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DES ANEVRYSMES PARTIELS DU COEUR

Observation LXXX (1). — Anévrysme intracardiaque, perforation intervenlriculaire, tendon aberrant, bruits anomaux. — Nous avons perdu notre malade du n" 40 de la salle Saint-Luc, chez lequel les phénomènes cardiaques, par leur bizarrerie, nous ont forcé de réserver le diagnostic absolu de la lésion dont il . était atteint.

C'était un homme de cinquante-cinq ans, tailleur d'habits, qui avait joui jusque dans ces derniers temps, disait-il, d'une santé parfaite. Les premiers accidents morbides remontaient à trois mois; ils avaient débuté par des troubles gastriques, un peu de pyrosis, quelques nausées et vomissements survenus sans cause appréciable. Cet homme était parfaitement sobre, sans le moindre penchant à Talcoolisme.

f; Quinze jours avant son entrée à l'hôpital, il avait éprouvé ses premieis battements de cœur, ainsi que quelques douleurs dans les jointures. A son arrivée dans nos salles, en l'examinant avec soin, nous constatâmes vers la partie moyenne de la région précordiale un frémissement systolique considérable. Cependant la percussion ne dénotait aucune augmentation de volume du cœur. Quant ;i l'auscultation, nous entendions un double souffle : le premier, systolique, intense, présentant deux maxima retentissants et rudes, l'un à la base du cœur se propageant faiblement vers l'aorte, l'autre cà la pointe. Le deuxième souffle était diastolique, faible, doux, durant pendant la totalité de la diastole. Enfin les battements du cœur étaient au nombre de 112 à 116 par minute.

A côté de ces signes assez embarrassants, indiquant à la fois une insuffisance de la valvule mitrale ainsi qu'un rétrécissement et une insuffisance aortiques, il n'y avait que peu ou point d'hypertrophie cardiaque; delà nouvel embarras, ces lésions étant de celles qui entraînent le plus avec elles l'hypertrophie du cœur. La seule interprétation possible était que, la lésion étant récente, l'augmentation du volume de l'organe cardiaque n'avait pas encore eu le temps de se produire. Mais, d'autre part, comment expliquer une altération aussi grande des orifices sans phénomènes morbides de grande intensité? Une autre explication doit forcément intervenir et doit être cherchée dans une ulcération de l'endocarde, dans quelque rupture vasculaire, dans quelque destruction valvulaire ou l'existence d'un tendon aberrant.

En étudiant les pièces anatomiques que l'autopsie nous a permis d avou' sous les yeux, nous trouvons à la base de la cavité ventriculaire droite une. cavité secondaire, grande à loger une noix ordinaire, qui s'ouvre par deux petits pertuis, l'un à la partie antérieure, ayant un diamètre de O'",00o à 0">,006, à bord lisse, un peu tranchant, l'autre situé au fond et en avant du sinus de Valsalva ; cette cavité n'est autre que celle d'un anévrysmc de la paroi cardiaque, comparable aux anévi-ysmes des artères. Il en existe un certain nombre d'observations dans l'a science; ordinairement ils occupent la pointe ou la base du cœur dans le voisinage des orifices artériels, et sur-

(1) Gazette des Hôpitaux, 8 août 1882.

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