaires. ...)-, 6° Couche des cellules | Couche des grains internes.
( unipolaires. . . . )
7° Plexus cérébral Couche granuleuse interne.
8" Couche des cellules multipolaires . , Couche des cellules ganglionnaires.
9° Couche des fibres nerveuses Couche des fibres nerveuses.
10» Couche limitante interne Membrane Hmitante interne.
(Ranvier) (I).
Toutes ces couches sont reliées entre elles par les fibres de soutènement ou fibres de MûUer.
Uq point qui doit nous arrêter un instant, c'est l'étude du pourpre rétinien, que Franlz Boll a découvert et qui jouit de la singulière propriété de se détruire à la lumière pour se reproduire dans l'obscurité.
Si on examine en effet la face externe de la rétine d'un animal, d'une grenouille, par exemple, que l'on sacrifie après l'avoir laissée quelques heures dans l'obscurité, on voit qu'elle présente une belle coloration rouge, répandue sur le segment externe des bâtonnets, coloration qui se détruit rapidement sous l'influence de la lumière, en passant par une série de teintes qui vont toujours en décroissant. Kiihne a isolé et dissous dans la bile celte matière colorante et lui a donné le nom d'erythropsine ; il attribue son élaboration aux cellules pigmentaires de la couche épithéliale.
Les modifications du rouge rétinien sous l'influence de la lumière, les expériences très probantes d'après lesquelles l'action de la lumière sur la rétine s'accompagne toujours d'un dégagement d'électricité, semblent démontrer que le phénomène de la vision est un acte photo-chimique se passant dans les bâtonnets et dans les cônes, acte qui serait
(1) Ranvier, Cours du Collège de France.