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ENDOCARDITE DU CCEUR DROIT

INSUFFISANCE ET RÉTRÉCISSEMENT DE l'ORIFICE AURICULO-VËNTRICULAIPE DROIT.

Il ne sera question dans ce chapitre que des endocardites du cœur droit et de leurs suites, soit l'insuffisance, soit le rétrécissement; je renvoie à Varlide Dilatation du c£Bî<r l'insuffisance tricuspide par dilatation, qui est pourtant la plus commune.

L'endocardite droite est rare. Il est surtout rare de la voir isolée, car le plus souvent elle accompagne l'endocardite gauche. On y trouve cependant les deux formes ordinaires de l'endocardite: l'endocardite végétante ou verruqueuse et l'endocardite scléreuse.

L'endocardite ulcéreuse y est plus rare.

L'endocardite végétante atteint le cœur droit dans les mômes points que le cœur gauche. C'est d'abord au bord valvulaire, puis sur la face auriculaire de la valvule. On en trouve des exemples dans le Traité des maladies du cœur de M. le professeur Bouillaud (1). La valvule tricuspide y est dite épaissie et comme fongueuse, tapissée de petites concrétions fibrineuses affectant la forme de granulations, les unes rougeâtres, les autres décolorées (2). J'ai eu l'occasion d'en voir un exemple à l'hôpital Saint- Antoine en 1877.

On y trouve plus souvent encore l'endocardite scléreuse. On

(1) Bouillaud, Traité clinique des maladies dic cœur, t. II, p. 123, 1835.

(2) Bouillaud, Traité ctiniqiie des maladies du cœur, t. II, Obs. lxxxii.

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lit dans l'observation GX de M. le professeur Bouillaud : « La valvule tricuspide est épaissie et comme fongueuse et présente vers sa pointe une induration fibro- cartilagineuse, n

Elle ne peut fermer complètement l'orifice auquel elle est adaptée. De môme dans l'observation XLIV (1).

Les végétations sur la face auriculaire ont été surtout bien décrites par M. Bouyer sur un malade observé dans le service de Martin-Solon.

Voici la description de l'autopsie:

(c Le volume du cœur est augmenté d'un tiers, ses cavités sont très larges, les parois de ses ventricules d'égale épaisseur, le gauche étant un peu aminci et le droit légèrement hypertrophié.

«La cloison du ventricule est augmentée d'épaisseur.

«Les orifices artériels n'olTrent rien de remarquable.

« La valvule tricuspide présente sur sa face interne, entre son insertion et son bord frangé, une végétation annulaire d'une dureté fibro -cartilagineuse, de couleur blanche, de deux lignes de hauteur, dirigée vers l'oreillette et se déchirant aisément sous les efforts du doigt. Par cette disposition, la valvule forme un orifice circulaire de deux ou trois lignes de diamètre, constamment ouvert et qui, tout en empêchant l'arrivée du sang de l'oreillette dans le ventricule droit, permet aussi le reflux du sang de ce ventricule dans l'oreillette (2). »

Chez un malade atteint de dilatation anévrysmatique de l'aorte en même temps que de lésions mitrales et tricuspides, M. le professeur Bouillaud a trouvé la valvule tricuspide très développée; ses trois lames sont séparées, mais épaissies et transformées en un tissu fibro -cartilagineux (3).

Voici un cas qu'on pourrait rapporter à l'endocardite ulcéreuse.

« Une jeune fille de vingt-deux ans nommée Sophie était parvenue au troisième degré cîe la phthisie pulmonaire lorsqu'elle entra à l'hôpital Cochin le 30 juillet 1832. Elle mourut dix-huit jours après son entrée.

(1) Bouillaud, Traité clinique des maladies du cœur, t. 11^ p. 31.

(2) Marlin-Solon, Journal hebdomadaire, 1832, t. IX, Obs. ii. In Thèse de Bouyer, Paris, 1866.

(3) Bouillaud, t. II, p. 88, Obs. lx, et p. 120, Obs. lxvii.

«A l'autopsie, les poumons étaient entièrement désorganisés et convertis en substances tuberculeuses. Le péricarde contenait de la sérosité. Le cœur était assez ferme, un peu moins gros que le poing du sujet et assez pourvu de graisse.

« Le ventricule droit contenait un petit caillot blanchâtre rempli d'une matière liquide comme purulente et blanche. Cette sorte de végétation adhérait aux tendons d'une colonne charnue qui était rompue et flottante au milieu de la cavité ventriculaire (1). »

Yoilà bien en effet une destruction qui indique la forme ulcéreuse de l'endocardite.

Ainsi donc l'endocardite existe pour le ventricule droit, et, quand elle s'y développe, le processus jiathologique ne paraît rien offrir de particulier.

L'endocardite scléreuse qui se termine par l'induration et l'immobilité de la valvule peut laisser en déûnitive cet orifice étroit ou large sans qu'on ait observé jusqu'ici une différence symptomatique entre l'induration à large ou étroite ouverture.

Les symptômes généraux de la lésion tricuspide sont la reproduction des symptômes de la lésion mitrale, avec quelque différence par suite même de la différence de fonction.

On observe la même dyspnée pour monter les escaliers et les côtes, le même effort pour quelque travail qui demande un peu de force ou de vitesse, et enfin des palpitations.

Le pouls diffère du pouls mitral en ce sens qu'il reste régulier et assez grand.

L'inspection de la poitrine n'indique rien de particulier, mais la mensuration du cœur met déjà sur la voie du diagnostic.

En effet, en mesurant le cœur on trouve que la pointe n'est pas abaissée, mais, par contre, que c'est l'angle hépatique qui est abaissé. Par suite, l'obliquité du bord inférieur diminue, et si l'angle hépatique du triangle cardiaque a suffisamment baissé, le bord inférieur devient horizontal.

(1) Berlin, Traité des maladies du cœur, Obs. vi de la thèse de Bouycr, Paris, 1866.

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En môme temps le bord vertical paraît s'éloigner du bord du sternum.

Ces signes ont d'autant plus de valeur que la fixité de la veine cave mférieure ne permet à celte région que de se déplacer en bas par son poids et de s'agrandir par la dilatation de l'oreillette, tout déplacement transversal étant impossible.

A la palpation, on ne constate pas de frémissement cataire, si la valvule tr.cuspide est seule atteinte. Cela peut s'expliquer

Fig. .14. Topog,.aphie du bnuttnonspidicn, abaissement et éloignemen. de lan^le droit du Inangle cardiaque.

très bien par le peu d'énergie de la contraction de ce ventricule par rapport au ventricule gauche. Hode, qui a été l'un des premiers à étudier cette question spéciale, affirme positivement que le frémissement cataire n'existe pas.

Au point de vue de l'auscultation, Hope fait une très bonne distmct.on : « Les signes des maladies de la tricuspide sont les rnen.es que ceux de la mitrale, excepté que les souffies sont plu éclatants sous ou. près du sternum, et au même niveau, que dan lanection mitrale, à savoir aux environs ou un peu au dessou de 1 endroit où bat la pointe.» (Traduction de M. Deschamps interne du service.) ^'t'jjps»,

Au point de vue de Tauscultation, j'examinerai le bruit de souffle sous es tro.s rapports de l'espace, du temps et du timbre AU poml de vue de la topographie, je dirai que le bruit":

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