BES MALADIES DE L'aRTÈIIE PULMONAIRE
Ils sont moins sujets peut-être que les autres cardiaques à la dyspnée d'effort, du moins tant que le rythme du cœur et le myocarde sont intacts. Dans tous les cas ils ne sont sujets ni à l'asphyxie ni aux accès de suffocation des enfants atteints de cyanose. Ils ne sont pas, comme eux, réduits à l'apathie et à l'immobilité. Ils ne présentent pas, comme eux, le développement hippocratique des doigts.
En un mot, si chez eux l'hématose est réduite par le rétrécissement de l'artère pulmonaire, il peut s'ensuivre une oxygénation insuffisante du sang, et par suite, une déchéance de l'organisme allant jusqu'à la phthisie; mais celte déchéance ne prend pas la forme de la stase veineuse, avec l'asphyxie, l'hydropisie et leurs conséquences.
Enfin on a noté quelque tendance aux hémorrhagies et plus particulièrement à l'hémoptysie, qui est alors un prodrome ou un feymptôme de la phthisie pulmonaire consécutive.
Enfin, fait tout particulier et qui donne à cette affection valvulaire une physionomie toute spéciale, c'est que le rétrécissement acquis de l'artère pulmonaire conduit à la phthisie tout comme le rétrécissement congénital. Cette phthisie ne survient pas immédiatement, mais elle peut être prochaine. Dans le dernier cas que j'ai observé et oii la phthisie était positive, la maladie ne remontait qu'à un an à peine. Chez le premier, au contraire, il a fallu sept années. Le temps nécessaire est donc variable et il n'est pas encore possible de le fixer.
Il semblerait, d'après les observations connues, que le poumon gauche ne se prenne pas beaucoup plus que le poumon droit. Dans un certain cas cité par Yilligk, où le rétrécissement ne portait que sur une branche de l'artère pulmonaire, la branche droite, la lésion existait des deux côtés.
11 semblerait donc en résulter que les deux poumons se prennent, autant l'un que l'autre; du reste, la lésion est presque constamment symétrique. Dans mon dernier cas, toutefois, la lésion tuberculeuse n'était encore accusée qu'à gauche.
Quant au processus de la phthisie, il a varié et donné tantôt la pneumonie caséeuse, tantôt les tubercules par granulations. Aujourd'hui où l'on reconnaît que ces deux lésions ne sont que
RÉTRÉCISSEMEiNÏ DU TKONC DE l'aRTÈRE PULMONAIRE. 393
deux, variétéo de la luberculisation, cette distinction n'a pas d'importance.
H est plus rare de voir les malades résister à la phthisie et succomber à l^systolie, auquel cas la cyanose peut se montrer à la fm de la maladie, comme dans toute autre maladie organique du cœur.
IIÉTRÉCISSEMENÏ DU TRONC ET DES BOANCUES DE l'artère pulmonaire.
Les fails de cet ordre sont rares. J'ai rapporté dans mon mémoire sur le rétrécissement des oriOces de l'artère pulmonaire une observation do Willigk dans laquelle le rétrécissement portait sur une des branches de division de l'artère, la branche droite. Celle artère était réduite à un diamètre de 2 millimètres, alors que le diamètre à son origine était de 16 millimètres pour cette branche et de la même grandeur pour la branche gauche, qui était saine. Le tronc de l'artère, épaissi, portait des traces d'endocardite. Le malade, âgé de quaranteneuf ans, maçon, mourut des suites d'une phthisie tuberculeuse des poumons, du larynx et des intestins.
Dans un autre cas, observé par Karl Bettelheim et publié par M. Vimont, le rétrécissement observé sur une jeune Hongroise de vingt-deux ans portait sur la branche droite de l'artère pulmonaire. La malade mourut de phthisie avec des tubercules dans les deux poum.ons.
Enlin, dans un dernier cas, la lésion portait sur deux branches de l'artère pulmonaire (mémoire cité observation XII). Le malade observé par TomassiCrudeli (de Palerme) fut emporté subitement par une thrombose de cette artère.