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DES SUITES DE L'HYPERTROPHIE ET DE LA DILATATION

INFLUENCE SUR LA MENSTRUATION, LA GESTATION ET l'accouchement.

Pendant la période de tolérance des lésions cardiaques, alors que le myocarde, aidé par les autres organes de la circulation, lutte encore avec avantage contre les obstacles créés par la maladie, il peut déjà se produire des troubles dans les facultés

génératrices. .

On a remarqué que les enfants atteints d'affections congénitales du cœur ont un développement souvent incomplet. Ils sont relativement petits et mous. Ordinairement, chez les filles, la menstruation se développe bien, et les règles sont régulières, sans être trop copieuses. On a remarqué cependant que, dans le cas de rétrécissement congénital de l'aorte, les enfants ont une disposition particulière aux hémorrhagies. Du moins, Vn^chow a observé que, dans tous les cas d'hémophilie, on trouve l'aorte étroite et petite. Cette disposition aux hémorrhagies, souslmfluence de l'étroitesse de l'aorte, se traduit souvent par des metrorrhagies, c'est-à-dire par des règles profuses et prolongées D'autres fois, ces règles sont rares ou ne paraissent pas ; mais il y a presque toujours," dans ces cas, un arrêt de développement I a maladie du cœur est-elle acquise après 1 établissement des règles, la menstruation en éprouve également des modificalions Le plus souvent les règles ont des retours périodiques plus rapproches ; l'abondance des règles est extrême ; cela continue lu'à la période de cachexie, où le contraire se produit et ou {'aménorrhée survient. Il faut toutefois faire exception pour les lésions des orifices artériels, qui s'accompagnent d anémie.

. LES .MÉNORRHAGIES, 533

. Cette action sur la circulation utérine est défavorable à la conception, parce qu'elle entraîne des ménorriiagies qui ne sont souvent que des fausses couches dans des grossesses commençantes.

Cette tendance à la ménorrhagie s'accuse encore par la persistance des règles pendant la grossesse. M. Duroziez (I) l'a signalée plusieurs fois, et il amême insisté sur ce fait que la persistance des règles pendant la grossesse doit engager le médecin à faire l'examen du cœur et peut ainsi lui révéler une affection du cœur latente et méconnue jusque-là.

M. Porak (•2) a cité ensuite cinq cas d'hémorrhagies survenant pendant le cours de la grossesse, avant l'expulsion du fœtus et en dehors de l'insertion vicieuse du placenta. , Mais c'est surtout aussitôt après la sortie de l'enfant qu'on doit craindre les hémorrhagies utérines chez les femmes atteintes de maladies du cœur. Cette inertie indique l'épuisement de la femme par des efforts toujours plus fatigants pour les cardiaques que pour les autres.

Les cardiaques doivent être surveillées plus que les autres femmes après leur accouchement, car l'hémorrhagie survient quelquefois, chez elles, une fois l'accouchement terminé, soit deux ou trois heures ou même dix heures après, quelquefois dans la nuit suivante. D'autres fois, au contraire, la perte n'est pas excessive, mais elle se prolonge indéfiniment, par exemple jusqu'à l'époque du retour des couches.

- Un autre résultat de cette tendance aux métrorrhagies est l'avortement ou l'accouchement prématuré. M. Porak a relevé . l'époque de l'accouchement chez 214 cardiaques et a trouvé : 126 accouchements à terme, soit 58,87 pour lUO; 88 terminaisons de la grossesse avant le terme, soit 41,12 pour 100.

Cette proportion est énorme, puisqu'elle s'élève presque au chiffre de la moitié. Il est probable que la cause de ces accou-

(V,. Duroziez, Influence des maladies du cœur sur la menstrunlion, la grossesse et son produit {Archives de tocologie, 1875).

(2) Porak, hifluence réciproque de ja grossesse et des maladies du cœur p. 93, 1880. '

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chements prématurés se trouve dans une altération du placenta. M. Porak y a trouvé des plaques flbrineuses, de la dégénérescence graisseuse, des adhérences nécessitant la délivrance artificielle, etc.

Un autre accident, fréquent chez les cardiaques, est la mort du fœtus ; M. Porak l'a observé 119 fois, c'est-à-dire chez presque un dixième des cardiaques.

Enfin, si l'enfant, moins atteint, a pu éviter l'avortement et l'accouchement prématuré et qu'il vienne au monde vivant, il est en général chétif. Cependant la chose n'est pas fatale, et M. Devilliers (1) et Regnault ont constaté la naissance de beaux enfants chez des cardiaques atteintes d'anasarque.

Les maladies du cœur font donc courir des dangers à l'enfant dans le sein de sa mère, et, réciproquement, la grossesse est une cause d'aggravation des maladies du cœur; par conséquent, le nombre des grossesses devient un danger chez les cardiaques (2).

Le danger n'est pas le môme pour toute espèce de maladie , du cœur. Spiegelberger pensait que le moment du plus grand danger , pour les malades atteintes de lésions aortiques, était la fin de la grossesse et que, pour les. malades atteintes d'affections mitrales, le danger était ijIus grand au moment de l'état puerpéral.

Schrôder et Mac-Donald ont observé une détente remarquable des phénomènes gravido-cardiaques par le fait de l'accouchement, chez des malades atteintes d'affections aortiques ; et M. Porak remarque qu'on n'a pas eu à signaler la mort subite chez les femmes atteintes de maladie de Corrigan.

Les lésions mitrales sont remarquablement supportées par les femmes enceintes (G. Sée). Cependant, d'après Mac-Donald, il faut faire une grande différence entre les endocardites scléreuses avec insuffisance et celles qui s'accompagnent de rétrécissement. Mais il faut tenir compte, en pareil cas, de

(1) Devilliers et Regoault, De l'anasarque de la grossesse^ 1848 {Archives générales de médecine) .

(2) Peter, Grossesse et Maladie du cœur (Académie de médecine, prix Capuron, 1875).

ACCIDENTS DE LA GROSSESSE ET DE l'ACCOUCHEMENT. B85

l'état plus ou moins avancé de la maladie. J'ai eu l'occasion de voir dernièrement une jeune femme atteinte de rétrécissement mitral, chez laquelle une grossesse double, qui a donné deux très belles filles, a singulièrement avancé la cachexie cardiaque.

C'est là, du reste, un sujet tout nouveau, sur lequel il faut recueillir des données nombreuses pour fixer exactement l'action réciproque des affections cardiaques sur la grossesse et de la grossesse sur les maladies du cœur.

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