II. — PLAQUES FIBREUSES CONGÉNITALES
Pour compléter celte étude sur l'aspect de la rétine, nous devons signaler une anomalie de structure très singulière, qui donne parfois lieu à une opacité particulière de cette membrane et dont voici l'origine.
On sait que dans le nerf optique les fibres nerveuses sont entourées d'une gaine de myéline, dont elles se dépouillent eu traversant la lame criblée. Chez certains animaux tels que le lapin et quelquefois chez l'homme, dans certains cas qui ne sont pas très rares, elles conservent cette enveloppe qui est opaque, ou la reprennent après s'en être un instant séparées, cequi constitue des opacités blanchâtres, désignées sous le nom de plaques fibreuses congénitales de la rétine.
Le diagnostic de ces opacités repose sur les caractères suivants :
r Elles sont d'un blanc éclatant et se présentent sous la forme d'une ou de plusieurs taches, tantôt moindres qu'un diamètre papillaire, tantôt beaucoup plus étendues.
T Elles ont une apparence striée caractéristique, surtout manifeste au voisinage de leurs bords qui sont très irrréguhers.
3" Leur siège de prédilection est la partie supérieure et inférieure de la papille, puis sa partie interne ; le côté externe du disque optique, c'est-à-dire celui qui avoisine la macula, en est toujours exempt, de sorte qu'elles n'occu-
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pent jamais le môme côté que le staphylome postérieur.
4° Ces plaques empiètent assez souvent sur la papille et s'étendent quelquefois assez loin le long du trajet des gros vaisseaux, dont elles masquent en partie le trajet.
5° Elles sont entourées d'une rétine complètement saine et, sauf l'agrandissement du punctum caecum, elles n'occasionnent aucun trouble fonctionnel.
Ces derniers caractères permettent toujours de ne pas les confondre avec les exsudations rétiniennes, dont elles n'ont du reste ni l'aspect ni l'évolution.
RÉTINITES.
Les rétinites sont les inflammations de la rétine.
Les principales altérations qui les constituent sont : des infiltrations séreuses, des exsudais, des hémorrhagies et quelquefois des dépôts de pigment dans le tissu rétinien luimême.
Mais toutes ces formes n'ont pas une individualité propre; les trois premières surtout se combinent le plus souvent entre elles, de façon à reproduire les dessins ophthalmoscopiques les plus variés, selon la cause qui leur donne naissance.
C'est donc l'étiologie qui nous servira de principal guide pour établir la division des rétinites, et nous étudierons successivement : l^la rétinite albuminurique, 2° la rétiniteglycosurique, 3" la rétinite syphilitique, 4''la rétinite leucocythémique.
Nous envisagerons ensuite les rétinites au point de vue des altérations spécialesque l'on constate à l'ophthalmoscope et nous décrirons aussi : 5° la rétinite hémorrhagique; 6° la rétinite pigmentaire.