DIAGNOSTIC DE LA MALADIE DE HODGSON
f Voyons maintenant les symptômes et le diagnostic de cette aflection.!
Au début, elle est peu accusée, et si elle commence chez des sujets encore jeunes et qu'onne pratique pas l'auscultation avec précision, il y a tout lieu de craindre qu on laisse passer cette aflection sans la voir, ou qu'on la prenne pour une anémie.
Cette confusion est d'autant plus possible que cette afi-ection s accompagne d'une certaine pâleur et que la connaissance du siège exact du souffle anémique dans l'artère pulmonaire n est pas encore très répandue.
Obsehvation XLIII.- J'observe depuis dix ans une femme encore jeune
292 MALADIES DE L'OIUGI.NE DE l'aORTE.
qui est atteinte depuis cette époque d'un point très légèrement douloureux parfois derrière le sternum, au niveau du deuxième espace intercostal. Elle a été pendant un certain temps piile, mais sans bruit de souffle anémique.
Son cœur est sain, l'exploration physique et l'exploration fonctionnelle ne révèlent rien d'anormal. Mais si l'on vient à l'ausculter, on constate encore •maintenant et d'une manière très nette un bruit de souffle particulier.
La région occupée par ce bruit correspond exactement au tracé de l'aorte ascendante depuis sou origine jusqu'à sa sortie du péricarde. Le schéma dépasse seulement un peu l'aorte vers la droite. On sait que l'aorte scendante a son bord externe ou droit au niveau du bord droit du sternum ; ici le schéma déborde le sternum de 1 centimètre à droite.
fig. 95.
Le bruit est systolique, débute avec la systole et se prolonge pendant toute cette systole ne laissant pas entendre en général le petit silence. Ce bru.t est sui'vi d'un claquement sigmoïdien normal. Le timbre du bruit est assez doux, mais il est néanmoins assez fort. 11 n'y a rien dans le deuxième espace gauche au niveau de l'artère pulmonaire. En outre le brmt n est modifié ni par le changement de position (debout ou couchée), m par 1 arrêt delà respiration ni par l'effort. Enfin, il a la lixité des bruits organiques, C'est bien un bruit lié à des rugosités de l'origine de l'aorte.
■ Ainsi limitée, l'endaorlite, chez un jeune sujet, peut durer longtemps sans produire d'accidents. Mais il n'en est pas de même quand il s'agit de la maladie de Ilodgson, c'esl-à-dire de la dégénérescence graisseuse de l'aorte avec ses suites. Cette description va faire l'objet du paragraphe suivant.
CIIAPITI^E XX.
SYMPTOMES ET DIAGNOSTIC DE EA MAEADIE DE HODGSON ou dkgi';néresgk,\ce ghais.skusk
ENTRAfXAXT L'A^•KVRYSME VRAI DK l/ORIGIXE DE l'AORTE.
La maladie de Hodgson, avant de pouvoir être précisée par le diagnostic, s'annonce ordinairement par les troubles fonctionnels des affections du cœur. D'abord la dyspnée d'effort, c'està-dire que les malades ne sentent rien au repos ou lorsqu'ils marchent sur un terrain plat; mais, pour peu qu'ils veuillent faire le moindre effort de force ou de vitesse, la dyspnée survient. Si le malade, marchant sur un terrain plat ou occupé à un ouvrage quelconque, veut se presser, immédiatement la dyspnée survient.
D'autres fois, sans que le malade se presse, si le terrain vient à monter légèrement, la dyspnée survient rapidement, bien que le malade n'ait pas conscience de l'effort qu il doit faire La dyspnée est encore plus grande si le malade doit monter un es- . calier un peu raide. ou s'il doit gravir une montagne ; il sera I bientôt k bout de forces et il devra s'arrêter à chaque moment l pour prendre du repos.
En outre de cette dyspnée, toute gêne respiratoire provoque • de l'étouffement et la fatigue du cœur donne des vertiges par .lanémie cérébrale.
En dehors de ces phénomènes, l'attention est en général d'a- 1 bord attirée par l'état des artères. Lorsqu'on vient à toucher la rradiale, on la trouve grosse, dure, sans élasticité, peu dilatée ppar la pulsation cardiaque et résistant à l'affaissement sous la [.pression des doigts. L'artère est en outre flexueuse. Si l'on vient découvrir complètement le cou et le thorax du malade pour I constater l'état de son système artériel, on troùve que les artè-
res sont grosses, flexueusespar l'allongement, attendu que même dans l'extension du bras elles sont déjà flexueuses. Ces flexuosités augmentent par la flexion des articulations qui raccourcissent les régions et rapprochent les extrémités des artères.
Donc nous constatons d'abord , le manque d'élasticité et de contractilité des artères. En outre, nous constatons leur allongement non seulement aux membres, mais encore à la crosse de l'aorte.
En effet, à l'état normal, l'aorte ascendante ne dépasse pas le bord droit du sternum, et passe à 15 à 20 millimètres au-dessous de la fourchette sternale. Mais quand elle se dilate, elle dépasse le bord du sternum et peut être reconnue dans le deuxième espace et le premier espace intercostal droit par la palpation, le cardiographe et la percussion, en même temps qu'elle peut arriver au niveau de la fourchette sternale et la déborder. Cette dilatation aortique entraîne des déplacements des origines des artères principales. J'ai vu un cas où l'artère sous-clavière droite ne naissait pas du tronc innominé, mais naissait directement de l'aorte et lavait vu son origine reportée à gauche au-delà du sternum. J'ai vu de mêtne la sous-clavière gauche, ayant son origine reportée à gauche faire une courbe considérable en hauteur avant de gagner la clavicule pour devenir axillaire.
Les artères thyroïdiennes peuvent de même voir leur origine déplacée,
Ladilatationenlargeurcontribueaux déplacements que je viens d'indiquer, elle contribue aux flexuosités en augmentant considérablement le diamètre des artères. On voit les thyroïdiennes prendre quelquefois des dimensions telles, que l'on pourrait les considérer comme des artères ayant la forme des anévrysmes cirsoïdes et ressemblant à ce développement cirsoïde des artères thyroïdiennes qu'on appelle goitre exophthalmique.
L'aorte et les grosses artères donnent alors un frémissement comm.e celui des artères cirsoïdiennes ou celles du goitre exophthalmique. Ce frémissement se constate non seulement sur les artères, mais encore sur les organes environnants. Ainsi, le frémissement se fait quelquefois sentir à l'origine moyenne et supérieure du sternum, et plus souvent encore au-dessus de