DE L'OEIL
Six muscles, dont, quatre droits et deux obliques, impriment à l'œil les mouvements de rotation qu'il exécute aulour d'un centre constant, situé chez l'emmétrope à 13 millimètres et demi environ en arrière de la cornée.
Les quatre muscles droits naissent du sommet de l'orbite et viennent s'insérer sur la sclérotique, par des expansions tendineuses qui ont une largeur de 7 à 8 millimètres et qui sont très brillantes, de sorte qu'il est facile de les distinguer du tissu sclérotical qui est d'un blanc mat uniforme.
Ces insertions se font à une distance variable de la cornée, distance qui est de 5, 6, 7 et 8 millimètres en partant du droit interne pour arriver au droit supérieur, de sorte que la ligne d'insertion des muscles représente une spirale et non une circonférence (Tillaux).
Ce qu'il importe également de savoir, c'est qu'avant de s'insérer sur la sclérotique ces muscles traversent la capsule de Ténon, qui leur fournit des gaines fibreuses très adhérentes. Ces gaines sont elles-mêmes reliées à la base de
l'orbite par des faisceaux fibreux résistants ou tendons d'arrêt, disposition qui a le double avantage d'empêcher le globe d'être comprimé et d'être attiré en arrière par la contraction de ses muscles.
Un dernier point sur lequel nous devons appeler l'attention, c'est que le tendon de chaque muscle présente de nombreuses adhérences avec la capsule circonvoisine, de sorte que, dans l'opération du strabisme^ il ne suffit pas en général de sectionner le tendon, mais il est nécessaire de détacher ses adhérences avec l'aponévrose oculo-orbitaire, pour obtenir un redressement suffisant.
Ces détails anatomiques connus, voyons quel est le rôle physiologique des muscles de l'œil, considérés dans leur action isolée et dans leur action combinée :
Aux deux extrémités du diamètre horizontal de la cornée, s'insèrent le droit interne et le droit externe.
Le premier attire la pupille en dedans, sans l'élever ni l'abaisser et sans incliner le méridien vertical de l'œil, de sorte que c'est un muscle adducteur pur. Le second attire la pupille en dehors, sans avoir d'influence sur sa hauteur ni sur le méridien vertical, de sorte qu'il est un abducteur pur.
Aux deux extrémités du diamètre vertical de la cornée, s'insèrent le droit supérieur et le droit inférieur ; de là, ces muscles se portent non directement en arrière, mais en arrière et en dedans pour gagner fanneau de Zinn, ce qui donne lieu aux conséquences suivantes :
Le droit supérieur élève non seulement la pupille, mais l'attire légèrement en dedans et incline également en dedans l'extrémité supérieure du méridien vertical : il est donc à la fois élévateur, adducteur et rotateur en dedans.
Le droit inférieur abaisse non seulement Ja pupille, mais