CAL
État normal :
Jouin
Deaubonui!
Ainsi donc l'hypertrophie gauche est très accusée par l'abaissement et réloignement de la pointe. Mais le cœur droit est peu atteint, aussi l'angle droit n'est pas abaissé et le bord vertical est plutôt rapproché du bord sternal par le fait de l'entraînement du cœur à gauche. Le schéma suivant rendra compte de ce déplacement.
On voit que le cœur a tourné pour ainsi dire autour de l'attache de la veine cave inférieure, le point le plus fixe de la région cardiaque, comme je l'ai montré.
La rotation autour de ce point s'est faite do haut en bas, comme nous l'avons vue se faire transversalement d'avant en arrière dans l'emphysème, d'arrière en avant dans les épanchements de la plèvre gauche.
La largeur du bord infcriour du cœur, mesurée normalement par 3 centimètres do l'angle droit à la ligne médiane, plus 9 de la ligne médiane à la pointe, est augmentée considérablement, la pointe s'éloignant de 12, 13, 14, 15 centimètres. Le bord inférieur prend donc de 15 à 18 centimètres, c'est-à-dire que le cœur a augmenté en longueur de 6 centimètres, ce que nous pouvons mesurer exactement aujourd'hui, grâce au procédé que j'ai indiqué.
L'hypertrophie du cœur se faisant en pareil cas avec dilatation des cavités, il arrive un moment oii la valvule mitrale, bien que saine, devient insuffisante par dilatation et qu'un bruit de souffle systolique apparaît à la pointe avec tous les caractères d'un bruit local.
Observation LIIL Maladie de Eodcjson, hypertrophie avec dilatation, insuffisance mitrale secondaire probable. — S... iCharles), âgé de soixantetrois ans, comptable, entre à l'hôpital Lariboisière, salle Saint-Henri, n» o, le 9 janvier 1880.
Le malade entre à l'Iiôpital pour une pneumonie catarrliale qui guérit bientôt et l'on s'aperçoit en le soignant qu'il est atteint d'une maladie de Hodgson.
Le 23 janvier, ou constate que le malade présente le phénomène du pouls visible de Corrigan, pouls visible augmentant par la flexion du membre. On constate en même temps que le pouls est grand et régulier. 11 est brusque et sans force, l'élévation du bras n'augmente pas l'amplitude des oscillations.
L'examen du cœur donne les résultats suivants :
La pointe bat dans le sixième espace à 125 miUimètres delà ligne médiane Le bord supérieur du foie correspond à l'insertion du cinquième cartilage; le bord inférieur est très oblique, avec Un abaissement de 125 millimètres' Le bord vertical est à 2o millimètres de la ligne médiane.
Ainsi donc, hypertrophie considérable, portant surtout sur le cœur gauche.
L'auscultation de l'aorte fait reconnaître un bruit de souffle systolique ascendant, commençant à l'angle droit du cœur, remontant tout le long du sternum, jusqu'à la carotide droite. Le schéma de-la région occupée'par ce bru.l forme un V dont le sommet correspond à l'angle droit du cœur
Le bord droit s'écarte du bord droit du sternum, avec un sinvis de 5 centimètres pour les trois premiers espaces intercostaux, et de 3 centimètres dans le quatrième. espace.
Le bord gauche du V remonte le long du bord gauche du sternum et ne le dépasse que de 1 centimètre dans le deuxième espace intercostal seulement.
Le bruit est rude et systolique, en ce sens qu'il commence avec la systole ventriculaire et finit assez brusquement à la fin de la systole. Il couvre le claquement des valvules sigmoïdes, qu'on n'entend nulle part. Au niveau de la carotide droite, et même de la gauche, ce bruit persiste avec son même timbre; il devient cependant plils rude. Le bruit s'entend d'une manière intermittente jusqu'à la région lombaire.
Fig. 104.
La recherche du claquement des valvules sigmoïdes mène aux constatations suivantes : le bruit de souffle systolique se termine brusquement sans laisser entendre le claquement sigmoïde ; mais sa terminaison brusque et la durée du grand silence font penser qu'il n'empiète pas sur le grand silence. Lorsqu'on ausculte le bord inférieur du cœur, on constate que le bruit de souffle svstolique, au lieu de se terminer brusquement, se prolonge sous forme d'un bruit de souffle doux et profond qui occupe une grande partie du grand silence et est évidemment un souffle d'insuffisance aortique.
La grande étendue delà surface occupée par ces bruits et 1 absence d un point maximum, sternal, en même temps que le bruit d'une insuffisance aortique, font penser qu'il s'agit non pas d'un rétrécissement avec msuffisanc^e de l'orifice aortique, mais d'une maladie de Hodgson, c'est-à-dn-e d'une dilatation aortique avec rugosités athéromateuses et calcaires à son origine,