POULS VEINEUX JUGULAIUE AVEC REFLUX
veineux, pour ne pas compliquer le problème. Cette influence est connue depuis longtemps.
Le reflux n'existe donc que par l'insufOsance de la valvule tricuspide, qui permet au sang lancé par le venLricule de refluer jusque dans la veine. C'est un reflux syslolique ventriculaire. Friedreich ne donne pas à ce signe une semblable valeur, il croit que la pulsation veineuse du cou est loin d'être caractéristique. Il pense qu'un véritable reflux, dans la veine du cou peut très bien avoir lieu alors que l'occlusion de l'oriflce tricus-
Fig. 117. Pouls veineux jugulaire aveu reflux en bas, pulsation cardiaque on haut.
pide se fait normalement; d'un autre côté, il dit avoir observé qu'une insuffisance tricuspide peut exister sans pouls veineux, ce qui a lieu, dit-il, quand les valvules des veines cervicales ont conservé leur faculté normale d'occlusion. Il admet toutefois que si les battements des veines du cou présentent une intensité très marquée, au point de soulever manifestement le doigt appliqué sur la région cervicale correspondante, l'existence d'une insuffisance tricuspide sera très probable, car des battements si violents peuvent difficilement être dus à une autre cause qu'à la force d'impulsion directe du ventricule droit [l).
(I) Friedreici), Imité des maladies du cœur, IraduiL par Doyoïi, 1873,
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Jo pense qu'en pareil cas Friedreich a conlondu avec le vérilablc pouls veineux les ondulations dont je parlais plus haut. (Juant à l'iiibsence de reflux en cas d'asystolie, cela se voil, à cause de l'airaiblissement de la conlraclion venlriciilaire qui ne peut plus soulever la colonne sanguine. Quant ù. l'obstacle au rellux par une clôture exacte des valvules des veines cervicales, 11 n'est pas impossible, puisque la veine jugulaire interne qui possède deux belles valvules a son embouchure dans le tronc brachio-céphalique. Mais les deux valvules que possède la jugulaire externe, Tune à sa partie moyenne et l'autre à son embouchure, n'interceptent qu'une partie de la lumière du vaisseau et ne me paraissent guère pouvoir arrêter ce rellux du sang lancé par le ventricule droit, à moins, comme je l'ai dit, qu'il n'y ait asystolie.
Un autre symptôme produit par l'insuffisance de la tricuspide est le pouls veineux hépatique, sur lequel l'attention vient d'être appelée de nouveau par le docteur Mahot, un des élèves de M. le professeur Polain ( I ).
Suivant M. Mahot, la découverte de ce symptôme est due à Kreysig(18l6), qui parle de l'existence de pulsations du foie dans les cas de dilatation des cavités droites et de l'orifice auriculoventriculaire du môme côté. U attribue ces pulsations à un rellux qui se fait du cœur dans la veine cave inférieure à chaque systole. Depuis ce temps, ce phénomène aurait été décrit par Clarus (2), par Knabe (de Berlin) en 1853, par Seidel à léna en 1803, par Geigel à Wurtzbourg, en 1864, par Frerichs en 1863. Il est donné également dans l'ouvrage de Friedreich.
Voici en quoi il consiste : Le malade étant couché dans le décubitus dorsal, la tète légèrement inclinée sur les oreillers, les cuisses fléchies et portées en dehors, on constate à l'épigastre et dans l'hypochondre droit une pulsation légère plus marquée dans le lobe gauche du foie. Quelquefois cette pulsation est perceptible sur le côté et quelquefois même en arrière.
Cette pulsation est lente et progressive. Elle est limitée au
(1) Mahot, Des battements du foie dans l'insuffisance tricuspide [Thhse de Pans, 1869.
(i) CVàrnà, Examen physique du cœur, p. 90. Luipzi^', 1843.