‹ Diagnostic et traitement des maladies du cœur [electronic resource]Chapitre 126 sur 355 · TOPOGRAPHIE DES SOUFFLES · texte numérisé non relu

TOPOGRAPHIE DES SOUFFLES

llien d'appréciable à la tricuspidc ni aux orifices artériels.

Le foie n'est pus augmenté de volume, les poumons sont infiltrés par l'œdème, on y constate des râles crépitants, fins, serrés, en bas du côté gauche et dans toute la hauteur du côté droit. Les membres inférieurs sont infiltrés comme il a été dit.

Le maladû est mis au repos et à la macération de digétale (un pot de macération de 30 centigrammes de poudre de feuilles polir iin litre d'eau).

Sous l'influence de ce traitement, l'action diurétique apparaît au cinquième jour et l'urine, qui ne donnait que 300 centilitres par vingt-quatre heures, arrive, le cinquième jour, à près de 2 litres et le sixième jour à 2 litres oO centilitres. En même temps, l'hydropisie etladyspnée vont eu diminuant, la dyspnée persiste néanmoins, le malade a encore de l'orthopnée. 11 ne peut se coucher dans le décubitus horizontal et doit rester presque assis dans son lit.

Une fois le malade reposé et l'hydropisie à peu près disparue, je fais le 30 janvier un nouvel examen complet de la région cardiaque et je le trouve singulièrement modifié.

Le pouls, toujours régulier, s'est considérablement développé ; il est devenu large, les artères sont grosses, flexueuses, elles présentent le phénomène du pouls visible de Corrigan, sont déplacées par chaque systole, qui en exagère les flexuosités ; le pouls est en outre bondissant, comme l'a signalé Hope.

Les artères sont évidemment scléreuses et dépourvues de contractilité. Un nouvel examen de l'aorte à son origine fait reconnaître un bruit de souffle siégeant dans le deuxième espace intercostal droit et s'étendant jusqu'à 3 centimètres du bord droit du sternum.

. Ce bruit est systolique et cesse au moment de la clôture des valvules sigmoïdes, qui donnent un second bruit nettement frappé. Le timbre du bruit est rude.

Le diagnostic est alors complet. Sclérose artérielle généralisée, dilatation aortique à son origine. Rugosités de la paroi interne commençant à l'orifice au niveau des valvules, sans insuffisance de ces valvules. Insuffisance mitrale. -i

L'état persiste de môme pendant le mois de février. Au commencement de mars, la dyspnée redevient plus intense et l'œdème des jambes reparaît. Je prescris de nouveau la macération digitale à 30 centigrammes par litre, et, à partir du sixième jour, la quantité des urines s'élève par vingt-quatre heures à 2 litres.

Sous l'influence de ce traitement, le malade est considérablement soulagé et, le 2 avril, il demande sa sortie.

Le 3 mai, il rentre de nouveau (salle Saint-Henri, nM3). 11 revient avec une dyspnée considérable, une congestion pulmonaire intense, surtout dans la moitié inférieure du poumon droit, avec des cracliafs visqueux transparents et légèrement sanguinolents. Le foie n'est pas gonflé et les

MALADIE DE IIODGSON.

membres infciieurs ne sont pas] œdématiés, bien qu'ils soient tous deux le siège de varices énormes.

Le cœur bat faiblement et rasystolie paraît être la cause de la congestion pulmonaire.

Les ventouses sèches et la macération de digitale le soulagent encore une fois.

Cependant, peu à peu, l'hydropisie revient de nouveau et la digitale ne la modifie plus guère ; à la lin du mois d'août, on essaye un nouveau diurétique, le Gisampélos, sans plus de succès. A partir de ce moment la dyspnée n'est plus modifiée que par les injections sous-cutanées du chlorhydrate de morphine. On commence par une injection d'un centigramme, puis, plus tard, il faut arriver à deux, puis à trois, puis à quati-e injections par jour.

A partir du 1" novembre, le malade ne peut plus tenir dans son lit, il couche dans un fauteuil et repose de moins en moins. Il meurt le 13 novembre 1879.

L'autopsie fait reconnaître d'abord l'hypertrophie considérable du cœur, il pèse 84-5 grammes en comprenant l'aorte jusqu'à l'origine de l'artère sous-clavière gauche.

La pyramide ventriculaire a 14 centimètres de hauteur à sa face antérieure et 13 centimètres à sa face inférieure ou diaphragmatique. La face pulmonaire ne peut être mesurée facilement à cause de sa convexité.

L'hypertrophie des parois est considérable surtout au ventricule gauche. Les parois du ventricule gauche ont 35 millimètres d'épaisseur et la paroi antérieure du ventricule droit a 14 millimètres h sa partie moyenne et 7 millimètres à sa partie supérieure au niveau de Tinfundibulum.

L'aorte est dilatée à partir de son origine; elle a 75 millimètres de circonférence à i centimètre au-dessus des valvules sigmoïdes, c'est-à-dire son périmètre normal, mais elle s'élargit bientôt. Le tronc brachiocéphalique est dilaté, il a 50 millimètres de circonférence à son origine. La carotide gauche a 25 millimètres et la sous-clavière gauche 35 millimètres à leur origine. L'artère est encore souple, mais elle présente des plaques rugueuses, saillantes, à bords un peu détachés depuis l'origine jusqu'au sinus.

Les valvules sigmoïdes sont épaissies, présentent un nodule d'Arantius considérablement grossi et dur. L'une d'elles est retenue à la face interne de l'aorte par plusieurs brides; cependant, elle rejoint assez bien les autres. Il y a sans doute un peu d'insuffisance et cela explique que dans les derniers temps de la vie nous avions cru entendre un bruit de souffle fort systolique et descendant. Mais ce qui domine, ce sont les rugosités valvulaires et aortiques.

La cavité du cœur gauche est considérablement agrandie et la pression ne permet plus aux colonnes charnues de premier ordre de s'appliquer l'une contre l'autre, malgré leur augmentation de volume. Il est certain que

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