ANÉVRYSME DE LA CLOISON
tout vers le septum, là où il n'existe pour ainsi dire pas de fibres musculaires, mais où les parois sont formées en bas par l'accolement des deux séreuses ventriculaires, en haut par l'adosscment moins parfait des séreuses auriculaire et ventriculaire.
Chez notre malade, la rupture s'est produite à la partie antérieure et moyenne de la valve sigmoïde droite par deux orifices, l'un dans le ventricule, l'autre dans le fond et en avant du sinus de Valsalva.
Mais, ceci dit, il nous reste ;\ établir les rapports entre cet anévrvsme et les hruits anomaux que nous percevions à l'auscultation. Ces lésions sont rarement isolées, mais presque toujours on trouve avec elles dos altérations des orifices, de plus la variabilité de leur siège entraîne des conséquences également différentes. De là, et en raison même de la diversité des signes cliniques, de grandes difficultés de diagnostic. Aussi faut-il pour tu-er une conclusion des faits que nous observons, rechercher des observations analogues. Celles-ci ne sont pas encore très nombreuses, malheureusement pour notre instruction.
J'ai trouvé en tout, dans les auteurs que j'ai pu étudier, six observations pouvant nous servir de termes de comparaison. Dans la plupart d'entre elles, on signale l'existence de souffles avec frémissement, mais il est nécessaire d'ajouter que la lésion se compliquait d'insuffisance aortique et de rétrécissement; donc rien de spécial encore à l'anévrysme. Une observation de Gordon, qui est encore celle qui ressemble le plus à la nôtre parle d'un bruit de roulement. Dans une observation de Todde, on rapporte nn souffle systohque doux en même temps qu'un souffle diastolique fort à la base, mais il existait dans ce cas un canal de communication entre le ventricule et l'aorte, tellement grand que l'on pouvait y passer le petit doigt. Chez notre malade, au contraire, ce trajet est extrêmement fin et permet à peine le passage d'un stylet ordinaire.
Nous ne saurions guère, d'après cela, pouvoir lui rapporter le souffle énorme que nous entendions. 11 en est de même pour le frémissement vibratoire, qui est assez fréquent dans les cas d'anévrysme de la cloison tandis que dans les faits semblables au nôtre on ne constatait pas de fré ' missements. ^
Enfin, quant à l'hypertrophie dont nous avons constaté l'absence chez notre ma ade, elle était médiocre ou nulle chez les malades de Todde et Gordon. Vous voyez combien l'interprétation des bruits morbides que nous avons entendus est difficile, et qu'il nous faut encore aller la chercher dm une autre lésion.
Si nous examinons avec soin la partie postérieure du ventricule gauche nous apercevons un tendon musculeux, grêle, fin, qui, au lieu de s'im^ planter a la partie inférieure de la valvule mitrale, va s'insérer en haut Z
cloison, de telle sorte qu'il se trouve situé sur le passage du sang e la faisait vibrer. En i 876, nous avons déjà constaté' un fait semblable fa que nous avions présumé pendant la vie en raison de l'intensité du so'u fl et des frémissements vibratoires que la main sentait Iprsqu^elle était ippU