‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 122 sur 355 · DILATATION ANÉVRYSMATIQUE OU ANÉVRYSME VRAI. MALADIE DE IIODGSON · texte numérisé non relu

DILATATION ANÉVRYSMATIQUE OU ANÉVRYSME VRAI. MALADIE DE IIODGSON

L'aorte est le tronc commun des artères à sang rouge. Son nom vient de àipw (je suspens), d'après Littré. Ce nom, déjà employé par Hippocrate, s'appliquait autrefois à la trachée et aux bronches auxquelles les viscères thoraciques étaient supposés suspendus. Aristote employa ce mot pour désigner notre aorte qui, par les veines pulmonaires et le cœur, lui semblait conlinuer les vaisseaux aériens.

Points de repère anatomiques. — L'aorte commence à la base du ventricule gauche. Son origine est placée, comme un sait, derrière le sternum, au niveau des cartilages des troisièmes côtes, un peu à gauche de la ligne médiane. Elle se termine au niveau de la quatrième vertèbre lombaire.

Elle a la forme d'un point d'interrogation, d'une crosse de pèlerin ou d'évêque. Elle donne le sang à tous les viscères supérieurs par des artères qui se détachent d'elle perpendiculairement et normalement à sa courbe, et continue ainsi pour une partie des viscères abdominaux. Ce n'est que près de sa bifurcation que les artères se détachent obliquement.

L'aorte est protégée d'une manière remarquable par la colonne vertébrale, le sternum et les côtes. Son calibre, dont j'ai donné la circonférence à tous les âges, à son origine, est le suivant :

A la naissance 23 millimètres.

A 21 ans CO —

STRUCTURE DE L'aORTE. 279

A oO ans 70 millimètres.'

A 80 aus 80 — (i)

Ce calibre va en diminuant progressivement de l'origine à sa

terminaison. (Voyez, du reste, le tableau page 248.)

On y distingue à l'origine un peu de dilatation qui tend à lui

donner un peu la forme d'un trèfle; ce sont les trois sinus de

Valsalva bridés par l'attache des valvules sigmoïdes. La structure de l'aorte se compose, d'après M. Ranvier, de trois

tuniques : 1° une tunique interne grise; 2° une tunique moyenne

jaune; 3» une tunique externe rouge.

i" Tunique interne. — La. tunique interne comprend d'abord

une couche épithéliale qui s'altère très vite par la putréfaction.

Aussi ne la trouve-t-on jamais dans les autopsies. Pour la voir, il faut l'observer sur des animaux tués expérimentalement. On voit alors qu'elle se compose de cellules épithéliales dont les contours sont déterminés par l'imprégnation au nitrate d'argent. Ce sont des cellules polygonales, limitées par une ligne noire à la lumière transmise ; elles sont très aplaties, leur noyau est également aplati, circulaire ou allongé. Il s'imprègne et se colore par le picrocarminate d'ammoniaque.

La tunique interne ou grise comprend en outre une couche sous-épithéliale formée par des cellules étoilées et par une substance fibrillaire à direction longitudinale. Ces éléments se révèlent également par l'imprégnation au nitrate d'argent. Cette couche paraît striée longitudinalement, mais cette apparence est produite par le resserrement de la couche élastique. Cette couche ne renferme pas de vaisseaux.

20 nmtque moyenne ou jaune. — Cette couche est beaucoup plus épaisse que la précédente ; elle est composée de lames et de fibres élastiques qui forment par leurs anastomoses un réseau continu. Les loges qu'elles forment contiennent des fibres mus^ cùlaires lisses à direction transversale,

(1) Les mesures données par M. Noël Guéneau de Mussy, d'après Chevers et Gairdner, s'accordent avec celles de Beneke. - N. Guéneau de Mussv necherches sur la dilatation cyWidrique de L'aorte ascendante et sur le caractère tympamque du second bruit cardiaque dam cette affection [France médic«/e, 8 novembre 1876).

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